Concerts, débats, conférences : 40 organisations appellent au village antimilitariste du Mirail le 7 mai
Tue, 05 May 2026 18:13:47 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que la militarisation bat son plein, la nécessité d'offrir une réponse collective aux brutalités de l'impérialisme est urgente. Dans ce cadre, dans la continuité du village antifasciste qui avait réuni 1 000 personnes en avril dernier, le Poing Levé organise, aux côtés de 40 autres organisations, un village internationaliste et antimilitariste. Au programme : conférences, concerts et débats pour s'organiser face à la marche vers la guerre.

Le Poing Levé, aux côtés d'une quarantaine d'organisations politiques, syndicales, associatives et culturelles, a décidé de mettre en place un village internationaliste à l'Université du Mirail le 7 mai 2026 en réponse au salon militariste « Space Summit for a Resilient Future » qui se tiendra les 27 et 28 octobre 2026.
Dans la continuité de la mise en place par Macron du Commandement de l'Espace et du Centre d'excellence de l'OTAN à Toulouse, ce salon est le symbole d'une militarisation qui s'accélère.
La France se place à l'avant-garde de ces phénomènes de militarisation. Alors qu'en 2025 elle a dépensé 68 milliards d'euros pour son armée, Macron promettait en janvier dernier une augmentation de 36 milliards supplémentaires d'ici 2030.
Cette course à la militarisation fait d'abord payer les classes populaires. Quand les budgets militaires explosent, ceux de la santé, de l'éducation ou du social s'effondrent. Au moment où la bourgeoisie détruit méthodiquement l'université, Macron annonce la création du Service national volontaire avec pour objectif de recruter 50 000 jeunes d'ici 2030. En somme, la bourgeoisie cherche à éloigner la jeunesse de l'université pour la pousser dans les bras de l'armée.
De la même manière, les universités toulousaines sont remodelées pour répondre aux besoins militaires. L'université Toulouse Capitole a récemment annoncé la création d'un centre d'excellence financé par et pour l'armée. Au Mirail, la présidence a mis en place le plan « COMÈTE », rattaché au programme « France 2030 » de Macron, qui encourage le financement privé des universités. Concrètement, dès 2027, l'université recevra 321 000 € de l'Agence nationale de la recherche (ANR) pour orienter les sciences humaines et sociales vers l'industrie aérospatiale, antichambre de celle de l'armement. Par exemple, les cours de psychologie permettront d'étudier la « gestion du stress ou la vie de petits groupes en espaces confinés », tels que les astronautes ou les équipages de sous-marins nucléaires.
Dans le bassin aéronautique toulousain, le patronat voudrait également orienter la force de travail au service de la militarisation. Nous, qui nous sommes mobilisés aux côtés des travailleuses et travailleurs de Thalès pour dénoncer la complicité des entreprises avec le génocide à Gaza, refusons ces évolutions délétères de notre travail et de nos savoirs !
La militarisation se fait dans le cadre d'une situation internationale marquée par les pires méthodes coloniales : les génocides qui se poursuivent à Gaza et au Soudan, les agressions de Trump aux États-Unis (ICE), au Venezuela, les menaces d'intervention en Iran ou au Groenland, ou encore les guerres qui continuent en Ukraine ou au Rojava. Le G7 – les « saigneurs » du monde – se réunira en juin à Évian pour décider de l'avenir de notre planète !
En France, cette situation est le prétexte pour renforcer une offensive autoritaire et des attaques contre les droits démocratiques : état d'urgence permanent, mesures d'exception, convocations pour « apologie du terrorisme », interventions policières dans les universités : tous les moyens sont bons pour criminaliser et faire taire la solidarité avec la Palestine, et plus généralement le combat anti-impérialiste.
Pour s'affronter aux projets de la bourgeoisie, le mouvement étudiant doit chercher à se lier à celles et ceux qui ont le pouvoir matériel de bloquer la machine de guerre. À l'image des mobilisations de Mai 68 à Toulouse, où étudiants et travailleurs de l'aéronautique ont marché côte à côte, ou plus récemment de la mobilisation des dockers de Gênes avec les étudiants italiens pour dénoncer le génocide en Palestine. C'est dans cette alliance que peut se construire un rapport de force réel contre la guerre.
C'est dans cette perspective que nous organisons ce village antimilitariste le 7 mai prochain : non seulement comme un espace de discussion, mais comme un point d'appui pour organiser concrètement celles et ceux qui refusent la guerre et veulent agir collectivement.
Au programme : plusieurs temps de discussion et d'organisation pour comprendre et combattre la militarisation. Une première conférence avec Mathieu Rigouste et Akalay Todeschini ainsi que le comité Palestine 31 permettra d'analyser les guerres impérialistes et leurs logiques. Une seconde, avec Christiane Geoffroy, reviendra sur la militarisation de nos enseignements et de l'université. Enfin, une conférence avec Vincent Rissier, Simon Gazano ouvrier dans l'aero, Nore Gehl, doctorante éco- féministe et Vietnam Dioxine sera consacrée à une question centrale : quel mouvement anti-impérialiste construire aujourd'hui ?
Parce que la lutte contre l'impérialisme ne peut être qu'internationale, des militants et militantes venu·es de différents pays interviendront à 20h pour discuter de quel mouvement construire. Le village sera aussi un espace de rencontres, avec des stands et des échanges. La soirée se conclura par des concerts.
Face à cette situation, nous portons des exigences claires :
– La fin de tous les partenariats entre nos universités et les entreprises de l'industrie militaire, écocides et complices du génocide à Gaza.
– L'abandon du plan COMÈTE au Mirail.
– Le refus de toute implantation ou renforcement de structures de l'OTAN à Toulouse.
– La fin de la criminalisation de nos solidarités sur les campus et au-delà.
– L'abandon des charges et la relaxe de l'ensemble des inculpé·es.
– Notre solidarité avec les mobilisations internationalistes contre l'extrême droite, la guerre et le colonialisme.
– Le retrait des troupes françaises des colonies, notamment en Kanaky.
Le 7 mai, au Mirail, organisons-nous pour construire une réponse collective face à la militarisation et à la guerre.