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Répression : la SNCF licencie un cheminot pour un fumigène, à la demande du ministère de l'Intérieur

Fri, 08 May 2026 15:33:04 CEST

Révolution Permanente

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Mercredi 6 mai se tenait un rassemblement devant le centre de triage de Woippy, en soutien à Ludo, syndicaliste chez Sud Rail, licencié à la demande du ministère de l'intérieur. Plus d'une centaine de personnes, dont des délégations de cheminots venus de Strasbourg, Mulhouse, Nancy et Paris se sont réunies pour dénoncer son licenciement.

Mercredi 6 mai s'est tenu un rassemblement pour Ludo, cheminot, militant et syndicaliste Sud-Rail, suite à la procédure de licenciement entamée à son encontre, sur pression de la police et du ministère de l'Intérieur.

Licencié pour un fumigène

120 personnes étaient présentes, dont de larges délégations de cheminots venus de Mulhouse, Nancy, Paris-Nord, et de nombreux syndicalistes de la région, notamment de la CGT. Quelques cheminots ont également débrayé en soutien le matin.

Toutes ces personnes étaient présentes pour dénoncer le licenciement de Ludo, demandé par la police. Photographié lors de manifestations avec des fumigènes, il a fait l'objet d'une perquisition à son domicile, le 30 juillet 2025, à six heures du matin. Le 11 février 2026, il comparaissait devant la procureure pour « détention, utilisation et recel d'engins explosifs », et a été condamné à 5 ans de sursis et 200 euros d'amende, sans inscription au casier judiciaire.

La police ordonne, la SNCF exécute

En parallèle de cette procédure pénale, le ministère de l'intérieur s'est saisi de cette affaire. Dès novembre 2025, une enquête administrative a été ordonnée par la police et a interdit à Ludo de se rendre à son poste de travail à titre conservatoire. L'enquête de police a retracé point par point les activités politiques de Ludo, ses engagements syndicaux, y compris ses mandats et ses prises de position avant de suggérer à l'entreprise une « suspension de poste », d'après Sud Rail.

Alors que Ludo a entamé une procédure en appel contre les conclusions de cette enquête, la SNCF a décidé de donner suite à la demande du ministère de l'Intérieur, avant d'envoyer, le 10 avril, une lettre de licenciement. Pour le syndicaliste, la nature de la décision est claire : « Mon militantisme syndical et politique serait incompatible avec mon travail ».

Ce qui se passe avec Ludo est d'une gravité rare et marque un saut répressif assumé. Si ce licenciement est validé, un rapport de police suffirait désormais à faire licencier un militant.

Au rassemblement, Ludo dénonçait également le sous-effectif important sur l'aiguillage mais aussi des conditions de travail de plus en plus dures, tout en mettant en avant l'absurdité de son licenciement, alors qu'aucun reproche ne lui avait été fait sur la qualité de son travail.

En outre, de nombreux cheminots présents en soutien dénonçaient le licenciement brutal d'un syndicaliste qui intervient dans un contexte de dégradation des conditions de travail à la SNCF, liée à la privatisation. Ce saut autoritaire n'est pas délié de la casse sociale en cours à la SNCF qui brise des vies ouvrières : c'est plus de 13 suicides de cheminots qui ont été signalés depuis le début de l'année 2026. Le cas de répression que subit Ludo n'est d'ailleurs pas isolé de la situation globale à la SNCF.

Au-delà du rail, de nombreux syndicalistes doivent affronter la répression. En Moselle, c'est aussi le cas d'Alexandre de Solidaires informatiques, attaqué pour son soutien à la Palestine, ou des trois syndicalistes dont Christian Porta qui passent en procès, le 19 mai, à Metz pour avoir défendu le droit à l'IVG. Face à ce durcissement autoritaire et à ces attaques contre les syndicalistes, il faut faire front !

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