Village internationaliste : des centaines de personnes réunis au Mirail contre la militarisation
Fri, 15 May 2026 20:40:42 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe 7 mai 2026, s'est tenu un grand village internationaliste et antimilitariste, à l'appel de 42 organisations à l'université du Mirail. Une initiative très réussie de lutte contre la militarisation et l'impérialisme qui a réuni plusieurs centaines d'étudiants, de travailleurs et d'intellectuels, ainsi que de nombreuses organisations politiques, syndicales, culturelles et associations du quartier.

Jeudi 7 mai s'est tenu un grand village internationaliste à l'université toulousaine du Mirail, organisé à l'initiative du Poing Levé, aux côtés d'une quarantaine d'organisations étudiantes, de sections syndicales de travailleurs de la CGT, mais aussi d'associations féministes, ou anti-impérialistes, formant un large front de mobilisation. Dans la lignée du village antifa de 2025, qui avait réuni plus de 1000 participants, ce village a réuni plusieurs centaines d'étudiants, de travailleurs et d'intellectuels. Le village s'est tenu en réponse au salon « Space Summit for a Resilient Future », une réunion militariste des grands patrons de l'industrie française et mondiale de l'armement dans l'aéronautique et le spatial, prévu les 27 et 28 octobre 2026 à Toulouse.
Une initiative anti-impérialiste réussie au Mirail
Installés à midi, des dizaines de stands ont animé la journée. Trois conférences se sont également tenues, une première avec le sociologue Mathieu Rigouste, Akalay Todeschini et le Comité Palestine 31, intitulée : « Iran, Palestine, Amérique Latine-comprendre les agressions impérialistes pour les combattre » a permis de revenir sur les offensives impérialistes à l'échelle internationale et sur les formes de lutte et de solidarité à construire. Une seconde conférence avec Christiane Geoffroy portait sur les offensives idéologiques dans l'éducation et la militarisation de l'université, et questionnait les outils à notre portée pour y résister. Enfin, une troisième discussion a réuni Vincent Rissier, auteur de « Contre l'écologie de guerre », Simon Gazano, ouvrier dans l'aéronautique, Nore Gehl, doctorante écoféministe, et le collectif Vietnam Dioxine autour d'une question centrale : quel mouvement anti-impérialiste construire aujourd'hui ?
Au centre des échanges se trouvait la nécessité de construire un vaste mouvement de solidarité internationale, comme a pu se manifester la solidarité internationale avec la Palestine, qui s'est illustrée dans les occupations d'universités par les étudiants, les flottilles pour Gaza, ou encore la grève historique et exemplaire des dockers de Gènes. Pour lutter contre la militarisation, cette mobilisation à construire doit impérativement adopter le mot d'ordre de la lutte contre toutes les formes d'impérialisme, y compris contre celles de son propre pays. La soirée s'est poursuivie par des activités culturelles et artistiques, avec un battle de danse et des concerts.
Une journée marquée par des initiatives politiques de solidarité internationale
Au fil des heures, le Mirail s'est transformé en une véritable place forte de la solidarité internationale, où se sont mêlés discussions politiques, initiatives militantes, actions de solidarité internationale et échanges entre étudiants, travailleurs et organisations. Dans la matinée, une photo de solidarité a été organisée pour Saif Abukeshek et Thiago Ávila, militants de la Global Sumud Flotilla enlevés par l'armée israélienne. Dans la soirée, une vidéo du militant libanais Georges Ibrahim Abdallah a été projetée à l'adresse des étudiants mobilisés du Mirail.
En résonance avec les travailleurs de la région, le Poing Levé a également réalisé une vidéo de solidarité avec les travailleurs d'Airbus mobilisés, qui avaient débrayé partout en France en réaction à une attaque brutale de la direction contre leur prime de participation.
Un front large face aux offensives militaristes
Face aux attaques militaristes et aux offensives idéologiques actuelles, ce village anti-impérialiste a constitué une expérience réussie de front unique et de construction d'un arc de résistance large. La diversité des organisations présentes, des collectifs militants aux organisations syndicales et politiques, a montré la nécessité qui existe de construire un bloc de résistance capable de faire face aux attaques à venir.
Cette unité pose les bases d'un rapport de force indispensable contre les offensives guerrières, les politiques de militarisation et les attaques idéologiques qui visent la jeunesse et le monde du travail.
Le succès et l'enthousiasme suscités par l'événement témoignent de la nécessité de repasser à l'offensive contre la militarisation. Une question incontournable dans la période qui a contraint même des organisations ne partageant pas une ligne antimilitariste complète de se joindre à l'évènement comme c'est la cas de la France Insoumise, dont le programme défend notamment l'augmentation des budgets militaires, un service obligatoire pour les jeunes et la défense de la puissance impérialiste française à l'international.
Le Mirail comme lieu de résistance
Tenu pour la deuxième année consécutive, dans la continuité du village antifasciste de 2025, ce village anti-impérialiste confirme la consolidation d'une véritable institution de résistance qui doit se prolonger sur la fac du Mirail.
Il montre que les universités peuvent être des lieux de résistance à la fois face aux attaques budgétaires du gouvernement, comme l'ont montré les mobilisations de cette année sur la fac, mais aussi des foyers d'expression politique pour des milliers de jeunes, face à l'avenir qui leur est promis par le gouvernement et la bourgeoisie impérialiste.
Car la jeunesse n'est pas déconnectée des problématiques de la société mais agit comme une caisse de résonance de celles-ci, et les universités comme le Mirail, sont fortes d'une longue tradition de mobilisation, En effet la jeunesse à toujours été à l'avant garde des mobilisations, notamment pour la Palestine où l'université a pu être le premier moyen d'expression politique, alors que le gouvernement réprimait ouvertement toute forme de mobilisation et de solidarité.
La perspective du Poing Levé est que les universités peuvent et doivent devenir des bastions politiques, capables de résister aux offensives réactionnaires et militaristes. Il faut faire des facs des lieux où les attaques ne passent pas, des espaces d'organisation et de solidarité, mais également des vitrines d'une stratégie de transformation profonde de la société. Ce village anti-impérialiste marque ainsi une étape importante dans la construction d'un mouvement unitaire et durable de résistance politique et de solidarité internationale au Mirail.
Face à la militarisation de nos sociétés et de nos savoirs, construisons une jeunesse anti-impérialiste
Dans un contexte international marqué par l'agression impérialiste des États-Unis contre l'Iran, la surenchère coloniale d'Israël en Palestine et au Liban, ainsi que par la montée des politiques guerrières des puissances occidentales, la France participe pleinement à cette dynamique de militarisation. Celle-ci se traduit notamment par l'augmentation des budgets militaires, le développement de l'industrie de l'armement, ou encore la construction d'un nouveau porte-avions à 10 milliards d'euros.
Toulouse est à l'avant-garde du projet guerrier du gouvernement. En effet, la ville rose est au cœur du bassin industriel aéronautique français et européen qui constitue un point d'appui essentiel de la politique guerrière de l'impérialisme français.Entre les liens avec l'industrie de l'armement, le nouveau centre de commandement de l'OTAN et la multiplication des salons organisés par et pour l'armée, la région devient un laboratoire de la militarisation de la société.
L'université du Mirail subit de plein fouet les conséquences de cette orientation. Les attaques austéritaires imposées par le gouvernement et relayées par la direction universitaire ne sont pas des phénomènes isolés : elles découlent directement des choix politiques consistant à financer toujours plus l'armée et la police, pendant que les services publics, les universités et les conditions d'étude se dégradent.
Avec le plan « COMÈTE », imposé par la présidence du Mirail, dès 2027 l'université recevra 321 000 euros de l'Agence nationale de la recherche (ANR) afin de développer des recherches en sciences humaines et sociales liées à l'industrie aérospatiale, antichambre de celle de l'armement. Des disciplines comme la psychologie seront mobilisées pour étudier « la gestion du stress » ou « la vie de petits groupes en espaces confinés », qu'il s'agisse d'astronautes… ou d'équipages de sous-marins nucléaires.
Face à cette situation, le village internationaliste avait pour objectif de construire des perspectives anti-impérialistes et révolutionnaires pour la jeunesse et les travailleurs. Cette journée constitue une étape dans la construction d'un mouvement de jeunesse anti-impérialiste et révolutionnaire.
Alors que les tensions internationales s'exacerbent, que ce soit en Palestine ou en Iran, que la bourgeoisie veut nous entraîner vers la guerre, que les budgets de l'armée explosent pendant que les universités et les services publics sont détruits, il est aujourd'hui nécessaire de construire une riposte pour se préparer aux combats à venir contre la militarisation, l'extrême droite et l'austérité.
Pour continuer cet effort vital de la mobilisation de la jeunesse, rendez-vous le 23 mai au Mirail pour les rencontres anti-impérialistes à l'initiative du Poing Levé !
RP Toulouse