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RATP : face au licenciement scandaleux d'un travailleur handicapé, soyons nombreux à ses côtés ce 13 mai !

Tue, 12 May 2026 10:40:48 CEST

Révolution Permanente

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La RATP s'apprête à licencier Tahiana, machiniste-receveur de 53 ans, en invoquant une « impossibilité de reclassement ». Une nouvelle offensive contre les travailleurs handicapés face à laquelle il faut être nombreux au rassemblement de soutien ce mercredi 13 mai.

A la RATP, les licenciements s'enchainent et se multiplient. Cette fois, le motif invoqué est une « impossibilité de reclassement ». Une justification que les sections syndicales CGT et FO du dépôt de bus de Montrouge-Corentin qualifient de « prétexte » et qui révèle une illustre une pratique courante : contourner les obligations légales en matière de reclassement des travailleurs dit inaptes, pour mieux licencier les travailleurs handicapés.

La méthode est bien rodée. Bien que la médecine du travail a identifié plusieurs emplois possibles de reclassement, l'entreprise présidé par Xavier Piechaczyk n'a engagé aucune démarche sérieuse pour reclasser Tahiana. Pourtant, Tahiana a déjà occupé un poste compatible à Montparnasse pendant sa période d'inaptitude. Aucune de ces possibilités n'a été explorée par l'entreprise.

Tahiana : « Tout ce que je demande, c'est d'être reclassé. Je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas possible alors qu'il y avait des solutions de reclassement. La RATP, ça reste une grande entreprise avec plusieurs métiers. »

Une pratique systémique de contournement de la loi pour mieux licencier

Ce licenciement n'est pas un cas isolé. Les syndicats dénoncent une pratique régulière de la RATP qui contourne la loi sur le reclassement en prétendant avoir fait une recherche infructueuse, pour mieux licencier. Les méthodes employées sont toujours les mêmes : citation de postes dans des secteurs dont le recruteur aurait « refusé le CV du salarié inapte », ou encore organisation de tests de recrutement où le salarié obtient une « note éliminatoire ».

À cette pratique déjà révoltante, la RATP ajoute une obstruction administrative en invoquant la « période rouge de pré-filialisation » – qui court du 1er mai au 1er novembre, date du passage à la filiale RATP CAP RIVE GAUCHE – pour suspendre ses obligations de recherche de reclassement. Une illégalité manifeste sur laquelle l'inspection du travail a été saisie.

Ces méthodes ne sont pas nouvelles et visent à licencier en masse les travailleurs les plus fragiles pour faire baisser la masse salariale. Avec Révolution Permanente nous avions réalisé un reportage où nous dénoncions déjà ces pratiques intitulé « La peur doit changer de camp ».

La procédure de licenciement envers Tahiana illustre une tendance plus large dans les entreprises publiques et privées : le non-respect systématique des obligations de reclassement des travailleurs inaptes ou handicapés. Sous couvert d'« impossibilité », les patrons licencient sans vergogne, comptant entre autres sur l'isolement des salariés, la lenteur et le coût des procédures prud'homales.

Dans le contexte d'ouverture à la concurrence où plusieurs centre bus RATP ont déjà été transférés vers des filiales du groupe RATP, Transdev, Keolis ou encore ATM, les salariés vont devoir s'organiser car il est évident que pour maintenir leurs profits, ces entreprises vont inévitablement s'attaquer aux salaires et conditions de travail des machinistes.

Face à ce nouveau licenciement, les travailleurs du dépôt de bus de Montrouge ont massivement signé une pétition de soutien à Tahiana. Un rassemblement est prévu mercredi 13 mai au dépôt de Montrouge, à partir de 5h30, avec des prises de parole à 10h, organisé par les sections syndicales CGT et FO du centre bus.

Tahiana « J'ai trois enfants, aujourd'hui on refuse de me reclasser et je ne peux plus conduire à cause de ma maladie professionnelle. Je me pose des questions sur mon avenir professionnelle étant donné que le transport de voyageur représente une partie importante dans ma carrière et que je ne peux plus le faire »

Les syndicats exigent le reclassement immédiat de M. Ramarielina et dénoncent ces « méthodes inhumaines qui piétinent les travailleurs malades, handicapés, au nom d'objectifs financiers, en se moquant des lois ».
« J'espère qu'une solution sera trouvé et je remercie les collègues qui me soutiennent dans cette épreuve »
Pour soutenir Tahiana :

  • Signer la pétition : https://www.mypetition.org/petition/social/licenciement-tahiana-ramarielina-qu-faut-reclasser/280041
  • Participer au rassemblement mercredi 13 mai, 5h30, dépôt de Montrouge-Corentin, prise de parole à partir de 10h
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