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Echec des négociations à Airbus : FO, la CFE-CGC et la CFTC temporisent pour éteindre la colère

Thu, 14 May 2026 20:02:34 CEST

Révolution Permanente

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Après la grève spontanée du 7 mai, les négociations entre direction et syndicats pro-patronaux ont échoué. Pourtant, face à la colère des travailleurs d'Airbus, ces derniers appellent au calme. Une impasse alors que seule la mobilisation peut permettre d'arracher les revendications.

L'impasse du dialogue social

Ce mardi 12 mai, les négociations entre les syndicats pro patronaux FO, CFE-CGC et CFTC avec le patronat d'Airbus ont échoué. Ces négociations faisaient suite à la grève spontanée lancée par les salariés contre la baisse de la prime de participation, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Face à la mobilisation, les syndicats pro patronaux s'étaient empressés de mettre fin à l'agitation en appelant à la « stabilité sociale ». Dès le début du mouvement, des délégués FO se sont rendus sur les lieux de mobilisation pour demander aux grévistes de reprendre le travail.

Dans un communiqué publié le jour même, FO, CFE-CGC et CFTC se sont d'ailleurs clairement positionnés contre la grève : « les organisations syndicales FO, CFE-CGC et CFTC ne s'associent pas aux mouvements de grève annoncés dans certains établissements du groupe ». Une posture d'autant plus révélatrice qu'ils ont, dans le même temps, cherché à s'imposer comme interlocuteurs dans les négociations au nom du mouvement.

Cependant, face au mépris de la direction, ces syndicats temporisent une nouvelle fois, appelant au calme jusqu'à la réunion du 18 mai autour de la négociation sur l'accord de participation. Si FO, CFE-CGC et la CFTC menacent, en cas d'échec, de lancer une grève qu'ils qualifient eux-mêmes « de contraire à leur culture et à celle d'Airbus », en réalité, il ne faut avoir aucune confiance dans ces syndicats qui, depuis le début des mobilisations, cherchent à cadenasser la colère.

Les salariés payent quand les actionnaires s'engraissent

Pourtant, cette colère des travailleurs d'Airbus est plus que légitime. Dans un contexte de forte inflation, avec des prix augmentant en moyenne de 3 % en avril sur un an dans la zone euro, les dépenses contraintes explosent, en particulier pour le carburant : le sans-plomb 95 reste 19 % au-dessus de son prix d'avant le conflit en Iran, et le diesel 31 %.

Dans le même temps, le patronat décide de baisser brutalement les primes de participation, qui passent de 4 472 à 2 057 euros, après avoir déjà imposé une augmentation de salaire dérisoire de 2,4 % lors des NAO, dans la continuité de l'an dernier.

Autrement dit, alors que le coût de la vie augmente, les revenus réels des salariés reculent.

Ces annonces sont d'autant plus vécues comme une insulte que l'entreprise engrange, elle, des profits record de 5,2 milliards d'euros : « Après avoir augmenté les salaires de seulement 2,5 %, au même moment où les actionnaires se gavent et que les prix des carburants explosent, l'annonce d'une prime à moitié moins importante a été la goutte de trop », expliquait Pierre, de la CGT Airbus SAS dans nos colonnes.

Par ailleurs, la situation économique mondiale ne risque pas de s'améliorer. Loin d'un retour à la normale, tout indique au contraire que l'inflation va se maintenir, voire s'aggraver, et avec elle les offensives patronales.

Chez Airbus, cette dynamique se traduit déjà concrètement : les attaques de la direction se multiplient : baisse des primes, renforcement de la surveillance, remise en cause du télétravail, répression antisyndicale.

Face au mépris patronal, construisons la mobilisation

Dans ce contexte, il est urgent de construire un mouvement de mobilisation à la hauteur du mépris de la direction. Mais, comme ils ont pu le démontrer tout au long de leur histoire et même lors de mobilisations récentes, les syndicats pro patronaux constituent une impasse pour construire un réel rapport de force avec le patronat de l'aéronautique.

Pour construire une mobilisation à la hauteur, les travailleurs d'Airbus doivent rompre avec les cadres imposés par ces syndicats et reprendre la main sur le mouvement. Cela passe notamment par l'organisation collective au sein d'assemblées générales où chaque gréviste peut s'exprimer, décider des revendications et élire des délégués réellement représentatifs des mobilisations. Une telle dynamique est indispensable pour mener une grève offensive, en portant des exigences claires comme une augmentation de 400 euros sur tous les salaires et l'indexation des salaires sur l'inflation.

Mais cette mobilisation, les travailleurs d'Airbus doivent la construire avec l'ensemble du secteur de l'aéronautique, confronté aux mêmes attaques. Il faut en finir avec la division absurde du secteur, qui sert aujourd'hui avant tout les intérêts du patronat.

Dans ce sens, la CGT Airbus pourrait jouer un rôle décisif : en dénonçant les limites des syndicats pro patronaux, mais surtout en poussant concrètement au développement des assemblées générales, à leur coordination et à l'élargissement des revendications comme de la mobilisation.

Flickr j_bg

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