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Génocide à Gaza : alors que le plan Trump s'enlise, Israël menace de reprendre l'offensive

Mon, 04 May 2026 22:01:18 CEST

Révolution Permanente

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Alors que les négociations sur le plan Trump s'enlisent au Caire, l'occupation israélienne se durcit et menace de relancer l'offensive.

Après deux ans de génocide, le cessez-le-feu d'octobre dernier, imposé à Gaza sous l'égide de Trump, aspirait à transformer la bande de Gaza en un protectorat colonial, supervisé par le Conseil de la paix, destiné à devenir un hub logistique et industriel et une riviera pour milliardaires. Mais, plus de six mois plus tard, la tentative de mettre en œuvre la phase deux du plan de Trump, qui prévoit le déploiement d'une force d'occupation coloniale internationale, est dans l'impasse, tandis qu'Israël continue d'occuper plus de 60 % des territoires palestiniens et poursuit ses attaques meurtrières.

Les contradictions du désarmement

En janvier dernier, la tentative de Trump d'accélérer la mise en œuvre de son plan, en mettant en place un comité technocratique aux ordres de son Conseil de la paix et en désarmant les factions palestiniennes, faisait déjà face à de nombreuses contradictions. Depuis, le plan semble de plus en plus embourbé, provoquant un pourrissement réactionnaire de la situation.

Depuis plusieurs semaines se déroulent ainsi, au Caire, des négociations concernant les prochaines étapes du cessez-le-feu. Avec la médiation de l'Égypte et de la Turquie, les factions palestiniennes ont confronté leurs propositions à celles des États-Unis et d'Israël. La délégation du Hamas était menée par Khalil al-Hayya et celle du « Conseil de la paix » par son directeur général, Nickolay Mladenov.

Alors qu'Israël et les États-Unis continuent d'exiger que le désarmement des factions palestiniennes précède la constitution d'un gouvernement technocratique à Gaza, le Hamas et ses alliés ont insisté sur la nécessité de lier le désarmement au retrait préalable de l'armée israélienne, à l'arrêt des offensives de Tsahal et à l'octroi de garanties sur la gouvernance palestinienne de Gaza, l'entrée de forces internationales et la reconstruction de la bande. La proposition du Hamas, transmise le 1er mai, a été rejetée dès le lendemain par les États-Unis et les médiateurs égyptiens et turcs.

Suite à l'échec de cette dernière phase de négociation, le cabinet de sécurité israélien a annoncé se réunir pour discuter de la possibilité d'une reprise de l'offensive à Gaza si le désarmement du Hamas n'aboutissait pas. Cette menace d'un nouveau saut dans le génocide doit être dénoncée, sans nous faire oublier que les massacres israéliens à Gaza n'ont jamais cessé depuis le cessez-le-feu.

824 morts, 60 % du territoire colonisé, armement de milices : Israël poursuit le génocide

Depuis le cessez-le-feu d'octobre dernier, l'armée israélienne a tué au moins 824 Palestiniens et blessé 2 316 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza. À la poursuite des frappes, il faut ajouter l'ampleur des destructions provoquées par deux années de génocide, précarisant toujours plus l'existence des Palestiniens de l'enclave. Un récent rapport indique que 86 % des terres agricoles de Gaza ont été dévastées par la guerre génocidaire israélienne depuis 2023.

Loin de s'être retirée de la bande de Gaza, l'armée israélienne occupe plus de la moitié du territoire, coupé en deux par une ligne jaune qui empêche une partie des Gazaouis déplacés de revenir sur leurs terres, sous peine d'être exécutés par les forces coloniales. Occupant en octobre 53 % du territoire, l'armée israélienne a depuis étendu son contrôle jusqu'à une « ligne orange » officieuse, qui représente 60 % de la bande. Cette nouvelle progression de l'occupation a de nouveau forcé au départ des habitants et participe à entraver la distribution de l'aide humanitaire.

En parallèle, Israël continue d'armer des groupes réactionnaires, qui recrutent au sein des réseaux mafieux et composés d'anciens d'al-Qaïda ou de l'État islamique au Sinaï, pour déstabiliser la situation et entretenir les conflits interpalestiniens. L'organisation non gouvernementale ACLED recense depuis octobre 40 « évènements violents » impliquant ces milices, responsables de 80 morts. Ces milices, équipées et entraînées par les forces israéliennes, ont leurs bases arrières du côté occupé de la « ligne jaune », d'où elles lancent régulièrement des opérations dans le reste du territoire. La même ONG souligne que l'activité de ces groupes s'est intensifiée depuis février.

À la situation critique à Gaza viennent s'ajouter les offensives répétées de l'armée israélienne en Cisjordanie, dont l'assassinat d'un Palestinien à Naplouse la semaine dernière est le dernier exemple, qui atteignent une intensité record. Un dirigeant militaire israélien affirmait récemment qu'avec 1 500 Palestiniens assassinés ces trois dernières années, l'armée israélienne n'avait pas été aussi meurtrière en Cisjordanie depuis 1967.

Contre les massacres en Palestine, la colonisation et la domination impérialiste dans la région, il est plus urgent que jamais de construire un grand mouvement anti-impérialiste à travers le monde. L'impasse dans la guerre en Iran, dans laquelle se trouvent tant Trump que Netanyahou, représente une occasion pour les masses de la région d'intervenir dans la situation. Alors que le génocide se poursuit, les travailleurs et la jeunesse de la région ont un rôle crucial à jouer pour mettre fin aux massacres, à l'occupation et à la colonisation, en alliance avec le mouvement de solidarité internationale avec la Palestine.

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