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Brest. Suppression de 15 postes à la clinique Keraudren : soutenez les soignant·es en grève !

Thu, 14 May 2026 14:52:13 CEST

Révolution Permanente

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Face au refus de la direction de la clinique, appartenant au groupe Elsan, de revenir sur sa décision de supprimer 15 postes, la détermination des grévistes mobilisés depuis le 19 mars est intacte : « Nous voulons pouvoir continuer à faire notre métier sans mettre en danger les personnes que nous soignons ».

Les salarié-e-s de la polyclinique privée Keraudren se relayent pour faire grève depuis le 19 mars contre la décision qu'a prise la direction de supprimer 15 postes. L' unité de surveillance continue (USC) et le service s'occupant principalement de cardiologie sont menacés de devoir fonctionner avec chacun 2 postes en moins. Mais c'est le service de maternité et d'obstétrique qui sera le plus impacté si le plan austéritaire de la direction s'applique puisqu'il prévoit la suppression de 9 postes et une désorganisation des équipes de travail, aux conséquences potentiellement très graves pour les parturientes et les nouveaux-nés.

« Si on se bat aujourd'hui c'est pour nous mais aussi pour les patients. Et je pense que c'est important que les gens se rendent compte que ça met aussi leurs vies en danger », déclarait Sophie, auxiliaire de puériculture, au micro de RP Brest, le jeudi 7 mai dernier au cinquantième jour de la mobilisation. Elle tenait à alerter sur la dangerosité de la diminution programmée des effectifs car « dès qu'il y a un grain de sable dans la machine, quand il y a une réa bébé ou une maman qui va pas bien en salle, ça demande énormément de personnel. Et là, on est déjà juste avec le personnel actuel. Ce qui fait qu'on va se retrouver dans des situations dangereuses, et pour les patients et pour nous-mêmes. (…) Et c'est surtout inquiétant pour les patients, ça met leur vie en danger, ça met notre métier en danger. »

Les grévistes se mobilisent, en effet, non seulement pour l'amélioration de leurs conditions de travail qui n'ont de cesse se détériorer, mais aussi et surtout pour préserver la qualité des soins prodigués à leurs patients. La financiarisation accélérée du secteur de la santé, qui s'appuie sur la casse du service public, implique la mise en place d'économies, dans une logique mortifère de rentabilité capitalistique. Le groupe Elsan, auquel appartient la clinique brestoise, possède 217 établissements de santé ou centres dédiés à la prise en charge des patients, s'enorgueillit d'avoir réalisé 3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires et n'hésite pas à prendre des décisions qui pourraient mettre en danger la santé et la vie des patients.

Voici la déclaration d'une des salariées de la clinique :

« Nous sommes en grève depuis le jeudi 19 mars car la direction de la clinique de Kéraudren, gérée par le groupe privé Elsan, prévoit la suppression de postes et propose aujourd'hui de changer des binômes. Les services concernés sont la maternité, la cardiologie et l'unité de surveillance continue. Il s'agit de postes d'aides-soignants, de sages-femmes, d'infirmiers et de puéricultrices. Aujourd'hui, nous nous mobilisons parce que ces décisions ont des conséquences directes.

Nous sommes là pour défendre quelque chose d'essentiel, la sécurité des patients et la qualité des soins. Dans nos services USC (unité de surveillance continue), maternité, cardiologie, nous faisons face chaque jour à des situations d'urgence qui peuvent survenir à tout moment. Un bébé qui arrive, un cœur qui lâche, un état qui se dégrade en quelques minutes.

Dans ces moments-là, ce qui fait la différence, ce sont des équipes qui se connaissent, qui partagent les mêmes repères et qui sont immédiatement opérationnelles. Aujourd'hui, ces équipes existent, elles fonctionnent, elles permettent une prise en charge rapide, sécurisée et humaine. Les fragiliser en supprimant des postes ou en changeant les binômes, c'est prendre un risque. Un risque pour les patients, un risque pour les nouveau-nés, un risque pour les soignants. Car en maternité, en USC, en cardiologie : il faut être prêt tout de suite.

La sécurité ne repose pas seulement sur des compétences individuelles, mais sur des équipes stables, coordonnées et expérimentées. Modifier cette organisation en supprimant des postes ou en changeant les binômes, c'est introduire une perte de repères, une augmentation de la charge mentale et un risque réel dans les moments critiques. Nous ne sommes pas là pour refuser d'avancer. Nous sommes là pour dire une chose simple : la sécurité ne doit jamais passer après les économies.

Nous voulons pouvoir continuer à faire notre métier correctement. Avec les moyens nécessaires, sans mettre en danger les personnes que nous soignons, ni nous-mêmes. Parce qu'on ne peut pas supprimer autant de postes, échanger des équipes expérimentées, sans prendre le risque de fragiliser la sécurité des soins. Autant de suppressions des postes, c'est forcément moins de sécurité. »

Les salarié-e-s de Keraudren en lutte ont pu compter sur le soutien de travailleurs d'autres services de la clinique non impactés mais également d'autres corps de métiers : de l'éducation nationale, des métaux, des Ehpad, de Brest Métropole. Cette solidarité ouvrière a raffermi la détermination des grévistes qui font face à l'intransigeance de la direction qui ne veut rien céder. De la même manière, les patients de la clinique ont montré leur solidarité envers les soignants en signant, en grand nombre, une pétition de soutien.

Les grévistes ont aussi tissé des liens avec des salarié-e-s d'autres cliniques du groupe Elsan, partageant les mêmes combats, que ce soit à Perpignan, à Besançon ou à Aurillac. La nationalisation, sans indemnité ni rachat, sous contrôle des travailleurs et usagers de toutes les structures privées du secteur médico-social est un objectif qui permettrait d'éviter que des financiers jouent avec la vie des patients et des soignants pour accroître leurs profits.

L'Union Syndicale Départementale de la Santé et de l'Action Sociale CGT a mis en place une caisse de grève pour soutenir les salarié-e-s en lutte et à laquelle nous appelons à contribuer :

CAISSE DE GRÈVE CLINIQUE KERAUDREN.

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