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Sept détenus d'une des narco-prisons de Darmanin dénoncent leurs conditions de détention

Fri, 15 May 2026 22:35:07 CEST

Révolution Permanente

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Depuis janvier, sept détenus de Condé-sur-Sarthe décrivent un régime carcéral brutal : fouilles incessantes, réveils nocturnes, isolement des proches. Des narco prisons qui sont des machines à broyer les détenus que l'administration assume et couvre.

Depuis janvier dernier, sept détenus de la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe dénoncent leurs conditions de détention. Ils ont déposé, ce 12 mai, un nouveau recours en justice, après plus d'une centaine de demandes restées sans réponse.

Les détenus pointent les traitements abusifs dont ils sont victimes. Leur avocat, Charly Salkazanov, témoigne : « On leur impose des fouilles de manière répétée, certains d'entre eux subissent des réveils nocturnes. On leur laisse un choix, mais c'est un dilemme : soit aller en promenade, soit appeler leur famille à des heures parfois indues. »

Un régime répressif quotidien qui vise à briser les détenus en les isolant du monde extérieur et en entravant leurs liens avec leurs proches. Ils dénoncent un grand nombre de pratiques lors des visites : des proches peuvent se voir refuser l'accès pour un soutien-gorge qui sonne au détecteur de métaux ou pour quelques minutes de retard, alors même que certains ont parcouru des centaines de kilomètres.

Face à cette situation, les détenus ont décidé de réagir en inondant des coursives, en menant des grèves de la parole face aux surveillants cagoulés ou encore en rendant symboliquement leurs télévisions et leurs réfrigérateurs. Autant de formes de protestation face auxquelles l'administration pénitentiaire n'a exprimé que du mépris.

En réponse aux sollicitations de France Inter, l'administration souligne : « Ces quartiers sont adaptés à la prise en charge de personnes relevant du haut spectre de la criminalité organisée, avec l'objectif prioritaire d'empêcher la poursuite des activités illicites. » Un discours qui s'inscrit dans la continuité des politiques répressives successives du gouvernement.

Et pour cause : la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe fait partie du projet de « narco-prisons » porté par Gérald Darmanin, annoncé en janvier 2025, pour lequel l'État avait alloué 4 millions d'euros. Dès sa création, Darmanin se vantait d'un dispositif visant à « mettre à l'écart de la société, en isolement total, les 100 plus grands narco-bandits de France ».

Une fuite en avant dans l'obsession répressive, toujours ancrée dans des conditions de détention extrêmement brutales et une incarcération qui ne cesse de s'intensifier. Le ministre de la Justice avait ainsi annoncé vouloir faire de ces établissements des espaces « inviolables », ultra-isolés et parmi les plus répressifs qui soient : brouillage des réseaux à l'intérieur, dispositifs anti-drones, implantation loin de toute zone urbaine et donc, de fait, coupure avec les proches et les liens familiaux, sans possibilité de transfert vers un autre établissement. Des prisons où les agents pénitentiaires sont rendus anonymes, consacrant leur impunité quasi totale, et spécifiquement formés au sein de quatre nouvelles unités dites E.R.I.S., des forces d'intervention pénitentiaire cagoulées, particulièrement violentes.

Condé-sur-Sarthe n'est pas une dérive, mais un laboratoire. Ce qui s'y expérimente aujourd'hui annonce l'extension d'un modèle carcéral toujours plus violent. En réalité, cette logique accompagne l'ensemble des offensives ultra-autoritaires du gouvernement : elle permet d'accentuer la répression et d'emprisonner toujours davantage sous prétexte de lutte contre le narcotrafic. Face à ces offensives, il est urgent d'organiser une riposte d'ensemble et d'exiger le retrait de toutes les lois racistes et répressives.

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