Course à l'armement : la Suède achète quatre frégates à la France pour environ 4 milliards d'euros
Tue, 19 May 2026 17:44:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLa Suède a annoncé mardi l'achat de quatre frégates au groupe français Naval Group. Dans la continuité de la militarisation accélérée de l'Europe, ce contrat illustre les ambitions stratégiques de Stockholm en mer Baltique et le rôle clé de la France dans la course à la guerre.

Le gouvernement suédois a annoncé mardi 19 mai la commande de quatre frégates de défense et d'intervention (FDI) auprès du groupe français Naval Group. Estimé à près de 4 milliards d'euros, ce contrat constitue « l'un des plus importants investissements suédois dans le domaine de la défense depuis l'introduction du Gripen dans les années 1980 », selon le Premier ministre Ulf Kristersson. Les premiers navires devraient être livrés dès 2030 et permettront, selon Stockholm, de tripler les capacités de défense aérienne du pays grâce à des systèmes de missiles intégrés. Naval Group a notamment été préféré aux offres britannique et espagnole en raison de la rapidité de livraison et du caractère déjà opérationnel du modèle proposé.
Cette commande s'inscrit dans le cadre de l'accélération du réarmement suédois depuis la guerre en Ukraine et l'adhésion du pays à l'Otan en 2024, en marquant une rupture historique avec sa « neutralité » revendiquée. Stockholm exprime ainsi sa volonté de jouer un rôle central dans la sécurisation de la mer Baltique, devenue un espace stratégique majeur dans l'affrontement entre l'Otan et la Russie. Kristersson affirme que « La mer Baltique n'a jamais, à l'époque moderne, été aussi exposée, remise en question et disputée qu'aujourd'hui. [...] Avec cette décision, je suis convaincu que la Suède va contribuer à rendre la mer Baltique nettement plus sûre à l'avenir ». Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte d'augmentation des dépenses militaires suédoises et où le pays ambitionne d'atteindre les nouveaux objectifs de dépenses fixés par l'Otan.
Pour ce qui concerne la France, ce contrat constitue une revanche pour Naval Group, après l'échec subi l'an dernier en Norvège au profit de l'industrie militaire britannique. À ce propos, Macron a salué sur X « une décision stratégique majeure », affirmant qu'elle illustre « une Europe forte et souveraine au sein de l'OTAN : voilà notre conception de notre défense et de notre sécurité commune. Elle se bâtit chaque jour ». Dans ce même tweet, le chef d'État s'est également félicité du renforcement du partenariat militaire entre les deux pays, après l'achat par la France d'avions radar Global Eye de Saab. Cette alliance illustre le rôle central de l'impérialisme français dans la course à la militarisation européenne, tandis que Paris multiplie lui aussi les dépenses militaires, comme le montre le vote à l'Assemblée du projet de loi actualisant la programmation militaire, qui prévoit désormais plus de 430 milliards d'euros de dépenses pour l'armée entre 2024 et 2030.
Ainsi, cette commande n'est pas qu'un simple contrat commercial : elle témoigne de l'accélération de la course à l'armement en Europe. De la Baltique au Moyen Orient, les États européens augmentent massivement leurs budgets militaires au nom de la « sécurité » et de la « défense », dans un contexte de coupes des services publics, d'inflation et de précarisation de la jeunesse, des travailleurs et des classes populaires. Les priorités de ces puissances impérialistes sont claires : les intérêts stratégiques et ceux des industriels de l'armement. Pour lutter contre la guerre et la course à la militarisation de la société et des esprits, ce sont les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires qui ont un rôle central à jouer.
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