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Tirer parti des avancées de la gauche révolutionnaire en Argentine : entretien avec Emilio Albamonte

Mon, 18 May 2026 22:12:18 CEST

Révolution Permanente

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La nouvelle localisation politique de la gauche trotskyste en Argentine offre une opportunité historique. Comment en profiter ? Emilio Albamonte, dirigeant du PTS, revient sur ce défi et sur la nécessité de créer un parti de la nouvelle classe ouvrière.

Matías Maiello. – Comment caractérises-tu le phénomène politique qui se développe autour de Myriam Bregman et de la gauche révolutionnaire ? Quelles sont ses causes et quels fondements trouve-t-il dans la situation politique nationale ?

Emilio Albamonte. – La première chose à dire, c'est que le phénomène n'est pas essentiellement électoral, même si plusieurs sondages attribuent entre 9 et 14 % d'intentions de vote à Myriam comme candidate à la présidentielle, mais relève surtout d'un phénomène de sympathie politique, ou de ce que les sondeurs appellent l'« image ». On ne peut pas comprendre ce phénomène sans partir de la lutte des classes sous le gouvernement Milei et de l'épisode de lutte le plus récent, la bataille contre la réforme du travail. Dans ce cadre, nous avons mené une énorme campagne d'agitation. D'après mes souvenirs, il s'agit de la campagne la plus importante qu'une organisation de gauche révolutionnaire ait menée ici hors période électorale. La lutte contre la réforme du travail a été une expérience importante. On pourrait dire que le phénomène politique en cours est l'expression politique des conclusions qu'une large partie de la classe ouvrière, de la jeunesse, du mouvement féministe ainsi que des secteurs de la culture et du monde intellectuel, tire de ces deux années de lutte contre le gouvernement. Pendant cette période, Myriam et le PTS ont été au premier rang des luttes, tandis qu'une grande partie du péronisme et de la bureaucratie syndicale cherchait à protéger l'équilibre du régime, ce qui a permis à Milei d'avancer.

Matías Maiello. – Le sondage du cabinet brésilien Atlas Intel est l'un des éléments les plus commentés. Ce sondage, produit par le même cabinet qui avait anticipé à l'époque l'ascension de Milei, donne à Myriam 47 % d'opinions favorables contre 46 % de défavorables : elle est la seule personnalité de l'ensemble du paysage politique argentin à présenter un solde d'image positif. Elle devance Axel Kicillof, Cristina Kirchner, Patricia Bullrich et Milei lui-même. Le sondage de l'Université de San Andrés place également Myriam parmi les quatre responsables politiques bénéficiant de la meilleure image positive dans le pays. Mais il ne s'agit pas seulement des sondages, n'est-ce pas ?

Emilio Albamonte. – Non. Ce que reflètent les sondages, nous le constations déjà dans la rue, dans la sympathie que suscitent depuis longtemps Myriam et Nico lorsqu'ils conduisent les listes du FIT-U. Cela dépasse Myriam en tant que figure individuelle. Elle est la principale expression d'un phénomène plus large. Par exemple, dans le sondage de l'Université de San Andrés que tu évoquais, Nico apparaît au cinquième rang des figures politiques d'opposition ayant la meilleure image positive.

La nouveauté, même si l'on parle ici de sondages de popularité, c'est qu'il s'agit d'un phénomène national. À Jujuy, Alejandro Vilca avait obtenu 25 % des voix lors des élections législatives de 2021 dans cette province ; ensuite, même s'il n'a pas été réélu, il a continué de réaliser des scores électoraux élevés, autour de 10 %. Il faut aussi mentionner Christian Castillo, Luca Bonfante dans la jeunesse, ainsi que nos camarades qui sont des figures reconnues sur leurs lieux de travail, dans les universités, dans les luttes ouvrières : toutes et tous participent de la même dynamique.

Nous avons des raisons de penser que ce phénomène, qui s'inscrit d'ailleurs dans la continuité de ce qui s'est produit en 2025, lorsque la liste de la province de Buenos Aires conduite par Nico a envoyé deux députés à l'assemblée nationale et que Myriam a atteint 9 % dans le grand Buenos Aires, trouvera également une expression dans la lutte des classes.

Matías Maiello. – Comment situes-tu ce phénomène dans le contexte international et comment définirais-tu la spécificité de la gauche révolutionnaire en Argentine ?

Emilio Albamonte. – Depuis la crise de 2008, nous assistons à des phénomènes politiques qui ne se développent pas seulement vers la droite, mais aussi vers la gauche, même si, malheureusement, ils ont dans leur immense majorité fini par être canalisés par le néoréformisme. Il existe une constante dans l'histoire du mouvement ouvrier : lorsqu'il ne réussit pas à trouver une issue dans les affrontements directs au cœur de la lutte des classes, il tend souvent à chercher une expression politique. Ainsi, à la fin du XIXᵉ siècle, après la défaite de la Commune de Paris, le mouvement ouvrier européen a créé les grands partis ouvriers et les syndicats sociaux-démocrates. Le cas emblématique est celui de la social-démocratie allemande, qui s'est d'abord développée comme une immense organisation semi-clandestine sous les lois « antisocialistes » de Bismarck. Dick Geary, dans un ouvrage intéressant sur les mouvements ouvriers et socialistes en Europe avant 1914, montre très bien combien la lutte contre le patronat était rude à l'échelle des entreprises : lock-out, fermetures d'usines. Dans ce contexte, l'organisation politique constituait aussi une réponse à l'impossibilité de progresser entreprise par entreprise, à la nécessité de mener une lutte d'ensemble. C'est ce que Rosa Luxemburg résumait en disant que la lutte syndicale était une sorte de travail de Sisyphe.

La réponse des régimes bourgeois à ce processus d'organisation, qui avait une dimension internationale, a été de transformer la structure politique de la domination étatique. Nous avons étudié Gramsci, entre autres théoriciens, parce qu'il a le mieux analysé ce processus. La bourgeoisie a créé un « État élargi », ce que Gramsci appelle l'État dans sa signification intégrale, combinaison de dictature et d'hégémonie. Plutôt que d'attendre passivement que le consensus se construise de lui-même, la bourgeoisie a développé toute une série de mécanismes pour l'organiser activement. Parmi ces mécanismes, l'étatisation des organisations de masse et le développement des bureaucraties en leur sein servent une double fonction : intégrer ces organisations à l'État et fragmenter la classe ouvrière. En Argentine, ce processus s'est développé sous le premier péronisme.

Cela n'appartient pas seulement à l'histoire. Au cours des quinze dernières années, nous avons assisté à des dizaines de processus de lutte des classes généralisée dans différents pays du monde, qui ont pris pour la plupart la forme de révoltes, ainsi qu'à des processus de mobilisation politique, essentiellement dans la jeunesse (Occupy Wall Street, les Indignés dans l'État espagnol, le mouvement de la place Tahrir en Égypte, etc.). Il existe un lien entre ces mouvements et le développement des phénomènes politiques néoréformistes, parce que, comme je le disais plus tôt, lorsque le mouvement ouvrier et les classes populaires ne trouvent pas d'issue dans les affrontements directs au cours de la lutte des classes, ils cherchent à s'exprimer sur le terrain politique. Les néoréformismes cherchent justement à séparer la politique de la lutte des classes. On peut citer les exemples de Podemos dans l'État espagnol, de Jean-Luc Mélenchon en France ou de Syriza en Grèce. Quelque chose de semblable s'est produit en Argentine, après les journées de décembre 2001 : après la méga-dévaluation de Duhalde, une déviation a émergé que le kirchnérisme a fini par capturer, en intégrant à l'État une grande partie des mouvements sociaux et des organisations de défense des droits humains. Cette séquence faisait partie du cycle politique post-néolibéral qui a marqué la région, du Venezuela jusqu'à l'Argentine.

Si l'on considère la période qui va de la crise de 2008 jusqu'à aujourd'hui, on a vu émerger, dans le sillage des mobilisations et des révoltes, des formations néoréformistes ou des « populismes de gauche » qui finissent par trahir les attentes du mouvement de masse. Alternent alors des cycles de mobilisation puis d'institutionnalisation, dans lesquels l'énergie déployée par les révoltes est dissipée ou finit par être absorbée par les pouvoirs établis, sans déboucher sur de nouvelles révolutions.

La particularité du phénomène argentin, c'est qu'il prend pour référence la gauche trotskyste. Et cela ne sort pas de nulle part. Il y a quinze ans, la gauche révolutionnaire organisée a créé le Front de gauche en Argentine pour dépasser la phase de dispersion groupusculaire ouverte après la chute du mur de Berlin. Le FIT représente une conquête, dans la mesure où il a permis l'émergence d'un pôle d'indépendance de classe sur la scène nationale, après les années 1990 marquées par l'éclatement du MAS.

Ce qui se passe aujourd'hui constitue, en un certain sens, l'aboutissement d'un long processus. En 2011, le PTS, le PO et IS ont fondé le Front de gauche autour d'un programme de lutte pour un gouvernement des travailleurs (avant que le PO n'accepte, nous avions constitué un front avec IS et le Nouveau MAS). Jamais auparavant la gauche trotskyste n'avait bénéficié en Argentine d'une présence aussi continue sur la scène nationale. Mais cet exemple du Front de gauche ne peut être compris sans son ancrage dans la lutte des classes : pensons notamment aux grands affrontements sur l'autoroute Panamericana, avec des conflits comme dans l'usine Kraft en 2009, ou Donnelley et Lear en 2014 sous les gouvernements kirchnéristes…

Matías Maiello. – Comment s'est construite la force politique dont disposent aujourd'hui le PTS et ses principales figures ? Quels éléments mettrais-tu en avant ?

Emilio Albamonte. – Il y a, pour nous, trois terrains étroitement articulés : celui de la lutte économique, celui de la lutte politique et celui de la lutte théorique ; les trois niveaux qu'évoquait Engels. Pour donner un point de départ, on peut penser au moment où le PTS prend la tête du FITU. En 2015, après que le PO a refusé que Nicolás del Caño soit candidat à la vice-présidence aux côtés d'Altamira, nous sommes passés par des primaires et Del Caño s'est imposé lors des PASO. On ne peut pas comprendre cet épisode sans prendre en compte l'implication considérable du PTS dans les luttes extrêmement dures qui se déroulaient alors et autour desquelles Del Caño a émergé comme une figure de la gauche ; ni sans tenir compte du lancement puis du développement de La Izquierda Diario, le premier média numérique de gauche qui utilisait pleinement les ressources offertes à l'époque par les nouvelles technologies.

Concrètement, en 2014, une vague de conflits sociaux a éclaté, comme ceux que j'évoquais plus haut, dont la lutte de Lear était en quelque sorte l'emblème. Elle frappait au cœur de l'alliance entre la bureaucratie syndicale et le gouvernement. Dans cet affrontement, il y a eu vingt-et-un blocages de l'autoroute Panamericana, seize journées nationales de mobilisation avec des piquets dans tout le pays, cinq épisodes de répression, deux semaines de lock-out patronal tandis que le gouvernement organisait l'importation de câbles afin de briser la grève. En 2014, il y a également eu l'occupation puis la reprise de la production sous le contrôle des travailleurs de l'imprimerie Donnelley, qui s'appelle aujourd'hui Madygraf, suivant l'exemple de Zanon. C'est pourquoi il est assez amusant que certains gauchistes de salon nous accusent d'électoralisme…

Parallèlement, en 2014, nous avons lancé La Izquierda Diario. Nous avons créé le premier quotidien numérique de gauche afin de disposer d'une voix propre sur la scène politique nationale et de rivaliser avec les médias de la bourgeoisie. Mais il ne s'agissait pas simplement d'une initiative argentine : nous l'avons portée conjointement avec notre courant international, aujourd'hui le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI). Nous avons constitué un réseau de quatorze journaux publiés dans sept langues. Une initiative qui, malheureusement, demeure encore aujourd'hui sans équivalent dans la gauche révolutionnaire internationale.

Je vais donner quelques chiffres que m'ont transmis les camarades de La Izquierda Diario. Aujourd'hui, LID, rien qu'en Argentine, atteint environ un million de pages consultées et plus de 500 000 visiteurs uniques chaque mois. Sur Instagram, par exemple, en février, LID a touché plus de trois millions de comptes et totalisé vingt-sept millions de vues ; sur TikTok, nous comptons près de 200 000 abonnés et plus de cinq millions de « likes » ; sur X, près de 100 000 abonnés. Nous avons aussi une émission de radio, El Círculo Rojo, animée par Fernando Rosso sur une radio commerciale (Radio con Vos) et écoutée chaque semaine par des milliers de personnes ; et depuis deux ans, nous avons créé LID+, avec plusieurs émissions hebdomadaires consacrées à la politique et à la culture, sur les plans national et international. Rien qu'au mois de février de cette année, la chaîne YouTube LID+ a enregistré 327 000 vues.

Mais il n'y a pas que cela. Nous avons également des revues théoriques comme Ideas de Izquierda, où nous débattons de différentes questions théoriques et auxquelles contribuent de nombreux intellectuels au-delà du seul PTS ; ou encore la revue idéologique mensuelle de la jeunesse, Armas de la Crítica. Il y a aussi le CEIP León Trotsky, qui est devenu une référence sur l'œuvre de Trotsky à l'échelle de toute l'Amérique latine. Nous avons fondé les Éditions IPS, une maison d'édition qui compte plus d'une centaine de titres, où nous publions non seulement les classiques du marxisme mais aussi des ouvrages consacrés aux débats contemporains les plus divers : histoire du mouvement ouvrier, théorie politique, écologie, féminisme, économie, philosophie. L'un des derniers ouvrages que nous avons publiés est celui de Paula Bach, qui traite des principaux débats actuels sur les nouvelles technologies.

Je ne veux pas trop m'étendre, mais le point essentiel que je voudrais souligner est que, pour nous, il ne s'agit pas seulement de construire des figures politiques, de conduire des luttes, de faire uniquement de l'agitation politique ou de mener seulement un combat idéologique : il s'agit de tenir ensemble toutes ces dimensions que nous articulons les unes avec les autres.

Nous rejetons aussi bien l'électoralisme que le syndicalisme ou l'étudiantisme les plus étroits. L'objectif est bien plus ambitieux : il s'agit de former une avant-garde de la classe ouvrière et de la jeunesse, façonnée par le marxisme révolutionnaire. Voilà la grande tâche qui est la nôtre, avec toutes les difficultés qu'elle implique depuis la chute du mur de Berlin. Pour nous, c'est précisément cette orientation qui commence aujourd'hui à porter certains fruits. Il est assez surprenant que certains intellectuels ou certains journalistes, impressionnés par le phénomène Myriam, présentent comme une nouveauté le fait que la gauche argentine soit trotskyste. Cela ne tombe pas du ciel : cela témoigne de l'immense volonté révolutionnaire des trotskystes, qui ont refusé de céder face à tous ceux qui ont dénigré et continuent de dénigrer la tradition léniniste et l'ambition de construire un parti révolutionnaire. Cette formule souvent attribuée au grand marxiste américain Fredric Jameson, selon laquelle il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme, a tellement imprégné les esprits et les comportements d'une partie de la gauche qu'elle a fini par liquider jusqu'à la volonté même de transformer de manière révolutionnaire la société, voire simplement de construire un parti révolutionnaire…

Matías Maiello. – Dans les discussions qui se sont ouvertes sur la manière de tirer parti de la nouvelle situation qui s'ouvre pour la gauche révolutionnaire, plusieurs intellectuels ont contribué au débat et nous avons reçu une lettre de camarades proposant la création de « comités de lutte pour un gouvernement des travailleurs : Myriam Bregman présidente ». Dans son discours du 1er mai à Ferro, Myriam a proposé de construire des comités dans tout le pays afin d'organiser le soutien que nous recevons. À partir de ce qu'elle proposait dans son discours, comment imagines-tu concrètement le fonctionnement de ces comités ? À quel type d'activité devraient-ils se consacrer ?

Emilio Albamonte. – Je vais te dire comment je les imagine, mais leur forme réelle dépendra des camarades qui les animeront, des propositions qu'ils feront, du fait que nous réussissions ou non à attirer beaucoup de monde, des idées qui émergeront et de la synthèse que nous parviendrons à en faire. Ce que je vais dire ici n'est donc, bien sûr, qu'une vision partielle : la mienne et celle que nous défendons au PTS. C'est une première réponse mais il faut voir quelles discussions surgiront ensuite. La synthèse naîtra précisément de cet échange avec celles et ceux qui rejoindront les comités.

Je trouve très important que plusieurs intellectuels de gauche aient décidé, face à cette nouvelle situation, de contribuer activement à cette dynamique qui permet à la gauche révolutionnaire de progresser. Avec beaucoup d'entre eux, nous discutons justement de la possibilité de construire ces comités en commun. Il s'agit d'un processus qui débute à peine : ce sont les premiers pas. Une période passionnante de discussions s'ouvre.

Mais pour revenir à ta question, il faut d'abord noter que la passivité encouragée par le péronisme, la bureaucratie syndicale, les appareils étudiants des centres étudiants, etc., est extrêmement grave. Milei se décompose mais il continue de lancer des offensives chaque jour. Prenons l'exemple de l'université : le gouvernement ne se contente pas de ne pas appliquer la loi, il annonce de nouvelles coupes budgétaires. Face à cela, les différentes bureaucraties n'organisent pas d'assemblées, n'appellent pas à l'auto-organisation, mais organisent de temps à autre des marches pacifiques et bien encadrées, tandis que les enseignants ont perdu près de 40 % de leur salaire. Voilà la passivité dont nous héritons et que le kirchnérisme et surtout le gouvernement d'Alberto Fernández ont consolidée.

C'est pourquoi nous devons discuter à partir de cette situation avec chaque camarade qui décide de rejoindre un comité : expliquer le rôle joué par les partis et les organisations qui trahissent les masses depuis des années et défendre l'idée que nous devons construire des organisations capables de combattre le scepticisme et la démoralisation orchestrés par les bureaucraties en se dotant de cadres propres, capables d'intervenir dans les luttes, afin de mettre un coup d'arrêt à Milei. Les comités que nous proposons n'ont rien à voir avec des réunions destinées à préparer tranquillement les élections de 2027. Si des personnes font confiance à Myriam Bregman, à Nicolás del Caño, à la gauche révolutionnaire, et rejoignent les comités, notre tâche consiste à les convaincre de la nécessité de construire des organisations de lutte qui rendent la vie impossible au gouvernement, qui empêchent les bureaucraties ouvrières ou étudiantes de trahir comme elles le font aujourd'hui et qui compliquent la vie de ceux qui soutiennent les offensives de la droite. Soit nous devenons un ferment capable de redonner confiance à ceux qui veulent lutter et de développer les mobilisations face aux attaques permanentes du gouvernement, soit nous ne serons pas à la hauteur de la place qu'occupe aujourd'hui la gauche révolutionnaire. Si le pacifisme sans action – ou avec des actions qui ne changent rien à la situation – finit par s'imposer, il est même possible que, sur le terrain électoral, ce soit le « moindre mal » qui progresse et que l'emporte n'importe quel candidat qui promettrait simplement de se débarrasser de Milei.

Cela ne signifie pas que nous tombons dans le sectarisme, bien au contraire. Il faut profiter de cette nouvelle situation et intégrer les très nombreux camarades qui s'enthousiasment de la nouvelle place que la gauche révolutionnaire a conquise, même si, dans un premier temps, ils nous soutiennent en adoptant encore une perspective purement électorale. Il faut faire preuve de patience à leur égard, sans pour autant renoncer à notre orientation. Les comités doivent être tout sauf de simples réunions de propagande : ils doivent décider d'actions concrètes. Et là où il n'existe pas de luttes ouvertes, il faut se creuser la tête, où que l'on soit, pour imaginer quelles activités sont les plus susceptibles d'enthousiasmer ces nouveaux camarades ; réfléchir à des activités qui peuvent politiser, faire progresser l'organisation et mobiliser. Il ne s'agit pas nécessairement d'activités de lutte au sens strict : cela peut être des activités de discussion idéologique, mais aussi des activités sociales.

Matías Maiello. – Comment articuler la perspective des comités avec la proposition d'un parti de la nouvelle classe ouvrière ?

Emilio Albamonte. – Nous pensons qu'une part importante de l'activité des comités devrait être consacrée à la discussion programmatique et stratégique. Nous allons publier un manifeste dans lequel nous développons plusieurs axes que nous considérons comme fondamentaux pour discuter d'un programme et d'une stratégie qui permettent de faire avancer la cause de la classe ouvrière. Les comités, au-delà de l'action elle-même, doivent consacrer du temps au débat sur un programme capable d'apporter une réponse aux besoins des travailleurs, contre la dictature des grands groupes patronaux et de la droite.

Parallèlement aux comités, nous avons commencé, au PTS, à discuter de propositions concrètes visant à créer des espaces d'élaboration programmatique et stratégique, auxquels nous souhaitons inviter les camarades désireux de contribuer à ce travail, à commencer par les intellectuels qui participent déjà à la discussion sur la manière de tirer parti de la nouvelle place qu'occupe la gauche révolutionnaire dans la situation politique nationale.

À travers cette discussion stratégique et programmatique, ainsi qu'à travers l'expérience commune que nous construirons au sein des comités, nous verrons dans quelle mesure nous pouvons avancer vers un parti commun. C'est ainsi que nous concevons, pour notre part, l'articulation entre la proposition des comités et celle d'un parti de la nouvelle classe ouvrière. Le développement des comités, leur extension, la pratique commune dans la lutte des classes, mais aussi l'élaboration programmatique, permettront de poser les bases des étapes suivantes.

Matías Maiello. – Dans son discours, Myriam évoquait aussi un autre niveau de réponse au phénomène actuel, lié à l'impulsion de différentes formes de front unique. Peux-tu revenir un peu là-dessus et expliquer comment cela s'articule avec la proposition des comités ?

Emilio Albamonte. – Bien sûr. L'enjeu central, si nous faisons avec les comités tout ce que je décrivais auparavant, est de les orienter vers des fronts uniques capables de briser la passivité des organisations bureaucratiques. C'est là l'épreuve décisive pour un comité : être utile pour impulser des luttes concrètes et avancer vers le front unique. Et cette orientation a effectivement plusieurs niveaux.

Premièrement, l'avant-garde de la classe ouvrière a besoin de centres de gravité, de bastions. C'est-à-dire de lieux où se concentrent une accumulation militante et un niveau d'organisation de l'avant-garde suffisant pour lui permettre de peser réellement sur les rapports de force au sein de processus politiques et des luttes. L'exemple historique classique est celui de l'usine Poutilov pendant la révolution russe : la plus grande concentration d'ouvriers métallurgistes de Petrograd, devenue une forteresse du parti bolchevique et qui a joué un rôle décisif dans la victoire de la Révolution d'Octobre en 1917. Toutes proportions gardées, sans ce type de centres de gravité – chez les enseignants, dans la santé, dans les secteurs industriels, dans les universités – il n'existe aucun moyen d'intervenir dans la lutte des classes autrement que par la propagande. C'est pourquoi nous accordons autant d'importance à la construction de bastions et c'est pourquoi les comités doivent porter une attention particulière au renforcement de ces lieux.

À un deuxième niveau, il y a les institutions comme le front unique : comités de lutte, coordinations locales, assemblées auto-organisées, instances de coordination regroupant des courants syndicaux, étudiants, féministes, écologistes, de défense des personnes en situation de handicap, structures de quartier, etc. Autrement dit, des organismes qui permettent une articulation permanente entre les secteurs en lutte et les organisations politiques de la classe ouvrière. Nous nous inspirons ici de la proposition de Trotsky sur les « comités d'action » : des institutions d'unification et de coordination qui permettent d'éviter que l'énergie déployée par le mouvement ne se dissolve dans des combats isolés, sans continuité les uns avec les autres, et qui servent de levier pour faire exploser les structures bureaucratiques qui pèsent sur le mouvement ouvrier et populaire et qui l'écrasent. Il ne s'agit donc pas seulement de « lutter ensemble », mais de construire des organismes permanents capables d'enjamber la bureaucratie.

À ce niveau, on trouve aussi les fronts antibureaucratiques comme la liste syndicale Multicolor, qui a permis de gagner le syndicat enseignant SUTEBA de La Matanza et de conserver Tigre et Bahía ; même lorsqu'ils impliquent des accords avec des courants plus conciliateurs comme la liste Azul y Blanca à La Matanza. Une grande bataille est engagée pour reprendre le contrôle des syndicats, soit de l'intérieur, comme nous le faisons chez les enseignants, soit en frappant depuis l'extérieur lorsque cela n'est pas possible. Nous devons révolutionner les syndicats afin qu'ils cessent d'être des coquilles vides qui se consacrent uniquement à la gestion des caisses sociales ; il faut également reconquérir les centres étudiants pour qu'ils cessent d'être de simples structures qui fournissent des services au profit des doyens.

À un troisième niveau, il faut utiliser tout cela pour imposer concrètement le front unique ouvrier aux grandes centrales syndicales, ou leur faire payer politiquement le prix fort pour leur complicité avec le gouvernement. Il s'agit ici à proprement parler de la tactique que la IIIe Internationale résumait dans la formule : « Frapper ensemble, marcher séparément ». Mais pour imposer le front unique, il faut des forces. C'est pourquoi les trois niveaux dont je parlais sont totalement articulés. Les bastions constituent le point de départ de la concentration des forces ; les coordinations et les comités d'action permettent d'articuler les forces de l'avant-garde avec les secteurs les plus actifs des masses ; et cette force devient ensuite le levier qui permet de lutter pour imposer le front unique dans chaque grand affrontement – comme ce fut le cas, par exemple, dans la bataille contre la réforme du travail dans laquelle, malgré tout ce que nous avons fait, nous avons manqué de forces pour imposer un front unique capable de faire tomber la loi. Sans cette articulation, la sympathie nouvelle qui s'exprime à notre égard menace de rester enfermée dans l'électoralisme ; en articulant ces différents niveaux, nous pouvons la transformer en un levier qui permettrait à la gauche révolutionnaire de jouer un tout autre rôle dans la lutte des classes.

Matías Maiello. – Dans une interview réalisée il y a quelques mois avec Fernando Rosso, tu évoquais le problème de la « création de communautés ». Qu'est-ce que cela implique et pourquoi considères-tu que c'est aujourd'hui une question importante ?

Emilio Albamonte. – À l'époque de Trotsky, les révolutionnaires devaient lutter pour conquérir les espaces de sociabilité (syndicaux, culturels, etc.) propres à la classe ouvrière qui étaient, dans la plupart des cas, contrôlés par la bureaucratie syndicale ainsi que par les appareils sociaux-démocrates et staliniens, expressions de l'idéologie bourgeoise dans les rangs du prolétariat. Aujourd'hui, on pourrait dire que nous partons de plus loin. Les organisations ouvrières et étudiantes ont été vidées de leur fonction de socialisation ; ces espaces ont été remplacés par les réseaux sociaux, les plateformes de streaming, etc., face auxquels les travailleurs se retrouvent atomisés et placés, en tant qu'ensemble d'individus isolés, sous l'influence permanente de l'idéologie des classes dominantes. Dans le même temps, le capitalisme a enraciné l'idée selon laquelle l'accomplissement individuel passe par la consommation. Mais aujourd'hui, l'idéal consumériste, contrairement à ce qui pouvait exister à l'époque du fordisme, est devenu pratiquement inaccessible pour la majorité des gens.

Face à cette situation, nous défendons la nécessité de « créer une communauté » sur la base de l'immense puissance de la coopération qui constitue la force spécifique de la classe ouvrière : une force qui fait fonctionner le monde mais qui a été expropriée par le capital. « Créer une communauté » signifie développer des espaces de sociabilité autant que des formes de solidarité de toutes sortes qui permettent de lutter contre l'atomisation du prolétariat que favorisent ensemble l'idéologie bourgeoise et les bureaucraties syndicales elles-mêmes. Lorsque je parle de « communautés », je parle aussi de l'importance de construire des centres de gravité dans la lutte des classes ; de relier entre eux des bastions qui regroupent des enseignants, des ouvriers de l'industrie, des étudiants, etc. Si nous ne menons pas cette bataille à partir des lieux de base, la gauche révolutionnaire aura peu d'enracinement. C'est un élément important pour le développement d'une culture critique de l'ordre bourgeois. Quand nous défendons la nécessité d'impulser des cadres de coordination, des assemblées de base, des organes d'auto-organisation, nous pensons aussi à cela : à des espaces où différents secteurs de la classe ouvrière, de la jeunesse, du mouvement étudiant, du mouvement féministe, des intellectuels, etc., peuvent se rencontrer et se rejoindre par en bas.

Le péronisme ne dira jamais qu'il faut s'auto-organiser, ni que cette auto-organisation peut s'appuyer sur la coopération qui existe déjà dans les lieux de travail mais qui a été expropriée par le capital. Le péronisme ne dira jamais que l'auto-organisation doit devenir une coopération consciente afin que la classe ouvrière prenne elle-même en charge les grands problèmes du pays. C'est le sens de ce que disait Marx lorsqu'il affirmait que l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. Si nous ne faisons pas cela, la gauche révolutionnaire restera un phénomène non organique, purement conjoncturel.

Matías Maiello. – Quelle place le FIT-U occupe-t-il dans l'ensemble de cette perspective ?

Emilio Albamonte. – Tout d'abord, nous avons toujours été parmi les promoteurs du FIT-U et nous le considérons, comme je le disais plus haut, comme une conquête politique décisive, dans la mesure où il a permis de dépasser la phase de dispersion groupusculaire dans laquelle la gauche révolutionnaire s'était retrouvée enfermée à la suite d'une série de défaites accumulées, pour finalement constituer un espace d'indépendance de classe en Argentine. Aujourd'hui, le paysage politique est structuré autour de la droite – avec l'extrême droite de Milei et le macrisme – et du péronisme ; un centre-gauche de type Frepaso n'existe plus. Contre toute attente, quelque chose que personne n'anticipait a émergé : un secteur qui s'identifie clairement à une gauche de classe. De ce point de vue, nous considérons le développement du FIT-U comme un acquis très positif.

Sur le plan électoral, nous devons réfléchir à la manière d'intégrer des camarades qui se reconnaissent dans ce programme, afin qu'il ne reste pas un espace fermé aux quatre partis qui le composent aujourd'hui, à condition qu'il existe des accords programmatiques. Cela dit, notre position est que le FIT-U, en tant que coalition d'organisations qui mènent un travail d'agitation et de propagande autour d'un programme de classe, socialiste, a été et demeure une expérience très positive ; mais cela ne suffit pas. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'une coalition de quatre groupes relativement modestes qui, bien souvent, ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter dans des luttes concrètes et qui se retrouvent tous les deux ans pour mener une campagne politique à l'occasion des élections. Toute notre réflexion part du constat que la nouvelle place occupée par la gauche révolutionnaire impose à la fois la nécessité d'avancer vers la construction d'un parti révolutionnaire d'avant-garde, en opérant des sauts qualitatifs sur ce terrain, mais aussi de renforcer notre intervention dans la lutte des classes. Et c'est également la proposition que nous adressons au FIT-U.

Certains camarades du FIT-U proposent de faire du congrès du Front l'horizon de notre activité. Pour nous, ce serait faire du sur-place. Soit nous transformons la sympathie suscitée par nos principales figures en une force organisationnelle comme nous l'avons défendu tout au long de cet entretien, soit nous ne serons pas à la hauteur des tâches qu'exige la construction d'une gauche révolutionnaire capable d'exercer une influence décisive dans la situation.

Par ailleurs, il ne nous viendrait jamais à l'esprit de penser la construction d'un parti révolutionnaire en Argentine indépendamment de celle d'un parti international. C'est une discussion très importante au sein du FIT-U, où il existe d'ailleurs des divergences significatives, notamment sur la guerre en Ukraine, sujet sur lequel nous avons polémiqué publiquement à plusieurs reprises.

Matías Maiello. – Dans les débats sur la manière de tirer parti de la situation actuelle de la gauche révolutionnaire, la question a été posée de savoir si une révolution pourrait être dirigée simultanément par plusieurs partis révolutionnaires. Que répondrais-tu à cette hypothèse ?

Emilio Albamonte. – Salvador Dalí disait qu'il était monarchiste parce que la monarchie était le seul régime capable de résoudre le problème de la succession. En paraphrasant un peu, sur le ton de la plaisanterie, on pourrait dire qu'à ce jour aucune autre forme d'organisation n'a montré qu'elle était capable de remplacer un parti d'avant-garde pour diriger un processus révolutionnaire : un parti organisant les secteurs les plus lucides et les plus avancés de la classe travailleuse, et se donnant pour objectif de diriger des millions de personnes. Comme le soulignait Nahuel Moreno, au XXᵉ siècle, en plus de l'expérience russe d'un parti léniniste organisé selon les principes du centralisme démocratique, nous avons vu apparaître d'autres formes de « partis-armées », bureaucratiques, qui ont dirigé des processus révolutionnaires, comme en Chine ou au Vietnam. Mais ce que l'on n'a jamais vu nulle part, c'est la possibilité de résoudre, sans une forme de centralisation, qu'elle soit bureaucratique ou démocratique, les innombrables tâches qu'implique la prise du pouvoir et l'organisation d'un pouvoir révolutionnaire. Pour notre part, évidemment, nous défendons la centralisation démocratique. Aucune révolution victorieuse, qui a exproprié la bourgeoisie, n'a eu lieu sans un parti, tout simplement parce que cette question ne peut pas être résolue autrement. L'appareil bourgeois est un appareil centralisé et, sans une organisation centralisée en face de lui, il t'écrase. Voilà le problème matériel qui se pose.

La Révolution russe a été dirigée par le parti bolchevique, qui a précisément réussi à attirer des organisations comme l'Interdistrict de Trotsky ainsi que d'autres fractions révolutionnaires. Mais il faut ici distinguer deux niveaux afin d'éviter toute confusion. Nous défendons le multipartisme à l'intérieur des organismes de la démocratie ouvrière, soviets ou conseils, dans le cadre de la transition révolutionnaire. Nous sommes favorables au multipartisme parce que nous reconnaissons qu'il existe des fractions de classe que le parti de l'avant-garde ouvrière ne reflète pas directement. Pensons par exemple aux socialistes-révolutionnaires de gauche, avec lesquels les bolcheviques avaient conclu une alliance avant que celle-ci ne soit rompue après l'assassinat de l'ambassadeur allemand. En revanche, nous ne voyons aucune raison qui justifie que l'avant-garde ouvrière demeure divisée, qui justifie de ne pas forger un grand parti commun. Sur ce point, je renvoie à la conclusion que Trotsky tirait de la théorie de la révolution permanente : la réalisation de l'alliance révolutionnaire n'est concevable que sous la direction politique de l'avant-garde du prolétariat organisée en parti révolutionnaire.

Nous proposons aujourd'hui de lancer un mouvement pour un parti de la nouvelle classe ouvrière. Lorsque nous parlons d'un parti de la classe ouvrière, nous parlons d'un parti qui exprime ses intérêts historiques, et non d'un parti qui prétend représenter sociologiquement la classe dans son ensemble : ce serait une fiction totale. Car, comme le disait Trotsky, les classes sont hétérogènes ; elles sont composées de couches diverses, certaines tournées vers l'avenir, d'autres vers le passé. C'est pourquoi la discussion sur le programme de ce parti est, à nos yeux, décisive. Nous proposons de prendre comme point de départ du débat le programme du FIT-U, qui est un programme d'indépendance de classe et qui porte la perspective d'un gouvernement des travailleurs. Ainsi, dans le cadre de ce mouvement pour un parti de la nouvelle classe ouvrière, nous défendons l'idée que le parti qui émergera devra être véritablement un parti d'avant-garde de la classe ouvrière, en dialogue avec l'ensemble de la classe telle qu'elle existe aujourd'hui et qui cherche à l'influencer ; un parti qui intervient auprès des différents secteurs à travers des organismes d'auto-organisation, qui s'engage dans la bataille pour reconquérir les syndicats, en impulsant le front unique et en défendant, dans une perspective stratégique, des institutions de démocratie ouvrière de type soviets ou conseils ; un parti qui dialogue, organise, influence et cherche à diriger l'ensemble du mouvement.

Matías Maiello. – Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Emilio Albamonte. – Nous verrons dans les prochaines semaines et les prochains mois si nous réussissons à faire venir dans les comités que nous discutons déjà de lancer conjointement avec plusieurs camarades, intellectuels, figures du monde culturel, etc., de nombreux sympathisants de Myriam. L'enjeu est de savoir si nous sommes capables d'ouvrir une nouvelle séquence pour la gauche révolutionnaire, non seulement sur le terrain électoral, mais aussi afin qu'elle devienne une force décisive dans la lutte des classes. Comme je l'ai dit, il s'agit ici de certaines de mes réflexions personnelles ainsi que du résultat d'une première discussion menée au sein du PTS ; la forme définitive que prendra tout cela dépendra largement des débats à venir, des idées que les camarades qui rejoindront les comités apporteront et de la synthèse que nous serons capables de produire à partir de l'ensemble de ces réflexions. Notre objectif est de donner à ces comités, au-delà de leur dimension électorale, qui constituera évidemment une tâche importante, un contenu révolutionnaire intégral. Je crois qu'une discussion passionnante s'ouvre sur la manière de tirer parti de la situation actuelle afin de gagner un poids décisif dans la situation, de dépasser le péronisme et sa politique de conciliation de classes et de porter une perspective révolutionnaire.

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