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Défilé de néonazis à Paris : la préfecture interdit le village antifasciste, faisons front !

Wed, 06 May 2026 14:06:28 CEST

Révolution Permanente

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Alors qu'une mobilisation était appelée par de nombreuses organisations pour s'opposer à la tenue du défilé néonazi du C9M ce samedi 9 mai à Paris, la préfecture a annoncé l'interdiction du village et de la manifestation prévus. Une énième démonstration de la complicité de l'État avec l'extrême-droite, contre laquelle il va falloir faire bloc !

Ce mardi 5 mai, la préfecture de Paris a publié l'interdiction du village et la manifestation antifascistes organisés contre le défilé annuel néonazi du C9M. Si lui aussi a été interdit par arrêté préfectoral, cette répression s'inscrit avant tout dans le cadre d'une criminalisation importante du combat contre l'extrême-droite par l'État.

Chaque année, depuis 1995, cette manifestation de néonazis est organisée début mai à Paris, en hommage à la mort d'un militant néonazi, Sébastien Deyzieux. Organisée par le Comité 9 Mai (C9M), un comité fondé par les groupuscules néonazis du Groupe Union Défense (GUD), de la Jeunesse nationale révolutionnaire (JNR) et du Rassemblement national de la jeunesse (RNJ), cette marche est surtout une parade de néonazis avec ses saluts, slogans et symboles nazis : des croix celtiques aux sonnenrad (soleil noir), en passant par les tambours inspirés de ceux des jeunesses hitlériennes et les croix gammées.

Une mobilisation devenue un point de ralliement international pour l'ensemble des groupes néonazis et des bandes violentes d'extrême droite. En effet, selon le média StreetPress, la manifestation du C9M regroupe « édition après édition, des Espagnols, des Italiens, des Allemands du mouvement néonazi “Der dritte Weg” ou des Grecs », ainsi que, de manière plus récente, des Américains du groupuscule Stars and Stripes.

Face à cette manifestation, à la montée des violences fascistes et à la progression de l'extrême droite à l'échelle internationale, de nombreuses mobilisations s'organisent chaque année pour s'opposer aux évènements du C9M, à l'image de nombreuses actions antifascistes et d'un village antifasciste unitaire depuis 2024.

Ainsi, ce mardi 5 mai, alors que la mobilisation antifasciste contre le C9M s'organisait, la préfecture de police de Paris a interdit le village et la manifestation prévus. Une interdiction justifiée en théorie par l'interdiction de la manifestation du C9M, mais qui permet surtout à l'État de renvoyer dos à dos bandes violentes néofascistes et antifascistes, afin de criminaliser davantage la lutte antifasciste.

Surtout, alors que le défilé néonazi avait fini par être autorisé par la justice en mai 2025, seule la manifestation antifasciste avait donc été empêchée par l'État. Une énième preuve que derrière le renvoi dos à dos de l'extrême-droite violente et du combat contre celle-ci, s'exprime avant tout une répression accrue de l'antifascisme et plus largement du mouvement social.

Dans un contexte d'offensive réactionnaire du régime, marquée par la criminalisation de l'antifascisme, suite à la mort du militant néofasciste Quentin Deranque, pour lequel le gouvernement avait organisé une minute de silence à l'Assemblée Nationale, ainsi qu'à la validation de la dissolution de la Jeune Garde par le Conseil d'État, il est d'autant plus vital de faire front face à la montée de l'extrême droite et à la complicité de l'État.

Ainsi, plusieurs appels à des rassemblements pour empêcher toute action et défilé de l'extrême-droite ont été publiés sur les réseaux sociaux de la part de divers collectifs et coalitions unitaires, en dépit de l'interdiction.

Plus largement, pour lutter contre les violences d'extrême droite et la criminalisation par l'État, il faut construire des mobilisations antifascistes les plus larges possibles, qui défendent l'auto-organisation et la lutte contre la répression, à l'image des comités d'action contre l'extrême droite dans les lieux d'études en France, des assemblées de quartier pour s'organiser face à Javier Milei en Argentine, ou encore des mobilisations de la population américaine, qui ont fait reculer la milice ICE à Minneapolis. C'est aujourd'hui la tâche de l'ensemble des organisations politiques et syndicales de gauche de refuser la présence de groupes néofascistes dans nos rues, mais aussi la criminalisation de ceux qui s'y opposent.

Crédits photo : Révolution Permanente / Manifestation hommage à Clément Méric le 5 juin 2021

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