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« Bienvenue en France 2.0 » : le Medef profite de l'offensive et propose de faire payer toute la jeunesse

Thu, 14 May 2026 20:55:19 CEST

Révolution Permanente

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Alors que le gouvernement veut imposer par décret la généralisation de « Bienvenue en France », le Medef saisit l'opportunité pour proposer une augmentation des frais d'inscription pour tous. Une nouvelle prise de position révélatrice du projet des classes dominantes pour l'université.

Dans un entretien publié le 3 mai dans L'Opinion, Olivier Faron, responsable du pôle « Compétences, formation et jeunesse » du Medef, affirme qu'il faudrait désormais « poser sereinement la question des frais pour l'ensemble des étudiants ». Cette déclaration n'a rien d'anodin. Alors que le gouvernement a annoncé il y a quelques semaines sa volonté de généraliser « Bienvenue en France », qui vise à faire payer des frais différenciés aux étudiants étrangers extra-européens, le patronat s'engouffre dans la brèche et propose d'aller plus loin.

Évidemment, l'organisation patronale soutient pleinement le projet de Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur. Olivier Faron affirme également : « La contribution des étudiants, notamment étrangers, est un levier majeur pour nos universités. On ne peut faire l'impasse en période si tendue pour les finances publiques. » Mais il cherche à aller plus loin, et propose que les étudiants étrangers servent de test, avant une augmentation généralisée des frais d'inscription.

La position du Medef montre que l'offensive raciste portée par le gouvernement sert de laboratoire pour remettre en cause le principe même d'un accès à l'université publique. Car cette réforme vise à renforcer la sélection à l'université et à exclure les étudiants les plus précaires. Malgré le rejet large du décret par le CNESER le 12 mai dernier, le ministère veut malgré tout commencer à l'appliquer dès la rentrée 2026.

Le projet du patronat, main dans la main avec le gouvernement, est celui d'une université directement mise au service de la compétitivité économique et des besoins des entreprises : développement du mécénat privé, renforcement de la formation professionnelle, adaptation des cursus au marché du travail… Cette dynamique correspond déjà largement à l'orientation portée par le gouvernement.

Le récent plan « Emploi futur » en donne une illustration claire. Derrière les discours sur « l'insertion professionnelle », l'objectif du gouvernement est de former une main-d'œuvre le plus rapidement disponible, plus flexible et plus directement adaptée aux besoins économiques du patronat. En ouvrant cette brèche, le gouvernement encourage directement les offensives du Medef, qui se permet désormais de remettre sur la table des projets comme le « CDI jeunes » inspiré du CPE de 2006 et pensé pour précariser encore davantage la jeunesse.

Face à cette offensive, les mobilisations contre « Bienvenue en France » montrent cependant qu'une partie de la jeunesse et des travailleurs de l'université refusent cette transformation de l'université. L'enjeu est désormais de construire une riposte plus large face à un projet qui dépasse la seule question des étudiants étrangers. Car ce qui se joue avec « Bienvenue en France », c'est une offensive d'ensemble contre l'accès à l'université publique et contre les enfants des classes populaires. Le mouvement étudiant doit renouer avec les traditions de lutte qui avaient permis de faire reculer le CPE en 2006 ou les précédentes tentatives d'augmentation des frais d'inscription.

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