La ville d'El Paso au Texas, un miroir de la répression migratoire de l'ICE
Fri, 15 May 2026 21:29:35 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ El Paso, ville frontalière du Mexique, la machine répressive de l'ICE tourne à plein régime. Mais les fragilités, sur la scène intérieure et à l'échelle internationale, du gouvernement Trump ouvrent des brèches pour lutter contre le racisme d'État et les milices de Trump.

Depuis plusieurs mois, la police fédérale de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement) multiplie les descentes, les arrestations et les rafles dans la ville d'El Paso, majoritairement hispanique. Présente dans la ville depuis la création de l'agence en 2003, l'ICE a considérablement renforcé ses moyens humains et logistiques depuis janvier 2026.
Plus globalement, l'ICE a vu ses pouvoirs renforcés au niveau national sous les gouvernements successifs, républicains comme démocrates. Mais sous le second mandat de Donald Trump, l'agence a changé d'échelle. La Maison-Blanche lui a fixé un objectif sans précédent : expulser un million d'étrangers par an. Pour soutenir cette politique, le Congrès américain a approuvé en 2025 un budget de 170 milliards de dollars pour le contrôle migratoire, dont 45 milliards pour la gestion de centres de détention.
Le Texas, avec sa longue frontière avec le Mexique, joue un rôle central dans la politique de répression migratoire, en servant de centre majeur pour les expulsions et transferts. C'est l'État qui enferme le plus grand nombre de détenus en détention civile pour immigration. C'est ainsi à El Paso, dans la zone militaire de Fort Bliss, que l'administration Trump a ouvert, en août 2025, Camp East Montana, son plus grand centre de détention, avec 5 000 places.
Il est devenu en l'espace de quelques mois l'un des symboles de la politique de déportation massive de l'administration Trump… et l'un de ceux où l'on déplore le plus grand nombre de décès de détenus. Une enquête par l'American Civil Liberties Union au camp « révèle des conditions de détention alarmantes et des cas répétés de coercition, de violence physique et de menaces à l'encontre d'immigrants faisant l'objet d'expulsions vers des pays tiers, en violation des politiques et des normes de l'agence, ainsi que des protections légales et constitutionnelles ».
À El Paso, comme dans tout le pays, les conséquences de cette politique de surveillance permanente, de détention de masse, de collaboration entre forces locales et fédérales, sont visibles dans la vie quotidienne : des familles vivent cachées, des travailleurs désertent leurs emplois, des enfants voient leurs proches arrêtés du jour au lendemain.
Si le gouvernement Trump poursuit ses efforts pour élargir les opérations de l'ICE, en la dotant de nouvelles infrastructures et d'un budget colossal, comparable à celui d'une armée, les mobilisations récentes qui ont secoué la ville de Minneapolis, dont les habitants ont réussi à chasser les milices de Trump montrent la marche à suivre.
La fragilité politique de l'administration Trump est aujourd'hui aggravée par l'enlisement des États-Unis dans la guerre impérialiste contre l'Iran. Cette guerre, lancée par une administration étasunienne qui cherchait à redessiner la carte du Moyen-Orient tout en se débarrassant d'un rival qui échappait à l'ordre géopolitique de Washington, a aggravé les conditions de vie des travailleurs étasuniens, approfondi le mécontentement à l'égard régime.
Cette situation ouvre des brèches pour la classe ouvrière. Il s'agit de dénoncer non seulement les milliards engloutis dans la machine de guerre impérialiste, mais aussi ceux consacrés à la guerre menée contre les travailleurs étrangers et les classes populaires à l'intérieur même des États-Unis. C'est ce qu'ont exprimé les mobilisations massives « No Kings », où des milliers de personnes sont descendues dans la rue avec le slogan : « No War, No Kings, No ICE ».
Les luttes récentes aux États-Unis montrent comment arrêter les attaques de l'ICE qui renforce ses positions au Texas. Elles ont démontré le potentiel d'unité entre les travailleurs, les étudiants et les classes populaires qui se mobilisent dans les rues, les écoles et les lieux de travail contre le racisme et la violence d'État.