CHU de Bordeaux : la CGT lance une pétition contre la suppression de 40 postes à la blanchisserie
Wed, 13 May 2026 16:26:38 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que la direction du CHU de Bordeaux prévoit de supprimer plus de 40 postes à la blanchisserie sous couvert de modernisation, la CGT lance une pétition pour exiger le maintien de tous les emplois et la réduction du temps de travail sans perte de salaire.

La CGT blanchisserie du CHU de Bordeaux a publié le mercredi 30 avril une pétition pour exiger le maintien de l'ensemble des emplois et des acquis sociaux dans le cadre de la construction d'une nouvelle blanchisserie inter-hospitalière sur le site de Haut-Lévêque. Car derrière le discours de « modernisation », c'est une offensive majeure contre les effectifs qui se prépare : l'effectif de la nouvelle blanchisserie pourrait passer de 113 équivalents temps plein à 72, soit la suppression de plus de 40 postes.
Si les agent·es ont arraché le 20 avril un premier recul de la direction, qui a confirmé que le CHU resterait leur employeur et que leur statut de buandier serait maintenu, celle-ci refuse de dire ce que deviendront les 40 postes menacés. De plus, le local syndical n'apparaît toujours pas sur les plans de la nouvelle structure, signe de sa volonté d'en finir avec la combativité des agent·es.
La direction prévoit d'augmenter massivement la production : de 13 tonnes de linge traité par jour aujourd'hui, la nouvelle blanchisserie devra en traiter 18 dès 2027, pour atteindre 30 tonnes en 2031. Cette accélération des cadences va aller de pair avec une aggravation des conditions de travail dans un métier déjà particulièrement pénible, que les agent·es refusent ouvertement : la modernisation doit servir à réduire la charge de travail et la pénibilité, pas à intensifier l'exploitation, et la réduction du temps de travail sans perte de salaire doit permettre de sauvegarder chaque poste.
Cette attaque ne surgit pas de nulle part. Elle s'inscrit dans le cadre du plan de retour à l'équilibre du CHU de Bordeaux, placé sous tutelle de l'ARS pour résorber un déficit de 30 millions d'euros, impliquant gel des salaires, suppression des heures supplémentaires, austérité généralisée. Une politique locale qui n'est elle-même que le reflet d'une austérité imposée depuis des années aux hôpitaux publics, pendant que les gouvernements successifs augmentent le budget militaire : Lecornu n'a fait que l'approfondir avec 3,6 milliards de coupes dans la santé dans le budget 2026.
Alors que le gouvernement impose la même austérité à l'ensemble des services publics, les buandier·es appellent leurs collègues du CHU, les organisations syndicales et les usagers à se mobiliser à leurs côtés. Pour imposer le maintien des 40 postes, la réduction du temps de travail sans perte de salaire et des moyens massifs pour l'hôpital public, c'est un rapport de force qui doit se construire par en bas entre les différents services. La pétition lancée par la CGT est un outil pour élargir cette mobilisation au-delà de l'hôpital, vers les autres secteurs des services publics qui mènent les mêmes combats, comme à l'université Bordeaux Montaigne où 600 personnes se sont réunies en assemblée générale contre la suppression de 30 postes, dans l'éducation nationale, ou au lycée Mauriac bloqué la semaine dernière malgré la répression policière. C'est en construisant cette mobilisation commune que les travailleur·euses pourront imposer ce que la direction du CHU et le gouvernement refusent aujourd'hui : pas un poste supprimé, des moyens massifs pour l'hôpital public !
Soutenez les buandier·es du CHU de Bordeaux : signez et faites signer la pétition !
Crédits image : Révolution Permanente.