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Argentine : le PTS réunit 6000 personnes et appelle à construire un « nouveau parti de la classe ouvrière »

Mon, 04 May 2026 23:11:13 CEST

Révolution Permanente

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Dans un contexte de difficultés politiques pour Milei, le PTS connaît une forte dynamique en Argentine, au point que sa porte-parole, Myriam Bregman, est devenue la personnalité politique la plus populaire du pays d'après une enquête. Ce 1er mai, il organisait un immense meeting révolutionnaire à Buenos Aires qui a réuni plus de 6000 personnes.

Ce 1er mai à Buenos Aires, le stade couvert Ferro accueillait un grand meeting organisé par le PTS (Parti des travailleurs socialistes), l'organisation sœur de Révolution Permanente en Argentine. En présence des députés Myriam Bregman et Nicolás del Caño, l'événement a réuni des ouvriers de l'industrie, des enseignants, des personnels de santé, des travailleurs de la fonction publique, des étudiants et des retraités ainsi que des invités venus de France, du Brésil et du Chili représentant l'organisation internationale dont fait partie Révolution Permanente, le Courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale (CRP-QI).

Le stade couvert était bondé et n'a pas pu accueillir tous ceux qui souhaitaient participer au meeting. Plus d'un millier de personnes ont dû rester à l'extérieur, où des écrans avaient été installés, la capacité maximale du lieu ayant été atteinte. Un succès qui explique l'événement ait bénéficié d'une importante couverture médiatique sur les chaînes de télévision, les stations de radio et dans les journaux, à l'issue d'une semaine où le « phénomène Myriam Bregman » a pris une place centrale dans le débat national en Argentine, en lien avec des sondages faisant de la porte-parole du PTS la personnalité politique la plus populaire du pays, créditée à 47% d'image positive, devant la principale figure de l'opposition péroniste Axel Kicillof, et largement devant les principaux représentants du gouvernement, à commencer par Javier Milei lui-même.

L'événement s'est également distingué par la présence de figures des droits de l'homme, de la culture et, bien sûr, des grands mouvements sociaux qui animent le pays, dont beaucoup ont pris la parole devant l'assemblée. Parmi les personnes présentes figuraient Sergio Maldonado (frère de Santiago Maldonado, dont la disparition forcée par la police avait ébranlé le mandat Mauricio Macri), Patricia Walsh (fille du journaliste et auteur Rodolfo Walsh assassiné en 1977 par la junte, et militante contre les crimes de la dictature), ainsi que des avocates et représentants des organisations qui dénoncent les crimes de la dictature et le discours négationniste du gouvernement de Javier Milei, comme Lili Mazea, Lidia Frank, Julieta Bandilari, Marta Ungaro, Karina Díaz, Sara Patorino, Nora Tolomeo et Carlos Rodríguez. Des messages de soutien ont également été envoyés par des personnalités telles qu'Osvaldo Barros, de l'Association des anciens détenus et des personnes disparues, et Carlos Sueco Lorkipanidse.

Face aux attaques historiques contre le code du travail que le gouvernement d'extrême droite de Milei a menées avec la complicité des bureaucraties syndicales, les travailleurs étaient présents en force. Aux côtés de travailleuses de l'éducation et de la santé, Stella Cabral, travailleuse de l'usine Mondelez, poursuivie par l'entreprise et déléguée syndicale est montée sur scène, accompagnée des travailleurs et des travailleuses d'entreprises en lutte comme Georgalos, Lustramax et l'imprimerie sous contrôle ouvrier Madygraf. Elle a défendu la nécessité « d' unir toute la classe ouvrière pour vaincre le capitalisme » en insistant sur la nécessité d'unifier les différentes luttes de la zone industrielle du nord de Buenos Aires pour construire un plan de bataille contre le gouvernement et le patronat. Sebastian Tesoro, travailleur de FATE, la plus grande usine de pneus du pays où une puissante lutte contre les licenciements s'est développée, est revenu sur l'occupation et le combat en cours depuis plus de deux mois, et sur l'importance de l'auto-organisation et la nécessité de faire vivre une voix indépendante des bureaucraties syndicales.

Des membres d'autres groupes du CRP-QI ont également pris la parole, notamment Bruno Gilga, du Brésil, qui a pris par à la Global Sumud Flotilla, en tant que coordinateur, Antonio Paez, qui dirige le syndicat des travailleurs de Starbucks au Chili, ou Ariane Anemoyannis, porte-parole du Poing Levé et de Révolution Permanente en France. Cette dernière a insisté sur l'importance de construire une jeunesse anti-impérialiste, en phase avec le discours de son camarade de la jeunesse du PTS, Luca Bonfante. Une intervention qui a donné lieu à une grande action de solidarité avec Anasse Kazib avant son procès, le 25 juin prochain, pour avoir soutenu la Palestine.

Nicolas Del Caño, député national du PTS, est revenu sur la politique anti-ouvrière et de soumission à l'impérialisme de Javier Milei et sur la nécessité de faire émerger une voix anti-impérialiste, communiste et révolutionnaire dans le continent latinoaméricain, visé par les attaques de Donald Trump et de l'impérialisme étatsunien, avec l'offensive en cours contre le Venezuela et le durcissement du blocus criminel contre Cuba. Il faut « en finir avec le capitalisme, qui mérite de finir dans la poubelle de l'Histoire » a-t-il conclu.

Son camarade Cristian Castillo a souligné devant la foule la montée en popularité de l'organisation, fruit de sa présence dans chaque combat ouvrier et populaire contre le gouvernement d'extrême-droite, soulignant la responsabilité du péronisme dans la passivisation des travailleurs et des classes populaires, au profit d'une stratégie étroitement électorale impuissante. À l'inverse, il a appelé l'ensemble des sympathisants du PTS et de Myriam Bregman a faire le saut de commencer à militer pour construire une organisation révolutionnaire à large échelle dans le pays, dont le « militantisme serait un rouage pour organiser la résistance et un Cordobazo du XXIe siècle », en référence au grand mouvement de la classe ouvrière et de la jeunesse dans la ville de Cordoba qui avait fait tomber la dictature de Juan Carlos Ongania, en mai 1969.

À la fin de l'événement, Myriam Bregman a présenté ses conclusions. Tout en proposant sa pré-candidature au reste des forces d'extrême-gauche réunies dans le FIT pour la prochaine présidentielle, elle a insisté sur le défi de transformer l'influence politique qu'elle et le PTS ont acquise ces derniers temps en une force capable d'influencer la réalité. « Ce que nous devons faire, c'est nous rassembler, nous devons nous organiser. (…) Nous devons tenir des réunions, nous devons former des comités - appelez-les comme vous voulez - mais cela ne peut pas rester dispersé. Tout ce qui se passe actuellement, qui nous remplit de fierté, qui nous rend heureux, car c'est la force de deux ans de résistance à ce gouvernement, doit être organisé » a-t-elle expliqué.

Pour la porte-parole, cette situation pose ainsi la question d'avancer vers la construction de comités vers une nouvelle organisation. « Nous ne cachons pas que nous voulons transformer cette société de fond en comble. Mettre fin au capitalisme est le moyen de mettre fin au génocide, et c'est pourquoi nous nous sommes fixés pour objectif de construire notre propre outil politique. Nous voulions soulever cette question ici afin que vous tous qui nous soutenez, aux côtés des autres forces du FIT-U (…) puissiez comprendre : l'heure est venue de construire (…) un mouvement pour un parti de la nouvelle classe ouvrière, de plus en plus précaire, opprimée, féminisée. Nous avons un programme, le programme du FIT-U, un programme d'indépendance de classe. Nous ne partons pas de zéro, mais nous devons viser plus haut. C'est le débat que nous voulons lancer. »

Un parti dont la militante révolutionnaire a égrainé quelques unes des tâches, à commencer par la récupération des syndicats des mains de la bureaucratie, l'impulsion d'organes d'auto-organisation dans chaque lutte, l'intervention dans le mouvement étudiant, au service de la préparation d'une riposte contre le gouvernement, le patronat et le FMI, et pour en finir avec le système capitaliste.

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