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Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé : à Marseille, plus de 300 personnes pour préparer la riposte

Wed, 20 May 2026 12:42:51 CEST

Révolution Permanente

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Ce week-end à Marseille s'ouvraient avec succès les rencontres anti-impérialistes du Poing Levé. Consacrées aux débats stratégiques sur l'impérialisme et la militarisation, ces rencontres de jeunesse visent à préparer le passage à l'action. D'autres rendez-vous sont prévus à Toulouse, Bordeaux et Paris d'ici la fin du mois de mai.

Les premières rencontres anti-impérialistes du Poing Levé qui se sont tenues à Marseille du 15 au 16 mai ont constitué une réussite importante, réunissant plus de 300 personnes, parmi lesquelles des étudiants, des lycéens et des jeunes travailleurs, tout au long du week-end. Un succès pour un événement de jeunesse consacré à des débats stratégiques sur l'impérialisme et la militarisation et à préparer la riposte, et qui ouvre une série de rencontres prévues à Toulouse, Bordeaux et Paris d'ici la fin du mois de mai.

Les rencontres ont débuté par une projection du film Mayotte : île sous domination, suivie d'un débat en présence de l'artiste et auteur comorien Soly, du journaliste et auteur spécialiste de Mayotte Rémi Carayol et de Mathilde Lanté, avocate et candidate pour Révolution Permanente dans les 4e et 5e arrondissement de Marseille. Plus de 250 jeunes étaient réunis pour assister au documentaire réalisé par le Collectif d'action judiciaire qui, en donnant la parole à des étudiants, intellectuels et travailleurs mahorais, met en lumière la gestion coloniale de la catastrophe Chido sur l'île.

Le film expose également les racines de la domination française, qui a arraché l'île de l'archipel des Comores pour la maintenir dans une situation de pauvreté et dépendance, et met en place un état d'exception particulièrement violent contre les migrants comoriens. La discussion très riche qui a suivi la projection a souligné combien les méthodes utilisées par l'Etat à Mayotte servent à préparer des attaques plus larges contre les immigrés, à l'image des offensives contre le droit du sol, utilisées pour faciliter les expulsions massives. Aussi, les intervenants ont rappelé l'importance de lutter depuis la métropole contre les pratiques néocoloniales de l'Etat français, et de construire des liens avec les jeunes et les travailleurs à Mayotte et dans l'archipel des Comores contre la présence de l'impérialisme dans l'Océan Indien.

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Le lendemain, les rencontres anti-impérialistes du Poing Levé ont été rythmées par des nombreux débats, conférences et événements conviviaux. Le 16 mai dans la matinée, une « visite décoloniale » de Marseille était ainsi organisée, avec plus de 100 personnes venues de Lyon, Grenoble, Chambéry et des villes aux alentours. L'occasion de rappeler les traces de l'idéologie coloniale visibles dans la ville, mais aussi les lieux qui évoquent la mémoire de luttes ouvrières et immigrés et inspirent à perpétuer ce combat, comme le Vieux Port où les dockers de Marseille s'étaient mis en grève en 1949 pour mettre fin à la guerre coloniale en Indochine.

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Dans l'après-midi se sont tenues des formations dédiées à la stratégie du Poing Levé pour lutter contre l'extrême droite, au projet des révolutionnaires face aux attaques contre l'université, à la défense d'un féminisme antimilitariste et anti-punitiviste, et aux apports de Fanon et Trotsky pour s'affronter à l'impérialisme. Des moments de débats et réflexions pour s'armer théoriquement pour faire face aux attaques à venir contre la jeunesse et le mouvement étudiant, à l'image de la décision du gouvernement de généraliser la mesure raciste Bienvenue en France contre les étudiants étrangers.

Enfin, les rencontres étaient ponctuées par une grande table ronde dédiée à la lutte contre la militarisation, qui a réuni 250 personnes. La discussion s'est ouverte par un geste coutumier de la délégation kanak présente, et un message de solidarité des dockers de Gênes, qui impulsaient une grève ce lundi 18 mai pour la Palestine et en soutien à la flottille pour Gaza. Un salut internationaliste auquel les participants ont répondu par un message de soutien à la mobilisation des dockers.

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Ensuite, Mariona, étudiante à Barcelone qui a participé à la Global Sumud Flotilla est revenue sur la complicité des bourgeoisies européennes avec Israël, comme l'a montré la collaboration de Frontex et de l'État grec dans l'arrestation des flottilles pour Gaza. L'étudiante, militante au CRT, section du Courant Révolution Permanente dans l'Etat espagnol a insisté sur le rôle de la jeunesse pour s'organiser et se coordonner à l'internationale contre l'impérialisme et l'avenir de guerre que la bourgeoisie nous réserve. Eustache élève au lycée Mongrand à Marseille est revenu sur les luttes lycéennes contre l'austérité et la militarisation qui ont eu lieu ces dernières semaines dans de nombreuses villes de la région, et leurs enseignements à retenir pour construire un mouvement capable de mettre en échec les plans des impérialistes pour discipliner la jeunesse.

Dans une intervention très émouvante, la militante kanak Brenda Wanabo-Ipeze dirigeante du FLNKS et du Comité de coordination des actions de terrain (CCAT) est revenue sur la répression terrible des manifestations en Kanaky il y a deux ans contre le dégel du corps électoral. Elle a retracé l'histoire de la colonisation française de l'archipel et des luttes kanak pour le droit à l'auto-détermination et pour expliquer que la lutte contre l'impérialisme n'était pas un choix mais une nécessité, avant de terminer par une adresse aux femmes et à leur rôle pour préparer la révolution.

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Enfin, Saphia Aït Ouarabi, étudiante à Aix-Marseille et militante au Poing Levé a insisté sur la responsabilité de la jeunesse et du monde du travail dans les pays impérialistes pour s'affronter aux guerres et destructions portées par nos propres bourgeoisies. À l'inverse de la France Insoumise qui revendique la présence de la France sur les cinq continents et veut faire de la francophonie un outil d'influence et soft power, elle a insisté sur l'enjeu de construire une organisation de jeunesse anti-impérialiste, qui mise sur le mouvement étudiant et lycéen pour organiser la riposte face à la militarisation et, depuis le « cœur de la bête impérialiste », faire des facs des tranchées pour s'affronter aux guerres et tendances réactionnaires. Un projet dans lequel la lutte contre la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers, le plus souvent issus des ex-colonies françaises, est une prochaine tâche centrale.

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La soirée s'est ensuite achevée dans une ambiance festive avec une série de concerts et DJ sets de jeunes artistes marseillais (Romeo, DZ Kaina, Tosma…). Parmi les présents, de Marseille ou bien des délégations de Lyon, Grenoble et Chambéry qui ont fait le déplacement, les participants ressortent avec une détermination importante, convaincue de l'enjeu d'organiser le passage à l'action au sein d'un collectif anti-impérialiste, communiste et révolutionnaire. Un élan qui doit se poursuivre dans de nouvelles Rencontres anti-impérialistes du Poing Levé à Toulouse et Bordeaux le 23 mai et à Paris le 30 mai.

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