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Hôpital privé Océane de Vannes : nouvelle offensive contre les soignants et patients chez le groupe Elsan

Thu, 14 May 2026 14:23:28 CEST

Révolution Permanente

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Les travailleuses et travailleurs de l'hôpital privé Océane n'échappent pas à l'attaque austéritaire du groupe, avec la suppression début avril de 22 lits et 15 postes en chirurgie. Face aux attaques contre les soignants et les patients, il faut reprendre le système de soin des mains du patronat et des logiques managériales.

Depuis le 13 avril, à l'hôpital privé Océane de Vannes, établissement privé à but lucratif du groupe Elsan, la direction mène une véritable offensive contre les travailleurs. La fermeture du service de médecine interne, jugé insuffisamment rentable, et de chirurgie vasculaire et thoracique, a entraîné une réorganisation importante de l'établissement. L'activité chirurgicale est désormais redéployée dans les locaux de l'actuel service de chirurgie pluridisciplinaire En tout, 22 lits ont été supprimés, ainsi que 15 postes de soignants. C'est une offensive austéritaire brutale qui met en péril le bon accueil des patients et fragilise d'avantage des équipes déjà totalement épuisées.

Certains travailleurs se sont vu proposer de postuler dans d'autres services, parfois totalement éloignés de leur domaine de compétences rendant leur prise de poste particulièrement difficile. Désormais, un seul binôme (infirmier(e)/aide-soignant(e)) doit gérer entre 16 et 18 patients dans ce service de chirurgie pluridisciplinaire. La sécurité des patients est directement menacée. Déjà fortement dégradé, le métier du soin ne porte plus sur du soin mais sur une gestion à la chaîne des personnes, dans une logique dictée par la seule rentabilité. Une situation inacceptable où les soignants sont réduits à l'épuisement.

Bertille, infirmière à l'hôpital privé Océane de Vannes, témoigne : « Nous devons faire face à des sous effectifs répétés, avec des charges de travail parfois intenables et des situations complexes à gérer sans les moyens humains nécessaires. On nous demande de compenser en permanence, de nous adapter sans cesse, de faire toujours plus avec toujours moins. Je viens avec la boule au ventre au boulot ».

Ce qui se passe à Vannes est loin d'être un cas isolé. Dans d'autres cliniques du groupe Elsan, la colère explose. A la clinique Saint Pierre et Médipole Saint Roch, les salariés sont en grève depuis le 4 avril afin de dénoncer leurs conditions de travail et leurs salaires. De même, à la clinique de Keraudren à Brest, les salariés en grève depuis le 19 mars dénoncent une réorganisation et une suppression drastique de personnel

Le groupe Elsan est aujourd'hui le premier groupe d'hospitalisation privée en France, avec plus de 200 établissements et près de 5 millions de patients pris en charge chaque année. Le groupe est né en 2015 du rapprochement de plusieurs groupe de cliniques privées et appartient notamment à des fonds d'investissement comme KKR et CVC Capital Partners, avec un chiffre d'affaires qui s'élevait à 3,2 milliards d'euros en 2024.

Ce que vivent les travailleuses et les travailleurs d'Elsan, c'est donc une véritable attaque coordonnée à l'échelle nationale. Au-delà du groupe privé, c'est tout le système de santé qui est attaqué par le gouvernement et les actionnaires. Mais les offensives en cours montrent que la résignation n'est pas la seule issue. Une riposte collective et par le bas est possible et s'organise déjà dans le monde médical, comme a pu le montrer la grève des laboratoires en mai ou bien encore la mobilisation des étudiant·es infirmier.ères contre la fermeture de leur école

Comme nous le confiait Bertille, la coalition apparaît comme une condition essentielle pour, à terme, « reprendre ces lieux de soin aux logiques capitalistes, qui traitent travailleurs et patients comme de simples ressources exploitables ». Les travailleurs de la santé, le mouvement ouvrier et la jeunesse doit défendre un système de santé sous le contrôle des personnels et des usagers eux-mêmes. Il faut défendre l'expropriation sans indemnités de toutes les cliniques et laboratoires privés pour en faire des lieux réellement au service de la population. C'est la seule manière pour garantir un véritable droit à la santé, gratuit et accessible à toutes et tous.

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