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« Orion 2026 » à Nontron : un déploiement militariste dans le Périgord vert frappé par l'austérité

Tue, 05 May 2026 02:14:09 CEST

Révolution Permanente

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Du 27 au 30 avril 2026, dans le Périgord vert, une soixantaine de militaires ont mené des exercices en conditions réelles, transformant ce territoire rural en zone d'entraînement. Dans ces campagnes où les services publics reculent, voire disparaissent, l'État, lui, ne disparaît pas : il se prépare à la guerre.

À Nontron, la présence de convois militaires a surpris habitants et riverains la semaine dernière. Selon Sud Ouest, une soixantaine de militaires du 515e régiment du train, spécialisé dans la logistique, ont été déployés dans le Périgord vert pour mener des exercices en conditions réelles, accompagnés de plusieurs dizaines de véhicules circulant sur les routes locales. Dans ce territoire rural, éloigné des bases militaires, ces manœuvres ont temporairement transformé routes et espaces naturels en terrain d'entraînement.

Ces manœuvres s'inscrivent dans le cadre de l'exercice Orion, destiné à entraîner l'armée française à un conflit de « haute intensité » et qui a eu lieu dans tout le pays entre février et avril 2026. Concrètement, il s'agit de simuler une guerre de très haute intensité, face à un ennemi qui ressemble à la Russie, avec une mobilisation massive de troupes et en coordination avec les alliés européens de l'impérialisme français. ORION 2026 montre que la préparation à la guerre sort des bases militaires ou des états-majors mais se déplace de plus en plus dans les territoires ordinaires – ici le Périgord vert – dans une vaste offensive idéologique qui vise à répandre un climat guerrier au sein de la population.

Dans sa communication officielle, le gouvernement justifie cette montée en puissance par un environnement international jugé plus instable, marqué notamment par la guerre en Ukraine et la désignation de la Russie comme menace stratégique. Mais elle traduit surtout la volonté de la France de conserver sa place de première puissance militaire en Europe, place que l'Allemagne commence à lui contester.

Pendant que les convois militaires traversent les routes du Périgord vert, le constat dressé par les institutions elles-mêmes est sans appel. Dans le Contrat de relance et de transition écologique (CRTE), le territoire est décrit comme marqué par « la disparition majoritaire des services publics », la fragilisation des centres-bourgs et le recul des services publics de proximité. Concrètement, cette évolution se traduit par une désertification médicale persistante et par la réduction progressive de services essentiels.

Écoles fragilisées, horaires de poste réduits, éloignement des administrations : autant de signaux des conséquences de l'austérité, destinée à financer la militarisation, dans cette zone rurale. Pour les habitants, les conséquences sont immédiates : l'accès aux soins devient plus compliqué, les démarches administratives sont de plus en plus complexes et la vie quotidienne repose de plus en plus sur la voiture, faute de transports en commun. Cette situation rend la population particulièrement vulnérable aux augmentations du prix de l'essence.

À l'image du budget 2026, qui sacrifie l'hôpital, l'éducation et les services publics tout en augmentant les dépenses militaires, dans le Périgord vert, l'État substitue l'armée à la médecine de proximité et préfère transformer le territoire en camp retranché plutôt que d'y ouvrir de nouvelles classes.

Face à la militarisation, il y a urgence à ce que le mouvement ouvrier se dote d'un plan de bataille offensif contre Macron, les institutions de la Ve République et la militarisation, en exigeant le transfert intégral des milliards destinés à l'armée vers les services publics.

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