Hondurasgate. Un vaste réseau d'ingérence en Amérique centrale au service de l'impérialisme
Wed, 06 May 2026 21:31:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'original37 enregistrements clandestins publiés fin avril révèlent l'existence d'un réseau d'ingérence au service des intérêts impérialistes étasuniens en Amérique centrale. Ce dernier aurait servi, par l'entremise de l'Argentine et d'Israël, à favoriser le retour au pouvoir de l'ex-président hondurien et à déstabiliser le Mexique et la Colombie.

37 enregistrements, datés de janvier à avril 2026, ont été conjointement rendus publics fin avril 2026 par le Canal Red et le site Hondurasgate créé pour l'occasion. Ils révèlent un plan des Etats-Unis, d'Israël et de l'Argentine pour permettre le retour au pouvoir de l'ex-président du Honduras et narcotrafiquant Juan Orlando Hernández, ainsi que pour mener une grande campagne de déstabilisation des gouvernements de Gustavo Petro en Colombie et de Claudia Sheinbaum au Mexique.
Pour rappel, l'ancien président Hernández avait été condamné à 45 ans de prison en 2024 pour trafic de drogue, mais gracié en 2025 par Donald Trump (qui prétendait en parallèle – avec le plus grand cynisme – que sa politique à l'encontre du Vénézuéla visait à lutter contre le trafic de drogues). Selon les enregistrements audio divulgués, ce soutien aurait été réalisé avec la médiation du gouvernement israélien, en échange de quoi l'ancien président hondurien aurait négocié avec le président Donald Trump l'agrandissement et l'implantation de nouvelles bases militaires américaines au Honduras, la création de zones d'emploi et de développement économique, la rédaction de contrats préférentiels à l'adresse de la General Electrics et la construction d'un immense camp de concentration sur le modèle salvadorien dès son retour au pouvoir.
Alors que d'importants soupçons de fraudes planaient déjà sur l'élection hondurienne de décembre 2025, les leaks récents semblent confirmer ce scénario et révèlent également l'utilisation d'églises évangéliques pour promouvoir un récit d'« amnésie collective » concernant les crimes de l'administration Hernandez, dont le régime était, rappelons-le, l'héritier d'un coup d'Etat militaire contre le président de gauche Manuel Zelaya en 2008.
Dans les enregistrements audio, on apprend également que le président argentin, Javier Milei, aurait collaboré financièrement pour une campagne visant à diffuser de fausses informations contre les présidents de Colombie et du Mexique, à hauteur de 350 000 dollars. Le gouvernement israélien aurait quant à lui fourni des technologies d'espionnage, des renseignements et un soutien diplomatique.
En Colombie, l'opération aurait ainsi servi à déstabiliser le régime et renforcer l'opposition au gouvernement de Gustavo Petro, tandis qu'au Mexique il aurait d'une part servi à déstabiliser la présidente Claudia Sheinbaum, mais aussi à assurer le contrôle étasunien sur les ressources stratégiques du pays. Pour mener ces opérations, Donald Trump n'a pas hésité à s'appuyer sur plusieurs sections de son « internationale réactionnaire », notamment Israël et l'Argentine, à tel point que les enregistrements audios décrivent Buenos Aires comme « épicentre logistique » de la campagne de déstabilisation.
Toutes ces révélations s'inscrivent dans la continuité de l'enlèvement criminel de Nicolas Maduro en janvier au Vénézuéla et de l'étau qui se resserre autour de Cuba. Les Etats-Unis cherchent en effet à reprendre brutalement la main sur l'ensemble des pays d'Amérique centrale et du Sud – leur pré-carré colonial historique – sur fond de rivalités avec la Chine. Si comme dans le cas vénézuélien cette politique néocoloniale a pu prendre un tournant guerrier, celui-ci s'inscrivait dans la continuation d'une politique plus large de pression, d'ingérences et d'intimidations contre l'ensemble des pays de la région.
Nul doute que le Hondurasgate n'est qu'un maillon du réseau beaucoup plus vaste d'ingérences impérialistes généralisées des Etats-Unis en Amérique latine. Même quand elle ne débouche pas sur une guerre ouverte, la politique des Etats-Unis en direction des peuples d'Amérique vise leur asservissement, au service des grandes entreprises étasuniennes et plus globalement de la survie de l'impérialisme étasunien. Pour y faire face, il est fondamental que l'ensemble des travailleurs et populations opprimées d'Amérique latine s'organisent à l'échelle continentale contre le blocus de Cuba et contre l'ensemble des ingérences impérialistes dans la région, en s'appuyant sur leurs propres forces et non pas sur des médiations « de gauche » qui ont pavé la voie, comme au Chili, en Argentine ou justement au Honduras, à l'arrivée au pouvoir de dirigeants d'extrême droite.
Crédit illustration : Canal Red