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Croix Saint-Simon : contre sa fermeture, de nombreux soignants et étudiants rassemblés à Paris

Mon, 11 May 2026 21:51:59 CEST

Révolution Permanente

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Mercredi 6 mai, travailleurs d'hôpitaux, de crèches, étudiants et usagers se sont réunis devant le ministère de la Santé pour s'opposer à la fermeture de la Croix Saint-Simon. Celle-ci menace des milliers d'emplois, et la fermeture de formations et d'établissements de soin.

Mercredi 6 mai, 250 personnes se sont rassemblées devant le ministère de la Santé pour défendre les employés, les étudiants et les usagers menacés par la fermeture de la fondation de la Croix Saint-Simon. Ce rassemblement, appelé par plusieurs organisations syndicales, intervenait alors que des membres du Comité social et économique (CSE) rencontraient des membres du ministère de la Santé.

Au total, des délégations de travailleuses de crèches, des travailleuses de l'hôpital mère-enfant de l'Est parisien, ainsi que plusieurs dizaines d'étudiant·es de l'IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) de la Croix Saint-Simon étaient présent·es, donnant aussi un aperçu de la quantité des secteurs qui seraient touchés par une éventuelle fermeture.

En effet, la fondation de la Croix Saint-Simon est une association qui emploie plus de 1 800 travailleurs, forme plus de 850 étudiants par an, prend en charge près de 100 000 usagers dont des familles, des nouveaux-nés, et personnes âgées. Alors que cette structure privée à but non-lucratif dispose de plus de 100 millions d'euros de patrimoine immobilier en région parisienne, elle accumule actuellement plus de 50 millions d'euros de dettes, dont l'origine reste encore floue.

Le rassemblement a débuté par l'arrivée d'une délégation d'étudiant·es d'un IFSI rattaché à la Croix Saint-Simon, qui ont chanté « Étudiantes en colère, on ne va pas se laisser faire ! », et ont été applaudies et accueillies chaleureusement par les personnes présentes.

L'une de ces étudiant·es, Philomène, a pris la parole pour dénoncer la gravité de ce que représenterait cette potentielle fermeture : « On parle de liquidation judiciaire de la Croix Saint-Simon, mais derrière ça, ce sont des vies d'étudiants, de travailleurs, de patients. Défendre notre école, c'est défendre l'hôpital et l'accès aux soins pour toutes et tous ».

Les interventions ont dénoncé les conditions opaques dans lesquelles se fait la fermeture de la fondation. En effet, les représentants de la CGT pointent des « irrégularités comptables importantes » dans les comptes. Une enquête réalisée par Libération révèle que la fondation aurait facturé des actes non réalisés et aurait eu recours à des employés fictifs, au frais de l'argent public. Tout cela en tentant de dissimuler ces pratiques à coup de copinages et d'augmentations salariales des cadres impliqués ou encore de pratiques managériales toxiques.

La direction de la fondation s'est dès-lors enrichie sur le dos des travailleurs qui voyaient leurs conditions de travail se dégrader de mois en mois, jusqu'à que la fondation soit placée en redressement judiciaire. La direction a finalement annoncé la cessation des activités de l'association dans les mois qui viennent, une attaque directe à l'encontre des travailleurs, étudiants et usagers de la fondation.

La rencontre entre les membres du CSE et le ministère s'est soldée par un échec, comme l'a expliqué une travailleuse : « Ils disent qu'ils nous écoutent, qu'ils nous comprennent, mais on sait tous qu'ils ne vont rien faire contre le privé ». Alors que le gouvernement s'est lancé dans un véritable plan de bataille austéritaire à l'encontre du secteur de l'éducation et de la santé, la solution n'est pas à aller chercher de leur côté.

Alors que le financement de la fondation dépend principalement de dotations issues du budget de la santé et de la ville de Paris, les coupes sur le budget 2026 s'élèvent à 7 milliards d'euros pour la santé et à 4,6 milliards pour les collectivités territoriales. Face à ce constat, tout repreneur sera davantage dépendant du mécénat des riches et soumettra irrémédiablement les travailleurs aux mêmes injonctions de rentabilité.

Ainsi, face au rouleau compresseur austéritaire du gouvernement, et de la même manière que c'est sur les travailleurs et usagers que repose les établissements de la Croix-Saint-Simon, c'est par leur mobilisation que l'on peut espérer une reprise par l'État de tous ses établissements, accompagnée d'investissements massifs. Alors que de nombreux secteurs et corps de métiers de la fondation étaient présents, c'est un pas encourageant dans la mobilisation, qu'il faut à tout prix chercher à amplifier, auprès des personnels et usagers !

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