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Free party près de Bourges : près de 40 000 participants et un dispositif de répression massif

Mon, 04 May 2026 21:55:25 CEST

Révolution Permanente

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Une free party a été organisée près de Bourges réunissant près de 40 000 participants, pour protester contre la répression prévue par le projet de loi RIPOST, ainsi que contre la militarisation. L'occasion pour le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez de réprimer et promettre d'encore « mieux réprimer » avec son projet de loi.

Ce week-end s'est tenue, près de Bourges, dans le Cher, une gigantesque free party réunissant près de 40 000 participants, dont plusieurs milliers sont encore présents sur place ce lundi. Cet événement avait été organisé en réponse à l'adoption, par l'Assemblée nationale, le 10 avril, de la proposition de loi 1133, qui accroît sévèrement la répression des organisateurs comme des participants de free parties, et du projet de loi RIPOST du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Dans un communiqué, les organisateurs dénoncent « l'acharnement politique » ainsi que « les violences physiques aujourd'hui systématiques » qu'ils subissent.

L'événement s'est tenu sur un terrain militaire. S'ils revendiquent en partie ce choix comme un pied-de-nez au ministre né à Bourges, c'est essentiellement pour porter des revendications antimilitaristes et anti-impérialistes. Les organisateurs dénoncent les « guerres impérialistes soutenues directement ou indirectement par la France, actuellement en cours en Palestine, au Liban et en Iran, où des populations civiles sont massacrées au vu et au su de toustes. » Les organisateurs expliquent également que « le champ de tir du polygone » est un « laboratoire mortifère ainsi qu'une base d'expérimentations d'armes de tous types pour le compte de l'armée française et d'opérateurs privés avides d'argent aux dépens de vies humaines. »

La présence potentielle de militaires dangereux ou d'obus non explosés sur le site a été instrumentalisée pour justifier la répression en imposant des milliers d'amendes. L'intervention des forces de répression n'a rien à voir avec une quelconque mission de santé publique, alors que l'offensive brutale contre la rave party à Redon en 2021 avait mutilé et traumatisé certains participants. Quant à Laurent Nuñez, il revendiquait n'avoir aucun regret au sujet des mutilations des Gilets jaunes. Au contraire, la volonté de réprimer une contestation politique est assumée clairement par le ministre qui a déclaré que le caractère antimilitariste de l'événement ne fait que « renforcer ma détermination à mieux réprimer cette organisation sauvage ».

Le ministre revendique avoir mobilisé 600 gendarmes pour verbaliser à double titre (pénétration sur un terrain militaire et participation à un rassemblement illégal), et revendique fièrement les milliers de contrôles et les amendes distribuées, de 135 euros au moins pour les participants et jusqu'à 3 000 euros pour les organisateurs. Avec la loi RIPOST, elles pourraient monter à 1 500 euros pour les participants et 30 000 euros ainsi que 6 mois de prison pour les personnes « contribuant de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d'une free party, critère plus que flou ouvrant la voie à une répression sévère. Cette criminalisation est d'autant plus inacceptable qu'elle s'inscrit dans un projet politique visant à supprimer les espaces publics de rencontre et de vie communautaire accessibles gratuitement et qu'elle vise en particulier les classes populaires et les jeunes en situation précaire.

L'offensive que constitue le projet de loi RIPOST ne se limite pas aux free parties, mais constitue ainsi une offensive majeure contre toute la jeunesse et particulièrement contre les quartiers populaires. De plus, la même dynamique s'observe à l'international et accompagne la mise au pas de la jeunesse que les classes dominantes veulent discipliner afin de préparer la course à la guerre. Pour lutter contre la répression, il faut construire un front large aux côtés de la jeunesse et des travailleurs pour affronter les offensives en cours et à venir du gouvernement.

Crédits photo : capture d'écran

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