Marche des Drapeaux : l'extrême droite israélienne manifeste à Jérusalem pour continuer le génocide
Fri, 15 May 2026 21:41:11 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDes dizaines de milliers de partisans de l'extrême droite laïque et religieuse ont manifesté, ce 14 mai, en Israël pour commémorer l'annexion de Jérusalem-Est en 1967. Dans leurs slogans génocidaires et racistes, ils revendiquent de poursuivre la « nouvelle Nakba » contre le peuple palestinien.

Ce 14 mai, à la veille du 78ème anniversaire de la Nakba, se tenait à Jérusalem la Marche des Drapeaux à l'occasion de la Journée de Jérusalem. Le défilé coloniale célébrait le 59ème anniversaire de l'annexion de Jérusalem-Est, à l'issue de la Guerre des Six jour, et notamment de la Vieille Ville, où se trouvent les lieux saints du judaïsme et de l'islam.
Cette marche, qui s'achève devant le Mur des Lamentations, rassemble chaque année l'extrême droite la plus radicale, galvanisée par la participation de figures du gouvernement comme Itmar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale et l'un des plus fervents partisans du génocide à Gaza et de la colonisation de la Cisjordanie, ainsi que de nombreuses organisations suprémacistes.
Cette année, la marche a rassemblé des dizaines de milliers de manifestants portant des drapeaux israéliens, dont beaucoup vivent dans les colonies cisjordaniennes. Beaucoup de jeunes hommes, dont certains âgés d'à peine 12 ans, étaient présents dans les cortèges des diverses écoles religieuses, d'académies prémilitaires ou d'autres organisations religieuses de jeunesse. « Vous vouliez un massacre, vous aurez une Nakba » pouvait-on lire sur la banderole de l'une d'entre elles, une apologie assumée du génocide en cours, qui fait référence à la première étape du nettoyage ethnique des Palestiniens entre novembre 1947 et janvier 1949, qui s'était soldée par l'expulsion forcée de plus de 700 000 Palestiniens. « Conquête. Expulsion. Colonisation » disent les T-shirts portés par les participants d'un autre cortège.
« Que vos villages brûlent ! », « Gaza est un cimetière ! » « Mort aux Arabes ! » : les slogans racistes et génocidaires entonnés par les participants ont résonné aux abords du quartier musulman bouclé par les autorités israéliennes. Des stickers arborant un noeud coulant, référence à l'adoption de la loi sur la peine de mort pour les prisonniers palestiniens ont été collés sur les grillages des commerces palestiniens fermés par peur des attaques. « Gaza est à nous pour toujours » peut-on lire sur d'autres stickers.
Pour « protéger » la marche, l'État avait mobilisé 3000 policiers qui ont défendu les participants lorsqu'ils ont insulté et lancé des chaises sur des Palestiniens ou lorsque des dizaines de militants suprémacistes ont « frappé les devantures des magasins des quartiers arabes, essayant de rentrer de force dans les maisons, en brisant des vitres ». Lorsque des altercations ont eu lieu avec des militants associatifs qui tentaient de protéger les Palestiniens de la vieille ville, la police est intervenue pour les réprimer et a procédé à 13 arrestations au moins.
Arrivé sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'Islam, Itmar Ben-Gvir a déployé un drapeau israélien en déclarant : « Nous avons rétabli notre autorité sur le mont du Temple grâce à notre détermination et à la dissuasion. Cette année, le ramadan a été plus calme que jamais grâce à la dissuasion. Le mont du Temple est entre nos mains ! »
Fermement contrôlé par Israël, les incursions israéliennes sur le site ont souvent déclenché des soulèvements nationaux. En 2000, la visite d'Ariel Sharon joua le rôle de détonateur dans le déclenchement de la seconde Intifada. Théâtre d'affrontements entre la police israélienne et les Palestiniens en mai 2021, les raids des forces de sécurité israéliennes à l'intérieur de la mosquée et sur l'esplanade ont aiguillonné la colère populaire et provoqué de nombreux soulèvements dans les villes mixtes de Cisjordanie et à Gaza.
Déjà en 2024, Ben Gvir proposait d'interdire l'accès de la Mosquée d'Al-Aqsa aux arabes israéliens pendant le ramadan. Objet de tous les fantasmes de l'extrême droite religieuse sioniste, Al-Aqsa est bâtie sur le mont du Temple, édifice détruit en 70 par les Romains dont ne subsiste que le mur des Lamentations. Depuis la ferveur messianique qui a accompagné la victoire de la guerre des Six jours en 1967, l'arrivée au pouvoir du Likoud en 1977 et la montée progressive de l'extrême droite religieuse, la reconstruction du temple est devenue un objectif politique à part entière de l'État d'Israël.
Cette année, la marche a lieu alors que la colonisation en Cisjordanie avance à marche forcée, qu'Israël poursuit son invasion du Liban et le génocide à Gaza. Le Premier Ministre a tenu, le même jour, un discours dans la ville à l'occasion d'une cérémonie pour la Journée de Jérusalem : il s'est félicité de l'occupation de 60% du territoire de Gaza alors que les négociations autour du plan ultra-colonial de Trump sont au point mort et qu'Israël menace de reprendre le génocide.
Face à la radicalisation de la société israélienne et au consensus génocidaire qui s'y exprime, il y a urgence à construire un grand mouvement anti-impérialiste qui articule la solidarité avec le peuple palestinien et la lutte contre la guerre impérialiste en Iran, qui constitue le prolongement direct du génocide à Gaza alors que les États-Unis et Israël ont tenté sans succès de remodeler les équilibres régionaux. Alors que l'impérialisme étasunien est tenu en échec en Iran et qu'Israël n'est parvenu à réaliser aucun de ses objectifs stratégiques au Liban, il faut s'engouffrer dans les brèches ouvertes par la crise stratégique de Trump en se prononçant pour la défaite des États-Unis et d'Israël partout dans la région et en mettant au soutien financier, moral et militaire que notre propre impérialisme apporte au génocide à Gaza.