Lyon 2. Le département d'études du monde anglophone dénonce la loi raciste Bienvenue en France 2
Wed, 13 May 2026 20:23:57 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalNous publions la motion signée par 41 étudiant·es et 14 professeur·es du département d'études du monde anglophone de l'Université Lyon 2. Ils réclament d'exonérer les étudiant·es en année de césure de leurs frais d'inscription, de résister à la politique discriminatoire des frais différenciés et de tout mettre en œuvre pour que ceux-ci ne soient pas étendus à toujours plus d'étudiant·es.

Nous relayons ici la motion signée par plus de 50 enseignant·es et étudiant·es du DEMA (département d'études du monde anglophone), adressée à la présidence et à la doyenne de la Faculté des Langues de l'Université Lyon 2. A la rentrée 2025 , l'Université lyonnaise a décidé d'appliquer la loi Bienvenue en France imposant aux étudiant·es étranger·es des frais d'inscriptions différenciées à hauteur de 2895 euros par année de licence et 3941 euros par année de master. Auparavant les universités qui appliquaient Bienvenue en France pouvaient exonérer jusqu'à 90% des étudiant·es concerné·es. Désormais dès septembre 2026 le ministre de l'ESR compte généraliser les frais d'inscription étudiants en demandant aux universités un maximum de 10 % d'exonérations.
Face à cette nouvelle attaque contre les plus précaires, les étudiant·es (parmi lesquels figurait un de nos militants) et professeur·es du DEMA se sont réuni·es en AG le 29 avril dernier pour rédiger ensemble cette motion. Dans cette même AG, la motion est aussi une réponse au témoignage poignant d'une étudiante qui subit Bienvenue en France qui souhaitait faire une année de césure pour financer les frais d'inscriptions et qui a réalisé que même une année de césure était payante. Cette motion qui réclame l'exonération des frais d'inscriptions des étudiant·es en année de césure se veut porteuse d'un mot d'ordre plus large, combattre les frais différenciés en encourageant les autres UFR à se mobiliser. La motion rappelle le contexte global de l'enseignement supérieur dans lequel en plus de l'application de lois racistes, la militarisation se poursuit, mais aussi la professionnalisation des formations qui bénéficient au patronat. Contre Bienvenue en France et les coupures budgétaires à l'Université, il faut amplifier le mouvement à l'échelle nationale et répéter ce type d'initiative pour réclamer la suppression totale de Bienvenue en France.
La motion :
Nous, étudiant·es et personnels du département d'études anglophones, sommes inquiets des politiques austéritaires qui mettent en danger l'enseignement de certaines langues comme le portugais, l'allemand et l'italien et diminuent les volumes de cours d'enseignement, y compris en langue transversale. Plus généralement, nous sommes critiques de l'injonction à la professionnalisation des formations et d'initiatives telles que le projet Orion qui met en place des collaborations entre l'armée et les universités. Enfin, nous dénonçons la politique discriminatoire de l'État français visant à faire payer des frais de scolarité différenciés aux étudiant·es de notre université en fonction de leur nationalité.
Nous rappelons que la gratuité de l'enseignement de la maternelle à l'université est un principe constitutionnel français inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946.
Nous considérons comme illégitime la décision du conseil constitutionnel de 2019 selon laquelle des droits d'inscription modiques sont compatibles avec ce principe de gratuité.
Nous remarquons que même cette décision illégitime du conseil constitutionnel définit les droits d'inscription “modiques” comme devant tenir compte des capacités financières des étudiants.
Aujourd'hui le ministre de l'ESR travaille à généraliser les frais d'inscription étudiants en demandant aux universités un maximum de 10 % d'exonérations de frais. A Lyon 2, selon les frais en vigueur, 90 % des étudiant·es internationaux devraient désormais payer 2895 euros par année de licence et 3941 euros par année de master, les années de césure étant également payantes, ce qui met en péril leur poursuite d'études.
Or les étudiant·es soumis aujourd'hui à ces frais à Lyon 2 et pour ce qui nous concerne, au département d'études du monde anglophone, sont menacés de désinscription faute de pouvoir payer ces frais. Ces frais dégradent les conditions d'études et créent une situation inégalitaire et déontologiquement difficile pour les enseignant·es.
Nous appelons les autres UFR, personnels et étudiant·es, à exprimer leur solidarité avec les étudiant·es soumis aux frais différenciés en organisant des assemblées générales d'UFR et en refusant cette politique discriminatoire par tous les moyens à leur disposition.
Nous refusons de fermer les yeux sur cette inégalité de traitement envers les étudiant·es et demandons à la doyenne de la faculté des langues et à la Présidence de l'Université :
1. d'exonérer les étudiant·es en année de césure de leurs frais d'inscription
2. de résister à la politique discriminatoire des frais d'inscription différenciés
3. de tout mettre en œuvre pour que les frais d'inscriptions ne soient pas étendus à toujours plus d' étudiant·es.
Signataires :
Etudiant-es du département des études anglophones :
Maya Gaude, Julianne Moity, Océane Soldi, Lola Sarrio-Bénard, Guillaume Bergère, Robin Morgane, Samuel Bard, Wanda Brunel, Nadia Najib, Chloé Pénacq, Chloé Diénis, Orion Brochier, Aglaé Alex, Thomas Hutin, Célia Ghezzal, Lisa-Jane West, Anaïs Cera, Sarah-Rose Darche, Sarah Bernardi, Chaïma Zaghoud, Amadou Tidiane Diallo, Lou Pasquet, Sarah Klilou, Imène Smata, Noa Delanoue, Elif Aydim, Emma Trincasimoes Cristovaocarvalho, Achille Gast, Lina Houaoui, Jade Kadinda, Melissa Dubois, Florencia Bassa SImon, Yasmine Redouani, Ambre Roy, Maxime Minassian, Mohammed-Reis Remadna, Madeline Bordais, Amélie-Marie Chinoune, Sarah Demarche, Elisa Man Sen Tang Ki Allam, Maëlle Barnerias
Enseignant-es :
Marion Douzou, Marie Plassart, Didier Girard, Jeanne Schaaf, Jérémy Potier, Baudouin Millet, Adeline Vasquez-Parra, Jean-Charles Perquin, Cyril Merle, Marie Rabecq, Pascal Bataillard,Olivier Richomme, Véronique Lacoste. Samuel Baudry.