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« Salles combles, frigos vides » : à l'UGC des Halles, la grève des agents d'accueil s'installe

Tue, 05 May 2026 15:36:10 CEST

Révolution Permanente

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En avril, les agents d'accueil de l'UGC des halles ont fait plusieurs journées de grève, avec l'appui de nombreux soutiens à leur caisse de grève et comptent poursuivre leur mobilisation.

Les agents du cinéma UGC des Halles ont reconduit leur grève les 18, 19 et 23 avril 2026, prolongeant un mouvement entamé en décembre 2025 pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer des augmentations de salaire. « Il y a eu la première grève au moment de la sortie d'Avatar 3 : on voulait frapper fort, au moment où l'affluence était maximale. On n'était pas encore nombreux, mais ça a déjà inquiété la direction du siège d'UGC », explique N., une agente gréviste. Après une journée de mobilisation début mars, qui leur a permis de se structurer en collectif et de mettre en place une caisse de grève, ils ont lancé une grève reconductible en avril.

Beaucoup de ces travailleurs sont jeunes, en contrats courts et précaires, cumulant ce travail avec leurs études ou d'autres activités. Leur mobilisation s'est construite de manière collective : « On s'organisait entre nous. Personne n'est syndiqué ici : c'est juste une question d'usure. On en avait marre de voir nos collègues souffrir ».

Les agents dénoncent avant tout le sous-effectif chronique dans ce complexe, pourtant le plus fréquenté au monde. « Le week-end, on dépasse régulièrement 10 000 entrées par jour », souligne N. Cette surcharge génère épuisement et tensions, avec de nombreuses violences verbales et physiques de la part du public envers les agents, parfois à caractère sexiste ou raciste. « Pour les litiges ou les agressions, on n'a qu'un numéro à appeler. Aucun soutien ne vient du siège. Alors que chaque jour, il y a des conflits, verbaux ou physiques », témoigne A, agente en grève.

Malgré la hausse du coût de la vie, les salaires stagnent et se rapprochent de plus en plus du SMIC, rendant les fins de mois de plus en plus difficiles, comme l'illustrent les slogans inscrits sur leurs pancartes : « Juste une illusion, nos augmentations de salaire » ou « Salles combles, frigos vides ». « On revendique une hausse des salaires, une prime sur les ventes de confiseries et une indemnisation en cas d'infestation aux punaises de lit », détaillait O. au micro de Révolution Permanente. Les grévistes cherchent également à faire reconnaître la pénibilité de leur travail. Les agents restent debout toute la journée, parfois jusqu'après minuit, pour accompagner les spectateurs. « La direction nie la pénibilité de notre travail. Beaucoup craquent et se mettent en arrêt maladie, ce qui aggrave encore le sous-effectif et notre fatigue », ajoute N.

La direction impose parfois des horaires de travail au bord de l'illégalité « Parfois, on nous fait travailler jusqu'à 23h alors qu'on reprend à 8h15 le lendemain. Quand on proteste, on nous répond que c'est une erreur de planning et que l'erreur est humaine », raconte A. Pour briser la mobilisation, la direction aurait aussi eu recours à des embauches de contrats courts : « Ils ont embauché depuis le début du mouvement en décembre de nombreux CDD, à qui ils ont majoré les salaires pendant la grève pour décourager la mobilisation, en toute illégalité. Quand on les a rappelés à l'ordre, ils ont commencé à mettre des directeurs venant d'autres sites pour scanner les tickets. Et à côté Ils viennent nous voir pour dire que des slogans “Rends l'argent”, c'est de la diffamation ».

Le mouvement a reçu un large soutien de la part des médias, des militants syndicaux et politiques qui ont aidé à la diffusion de la caisse de grève mise en place par la CGT Spectacle auprès des spectateurs. Ces derniers ont fait preuve d'un soutien enthousiaste au mouvement en contribuant à la caisse de grève, permettant aux grévistes de percevoir un revenu parfois supérieur à leur salaire habituel chez UGC. « De plus en plus de gens donnent. Grâce à ça, on a presque un salaire à peine plus décent qu'avec UGC. Du coup, d'autres agents nous rejoignent », se réjouit O.

Après avoir obtenu à la suite de ces journées une réunion de négociation avec la direction qui ne comptait donner la moindre augmentation conséquente, les grévistes vont poursuivre leur mobilisation et chercher à l'étendre à d'autres cinémas UGC qui subissent les mêmes conditions de travail. Les grévistes démontrent ainsi la voie pour obtenir un rapport de force conséquent pour faire plier la direction pour des revendications offensives, par l'auto-organisation et l'élargissement de leur mouvement. Nous pouvons soutenir les travailleurs dans cette démarche en participant à leur caisse de grève.

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