Répression. La mairie de Toulouse censure une soirée de soutien à la lutte du peuple sahraoui
Wed, 06 May 2026 19:16:27 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDix jours avant l'événement, la mairie de Toulouse a réquisitionné sans explication une salle municipale destinée à accueillir une soirée de solidarité avec le peuple sahraoui. Nous publions le communiqué du collectif organisateur de l'événement, dont fait partie Révolution Permanente.

Dans le cadre d'une journée de solidarité avec le peuple sahraoui prévue le 9 mai, un collectif regroupant associations, partis et syndicats organise une manifestation suivie d'une projection-débat d'un documentaire visant à informer de la situation coloniale que subit le peuple sahraoui depuis 1975. Mais dix jours avant l'événement, la mairie a informé le collectif de la réquisition de la salle prévue pour la projection-débat, sans explication.
Ce n'est pas la première fois qu'un événement de solidarité avec le peuple Sahraoui est perturbé par l'équipe du maire Jean-Luc Moudenc. En novembre 2024, le conseiller municipal Samir Hajije avait tenté de perturber un meeting au sujet des prisonniers politiques sahraouis, enfermés et torturés dans la prison de Kénitra au Maroc, avant d'être reconduit à la sortie par le service d'ordre. Dans la foulée, Jean-Luc Moudenc avait porté plainte et relayé une fake news prétendant que son collègue avait été « violemment tabasser ». Le parquet a pourtant affirmé quelques jours après « qu'il n'y avait pas eu de coups portés sur cet élu » et a classé la plainte sans suite.
Cette nouvelle répression montre que le maire de Toulouse et son équipe persistent à entraver la solidarité avec le peuple sahraoui, s'inscrivant dans la continuité du gouvernement français et des puissances impérialistes qui soutiennent la colonisation marocaine et nient l'autodétermination du peuple sahraoui.
Face à cette répression, il est nécessaire de faire front et venir manifester massivement samedi 9 mai, à 16h au départ de la gare Matabiau, pour défendre l'autodétermination du peuple sahraoui !
Nous relayons ci-dessous le communiqué du collectif organisateur de la journée de solidarité :
« A Toulouse la Mairie réquisitionne la salle municipale Osète, louée initialement par notre collectif (regroupant associations, collectifs, partis, syndicats) afin d'y organiser une projection-débat en solidarité avec la lutte du peuple sahraoui. La salle municipale Osète, louée pour le 9 mai (facture payée le 7 avril et visite technique réalisée le 22 avril), a été réquisitionnée via un mail expédié le 30 avril sans autre explication.
L'évènement consiste en une projection-débat ainsi qu'une exposition de photos et des prises de paroles de jeunes sahraoui.es et du représentant du Front Polisario Mohamed Ali ZEROUALI. Il vise à informer les citoyen-nes de l'histoire du Sahara occidental, victimes de la colonisation par le Maroc depuis la grande marche dite "marche verte" de 350 000 marocains, lancée par l'armée et le gouvernement en 1975 avec bombardement au napalm, obligeant les Sahraoui-es à se réfugier en plein désert algérien. Il a pour objectif d'expliquer les raisons pour lesquelles les Sahraoui-es contestent la prétendue marocanité du Sahara occidental.
Le collectif toulousain soutient le peuple sahraoui qui réclame un référendum d'autodétermination, en application du droit international et du mandat confié par l'ONU à la MINURSO depuis 1991. Il condamne les tentatives d'annexion par le Maroc et l'actuelle colonisation de peuplement de la plus grande partie du Sahara occidental. Il dénonce aussi ce mur de séparation de 2700 km de long, truffé de mines et en permanence sous surveillance policière, entre les territoires occupés par le Maroc et les territoires libérés par le Front Polisario. Ainsi que le soutien permanent de la France à cette colonisation.
Nous exigeons des explications de la part de la mairie sur le motif de cette soudaine réquisition. Nous établissons un rapprochement avec la promptitude du maire de Toulouse Mr Moudenc à cautionner, en avril 2025, les accusations mensongères de Samir Hajije, un de ses adjoints, destinées à discréditer les organisateurs de l'accueil à Toulouse de la Marche pour la Liberté, de Paris à la prison de Kénitra au Maroc, réclamant la libération des prisonniers politiques. Mensonge reconnu par la justice puisque la plainte de Samir Hajije a été classée sans suite.
Nous ne pouvons, non plus, ne pas évoquer le nombre de fois où des manifestations et évènements de soutien à la lutte du peuple palestinien ont été interdites ou empêchées à Toulouse. Nous rappelons que les salles municipales sont des biens publics. Elles ne sauraient être considérées comme la propriété privée du maire ou de la majorité municipale, qui décideraient arbitrairement de leur attribution.
Ainsi, le collectif toulousain réclame le droit d'organiser à Toulouse, dans les salles municipales, des événements anti-impérialistes et anticolonialistes. Ces initiatives relevant de l'éducation populaire ont pour objectif d'informer, notamment sur la nécessité pour la France de cesser de rejeter les droits à l'autodétermination et à la libération des peuples autochtones colonisés (sahraoui, palestinien, kanak, …). »