Chantage : Total menace d'augmenter le prix de son carburant en cas de nouveaux impôts
Thu, 07 May 2026 16:37:26 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDepuis plusieurs jours, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, multiplie les déclarations menaçant d'augmenter les prix du carburant si le gouvernement venait à accroître la taxation des surperprofits des grandes entreprises pétrolières. Un chantage aussi cynique qu'indécent.

Ce lundi 4 mai, alors que des millions de personnes subissent déjà l'inflation, les loyers exorbitants et la hausse continue du coût de la vie, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné a osé se présenter comme une « victime » de la fiscalité. En réaction à la publication des bénéfices gigantesques enregistrés par la multinationale pétrolière au premier trimestre 2026 – près de 5 milliards d'euros –, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait timidement invité Total à « poser la question de la redistribution » en cas de « résultats exceptionnels », avant de rétropédaler dès le lendemain à l'Assemblée nationale en dénonçant le prétendu « TotalEnergies bashing ».
Mais pour couper court à un retour du débat sur la taxation des superprofits, Pouyanné a immédiatement sorti l'arme du chantage. Dans un entretien accordé à Sud Ouest, il menace : « en cas de surtaxe, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement des prix ». Une référence au choix de l'entreprise de plafonner temporairement les prix des carburants pendant les week-ends de ponts du mois de mai. Des décisions « fortes, généreuses, solidaires » selon Pouyanné, mais qui cachent mal une mesure commerciale et loin d'entamer les profits faramineux du groupe, avec une essence plafonnée à 1,99 euro et un diesel à 2,09 euros, soit très au-dessus des chiffres d'avant 2020.
De la poudre aux yeux accompagnée de l'arrogance habituelle du PDG. « TotalEnergies ne va pas non plus s'excuser de performer », a-t-il lancé sans détour, avant de se présenter comme un bienfaiteur de la nation : si la multinationale « n'appartient pas au pays », son entreprise se veut généreuse, à condition que l'État ne touche pas à ses profits. Autrement dit : soit l'État laisse Total se gaver, soit les travailleurs et les classes populaires paieront davantage à la pompe.
Cette séquence rappelle une réalité fondamentale : l'énergie est laissée entre les mains d'une poignée de multinationales capables de faire pression sur toute la société pour défendre leurs intérêts. Tant que des groupes profondément liés à l'impérialisme français comme Total contrôleront la production et la distribution de l'énergie, les travailleurs resteront les otages des marchés et des exigences des actionnaires.
Alors que les classes dominantes cherchent à nous faire payer la crise, il y a urgence à faire payer les grandes entreprises et en premier lieu les profiteurs de guerres qui veulent une nouvelle fois casser nos salaires et nos conditions de travail. Face à une inflation qui s'installe et se diffuse, les grèves des raffineurs et des travailleurs de Total montrent la voie à suivre. Le seul moyen de faire payer Total est de construire un rapport de force par en bas. C'est une condition pour imposer même des mesures d'urgence comme le blocage ou le plafonnement des prix. Mais il ne suffit pas de réclamer quelques taxes supplémentaires ou une meilleure régulation, il faut arracher le secteur énergétique aux capitalistes. Total doit être exproprié, sans indemnité ni rachat pour les grands actionnaires, et placé sous le contrôle des travailleurs et de la population.
C'est la seule manière de planifier démocratiquement la production énergétique en fonction des besoins sociaux et écologiques, et non des profits d'une minorité de milliardaires !