Paris : Le Muséum d'Histoire naturelle en grève contre des salaires de misère
Mon, 11 May 2026 20:25:34 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi, la grève menée depuis janvier par les bibliothécaires du Muséum s'est élargie aux différents corps de métiers du site. Face à l'absence de réaction du ministère, le mouvement va se poursuivre.

Le 5 mai, des dizaines de grévistes du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, accompagnés de soutiens divers, ont manifesté du piquet de grève, dans le Jardin des Plantes, jusqu'au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche où ils se sont rassemblés en vue d'une rencontre avec le Ministère, dans le cadre de leur mobilisation pour les salaires qu'ils poursuivent depuis plus de trois mois. Lors des discussions, les représentants du ministère ont botté en touche en déférant la responsabilité à Matignon, sans répondre aux revendications des grévistes. Dans ce contexte, la grève se poursuit.
Le mouvement dure depuis le samedi 31 janvier après un vote en assemblée générale. Les bibliothécaires du muséum se sont mis en grève pour protester contre un écart de 20% entre leurs primes et celles des agents d'autres sites qu'ils ont constaté sur leurs fiches de paie. Ces primes sont censées compenser la stagnation du reste des salaires, largement dépassés par l'inflation du fait du gel du point d'indice. Depuis, la grève a été reconduite chaque samedi afin de paralyser la bibliothèque centrale du muséum à un moment critique d'accueil du public.
Mais ce mardi, la grève s'est élargie à d'autres services du Muséum (techniciens, conservateurs, chercheurs, jardiniers, secrétaires…), forcés de faire le même constat que les bibliothécaires sur leur rémunération, dans certains cas proche du SMIC, et convaincus que seul le nombre leur permettrait d'être entendus de la direction : « on s'est rendus compte qu'on était tous dans le même bateau » nous explique un technicien gréviste. À mesure qu'elle grandissait, la mobilisation a suscité la solidarité des collègues chercheurs des travailleurs du musée ainsi que celle des étudiants qui subissent de plein fouet la précarité du monde de la recherche.
Les grévistes exigent la revalorisation de leurs primes ainsi qu'une transparence sur la répartition des enveloppes budgétaires dans l'ensemble du muséum, afin d'éviter que certains cadres du site ne s'octroient des primes « indécentes » comme cela serait déjà arrivé selon des grévistes. La direction a beau mettre en avant le prestige du site pour que les personnels venus d'autres établissements acceptent ces salaires de misère, le mouvement ne faiblit pas.
Alors que l'austérité, destinée à financer la militarisation, dévaste les services publics et impacte les travailleurs précaires, également confronté à l'inflation en hausse depuis le début de la guerre impérialiste contre l'Iran, il y a urgence à se battre pour la hausse des salaires, leur indexation au niveau de l'inflation dans tous les secteurs du monde du travail. Face à l'austérité mise en place dans les services publics au profit de la militarisation, il est important de soutenir les mobilisations pour les salaires et les conditions de travail des personnels des musées, bibliothèques et lieux culturels comme celles des agents du Louvre ou encore celles des bibliothèques de Toulouse. Pour soutenir leur lutte, donnez à la caisse de grève des agents du Muséum !