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Embrigadement de la jeunesse : en Alsace, un lycée propose une option drones au bac

Tue, 12 May 2026 22:24:32 CEST

Révolution Permanente

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Un lycée de Haute-Alsace propose depuis cette année à ses élèves un bac professionnel option “dronautique”. Une nouvelle illustration de l'embrigadement de la jeunesse et du renforcement des liens entre l'école et l'armée.

Dans la ville de Sainte-Marie-Aux-Mines, en Haute-Alsace, les élèves du lycée Louise Weiss peuvent maintenant suivre un bac professionnel avec option drones. Cette formation, inédite en France, est proposée comme spécialité du cursus Ciel (pour Cybersécurité, Informatique et réseaux, Electronique), et promet d'apprendre aux lycéens à « concevoir ces engins dans leur intégralité ». De quoi ravir l'Armée de l'air et de l'espace, en recherche de main d'œuvre qualifiée dans ce domaine « en plein essor ». Le lycée a d'ailleurs signé un partenariat avec elle, et ses instructeurs dispensent même certains cours.

Cette filière « innovante » a provoqué un « regain d'intérêt » pour ce domaine, se réjouit François Ginoux, le proviseur. Celui-ci se félicite même de devoir « refuser » dorénavant des élèves à l'inscription. Si le projet s'affiche comme un pari sur une technologie de plus en plus utilisée par différents secteurs (l'armée, mais aussi les secteurs « industriel » ou « agricole »), l'intérêt porté à cette formation vient avant tout de l'usage militaire des drones. Le commandant du Centre régional de recrutement de l'Armée de l'air Pascal Fischer explique ainsi que l'armée a « besoin de drones pour assurer la surveillance et la sécurité de [ses] sites ». Bien qu'il présente l'utilisation de ces robots comme purement défensive, le recruteur ne se cache pas de chercher des jeunes qui les « connaissent bien » afin de « mettre en place des contre-mesures s'il y avait des drones avec des visées hostiles ». Autrement dit, un développement orienté de la technologie pour la rendre apte à l'affrontement.

Derrière la rhétorique de la « défense », l'État français cherche à rattraper un retard matériel mis en évidence par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient (une des clés de la résistance iranienne aux engins états-uniens sophistiqués, mais coûteux, étant ses nombreux drones bon marché). Ainsi, si l'armée dit aujourd'hui posséder quelque 3000 drones, elle prévoit de quintupler ce chiffre d'ici la fin 2026, et de nombreuses start-up se pressent pour avoir leur place dans la production.
Le mythe d'une industrie prétendument défensive occulte également les exportations de pièces effectuées par des entreprises françaises comme Sermat vers les usines israéliennes, qui ont permis à l'État génocidaire de produire des drones lui servant directement à frapper la Palestine depuis octobre 2023.

Par cette nouvelle filière, il s'agit de rendre attractif le secteur de l'armement auprès d'une jeunesse précaire, en le présentant comme un débouché professionnel stable et accessible. Un lycéen dit ainsi que la formation représente pour lui « un atout que les autres n'auront pas forcément ». L'objectif étant d'assurer à la France une main d'œuvre peu coûteuse, formée et professionnalisée le plus tôt possible. L'Éducation Nationale est ainsi une cible privilégiée de l'armée en ce sens, et des formations comme celle du lycée Louise Weiss seront amenées à se multiplier rapidement, comme l'appelle de ses vœux François Ginoux, qui jugerait « intéressant que l'Éducation Nationale reprenne cette expérience pour l'étendre à plusieurs lycées en France ».

Alors que les puissances impérialistes européennes accélèrent leur réarmement et cherchent à préparer les esprits à la guerre, et en premier lieu ceux de la jeunesse, il y a urgence à s'organiser contre la militarisation. La Schulstreik (littéralement Grève de l'école) du vendredi 8 mai, où 45 000 jeunes Allemands étaient mobilisés contre le retour du service militaire, ou les mobilisations lycéennes à Marseille depuis le 5 mars montrent la voie à suivre. En ce sens, les différentes Rencontres anti-impérialistes organisées par le Poing Levé à Marseille le 16 mai, Toulouse et Bordeaux le 23 mai, et Paris le 30 mai, vont être des événements cruciaux pour organiser la riposte depuis la jeunesse, et refuser fermement l'avenir de crises et de guerres que nous préparent les classes dominantes !

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