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Le chômage bat des records, après 10 ans de macronie et de cadeaux au patronat

Thu, 14 May 2026 21:42:48 CEST

Révolution Permanente

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Pour la première fois depuis cinq ans, le taux de chômage en France dépasse les 8%. Cette hausse continue vient couronner la « politique de l'offre » de Macron, faite de cadeaux aux grandes entreprises, dont les travailleurs paient le prix fort à travers l'inflation et la casse de l'emploi.

Un rapport de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), publié mercredi 13 mai, révèle que le taux de chômage a franchi la barre des 8%. En un an, il a augmenté de 0,7 points, s'établissant à 8,1% au premier semestre 2026. Un tel niveau, qui correspond à 2,6 millions de personnes au chômage, soit 68 000 de plus qu'au trimestre précédent, n'avait pas été atteint depuis 2021.

Toutes les tranches d'âge sont concernées : pour les 15-24 ans, le chômage augmente de deux points, et s'établit à 21,1%. Pour les 25-49 ans, de 0,4 points (7,3%), et de 0,4 points aussi pour les 50 ans et plus (5,2%). Alors qu'Emmanuel Macron avait fait du « plein emploi » [1] une question centrale de son premier quinquennat, ce chiffre vient ternir le bilan de la macronie sur une question qui venait justifier l'ensemble de sa « politique de l'offre ». Un ruissellement et des cadeaux aux riches qui finissent toujours par être payés par les travailleurs.

Et pour cause. Le quinquennat de Macron a été synonyme de cadeaux au patronat par milliards d'euros. Abandon de l'ISF (2018), impôt à taux fixe sur les revenus du capital (« flat tax » en 2018), baisses de cotisations, baisse de 10 milliards d'euros sur les impôts de production (2020), baisse de l'impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% (2022)... Les dispositifs défiscalisés d'incitation à la stagnation des salaires, comme la prime d'activité ou la prime Macron ont également largement contribué à assécher les caisses publiques, tandis que le million d'emplois créés par l'apprentissage constituent des emplois précaires payés directement par l'État.

Pour financer cette politique, la macronie a menée une succession d'offensives contre les travailleurs et les classes populaires, des budgets ultra-austéritaires à la casse des retraites, en passant par celle des services publics, au nom du « rééquilibre budgétaire ». Sa loi « plein emploi », remplaçant Pôle Emploi par France Travail et inscrivant tous les bénéficiaires du RSA et les jeunes à partir de 15 ans, a représenté une attaque d'ampleur contre les chômeurs. Il y a quelques jours encore, la loi contre les « fraudes sociales et fiscales » qui vise à durcir le flicage des plus précaires, a été définitivement adoptée au Parlement.

Mais c'est également la loi Travail XXL de Macron, dans la continuité des réformes engagées sous Hollande qui, en facilitant notamment les licenciements, ont encouragé le patronat à licencier massivement. Les fermetures d'usines, les plans sociaux et les suppressions de postes, à l'image de l'arrêt de la production de voitures à Stellantis Poissy, n'ont fait qu'attaquer le monde du travail, dégradant les conditions d'emploi des travailleurs et leurs salaires.

Le contexte de casse sociale, lié à la désindustrialisation du pays, a fait exploser le nombre de chômeurs. Alors que le chômage a reculé à plusieurs reprises pendant les quinquennats de Macron, ces baisses ont le plus souvent été relatives et surtout liées à la précarisation de l'emploi, quand elles n'étaient pas associées à des changements de calculs et à des radiations massives liées aux différentes réformes de l'assurance chômage.

Les macronistes se félicitaient d'avoir relancé l'activité, réindustrialisé le pays et fait baisser le chômage. Mais aujourd'hui, ils tentent tant bien que mal de masquer leurs responsabilités, car ces résultats catastrophiques pourraient couter cher à ses principaux instigateurs, Gabriel Attal et Édouard Philippe, à seulement un an des présidentielles. « La symbolique des 8 % est forte, et il reste encore un an », soupire, selon Les Echos, un proche du président de la République. « Elle pourrait devenir un boulet pour ceux issus de son socle qui voudront lui succéder » ajoute le journal.

Ces chiffres ne font que rappeler la profonde crise sociale qui frappe le pays, accélérée par la guerre en Ukraine et une inflation brutale qui a pesé sur les salaires. La guerre en Iran et la hausse des prix du carburant constituent un nouveau choc susceptible de durer, tandis que le ralentissement de l'économie aggrave la situation, avec des licenciements massifs. Alors que les multinationales comme TotalEnergies réalisent des profits records avec le gouvernement à son service, l'emploi dans le privé diminue avec, comme le note Les Echos, près 22 000 postes en moins dans les six premiers mois de l'année, en plus des 60 000 perdus en 2025.

Face à cette casse sociale, la CGT dénonce bien la hausse du chômage, mais elle formule cependant une stratégie impuissante pour y faire face, en continuant à parier sur le dialogue social. La main tendue de Sophie Binet au gouvernement dans l'offensive contre le 1er mai, a exprimé toute l'impasse de sa stratégie de conciliation. Sans parler de la CFDT, qui a participé aux dernières négociations sur l'assurance chômage qui ont débouché sur un accord avec le patronat pour réduire les droits des salariés dans le cas de ruptures conventionnelles.

Face au chômage qui se massifie, il faut défendre sans détour le maintien de l'emploi, chercher à imposer l'interdiction des licenciements, la transformation de tous les contrats précaires en CDI, et la nationalisation sans indemnités ni rachat des entreprises qui ferment ou licencient, ainsi que leur mise sous contrôle des travailleurs. Alors que certaines et certains s'épuisent au travail en ayant un emploi, tandis que d'autres vivent aujourd'hui dans une grande précarité sociale, il faut également exiger un partage du travail entre toutes et tous, non seulement à salaire égal, mais aussi en revendiquant des hausses de salaires pour l'ensemble des travailleurs. Imposer un tel programme implique la construction d'un mouvement d'ensemble, par en bas, à travers une mobilisation des travailleurs, coordonnée entre les différents secteurs touchés par le chômage et les coupes budgétaires, afin de stopper le carnage social.


[1] Un terme mal choisi pour dire 5% de chômage.

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