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Met Gala de Jeff Bezos : derrière les paillettes, la complicité avec le génocide et ICE

Wed, 06 May 2026 21:12:01 CEST

Révolution Permanente

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Cette année, le Met Gala, soirée de levée de fonds qui réunit des invités triés sur le volet, était parrainé par le multimilliardaire Jeff Bezos. Un choix qui a suscité de nombreuses actions de protestation, notamment de la part des travailleurs d'Amazon, et qui a conduit à l'arrestation de Chris Smalls, fondateur de l'Amazon Labor Union et militant pour la cause palestinienne.

Mardi 4 mai avait lieu le Met Gala, à l'origine une soirée annuelle de levée de fonds pour le « Anna Wintour Costume Center », une aile du Met (Metropolitan Museum of Art). C'est aujourd'hui un événement très suivi où les plus grands noms de la haute couture et du luxe, mais aussi des célébrités du monde entier – de Bad Bunny à Rihanna en passant par Kim Kardashian – viennent dîner et défiler sur le tapis rouge avec des tenues basées sur un thème imposé.

Comme chaque année, l'organisation de l'événement choisit un président d'honneur, souvent le plus gros donateur de la soirée. Cette année, c'est Jeff Bezos qui a voulu s'acheter une image. Le PDG d'Amazon est l'heureux propriétaire d'un patrimoine d'une valeur de plus de 250 milliards de dollars, accumulés grâce au travail acharné de ses quelques 1 576 000 employés répartis dans le monde entier.

Exploitation de millions de travailleurs dans des conditions extrêmement difficiles, répression systématique des syndicats, retrait d'avantages sociaux chez Amazon US, soutien à l'ICE via la mise à disposition d'infrastructures de stockage et d'analyse de données... la troisième fortune mondiale ne cache plus ses convictions et profite du mandat de Trump pour pousser ses intérêts, à l'image d'autres géants de la tech comme Musk et Zuckerberg.

En réponse au choix d'Anna Wintour, organisatrice de l'événement et rédactrice en chef de Vogue, les travailleurs d'Amazon et de nombreuses personnes se sont mobilisés dans la rue avec de nombreux rassemblements à New York. De nombreux visuels sont apparus dans les rues de Manhattan : « Boycott the Bezos Met Gala » (Boycottez le Met gala de Jeff Bezos), « Amazon powers ICE » (Amazon finance ICE), accompagné d'une illustration de Jeff Bezos avec une tenue de la police de l'immigration étasunienne, ou encore une image avec une bouteille d'urine sur un tapis rouge, référence à l'aveu contraint de l'entreprise selon lequel certains chauffeurs n'avaient même pas accès à des toilettes. Ils ont aussi mené des actions symboliques, comme une campagne d'affichage organisée avec le groupe britannique « Everyone Hates Elon » ou encore un « contre-Met Gala » sous la forme d'un défilé de mode mettant en valeur les travailleurs et travailleuses d'Amazon qui, même exploité·e·s jusqu'à l'épuisement, continuent de se battre.

Mais l'action la plus marquante reste celle de Chris Smalls, président et fondateur de l'ALU (Amazon Labor Union) et militant pour la cause palestinienne. Dans un discours projeté sur les façades des immeubles de la ville, il a fustigé l'entreprise du multimilliardaire : « Amazon a investi 7,2 milliards de dollars dans le projet Nimbus, un projet qui finance et alimente les technologies utilisées pour surveiller et cibler des Palestiniens innocents ». Il poursuit : « Maintenant, tu [Jeff Bezos] as le Met Gala, tu es entouré de ces élites, de ces milliardaires, alors que tu as la pauvreté juste devant chez toi ».

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Il a ensuite été interpellé par le NYPD (police de New York) après être venu perturber le Met Gala avec une pancarte : « Amazon refuse de négocier avec son syndicat depuis plus de 1 500 jours. J'ai passé 5 jours dans une prison israélienne à cause des investissements d'Amazon dans un génocide ! » Chris Smalls avait embarqué sur la flottille pour Gaza de 2025, avant d'être enlevé par Israël, emprisonné puis torturé. Notons que c'est la police de New York qui a interpellé Chris Smalls, quand bien même Mamdani n'a pas participé au Met gala, une décision jamais prise auparavant par un maire de la ville.

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Alors que l'administration Trump s'affaiblit, tant sur le territoire états-unien qu'à l'international, que les travailleurs sont de plus en plus pauvres et précaires et que la population se mobilise massivement – que ce soit contre l'ICE à Minneapolis ou contre les politiques autoritaires de Trump lors des manifestations « No Kings » – que les travailleurs d'Amazon se placent à l'avant-garde des luttes. Ils mènent un combat non seulement contre les pratiques répressives et l'exploitation d'Amazon, mais aussi un combat antiraciste et anti-impérialiste en dénonçant les partenariats de Bezos avec Israël et l'ICE.

Crédit photo : Daniel Oberhaus, Wikimedia Commons

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