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BHV Marais : la direction appelle la police pour expulser deux syndicalistes et arrêter l'un d'entre eux

Sun, 03 May 2026 23:38:05 CEST

Révolution Permanente

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Le 28 avril, la police est intervenue contre deux syndicalistes à la demande de la direction du BHV Marais et a arrêté l'un d'entre eux. Une répression scandaleuse alors que l'entreprise multiplie les attaques contre les conditions de travail.

Ce 28 avril, la secrétaire générale d'un syndicat « Gilets jaunes » et le secrétaire général du Syndicat commerce et services indépendant démocratique (SCID) ont été expulsés des locaux du BHV Marais par la police, l'un d'eux a même été arrêté. Alors qu'ils participaient à une réunion préparatoire au protocole d'accord préélectoral (PAP) au BHV Marais, en vue des élections professionnelles des représentants des salariés au Comité social et économique (CSE), la direction a voulu interdire leur présence. Une intervention de la police à l'appel de la direction parfaitement scandaleuse, et un nouvel exemple de répression syndicale qu'il faut dénoncer fortement.

Ce mardi avait en effet lieu la troisième réunion électorale préparatoire au BHV Marais, dans les locaux administratifs du grand magasin parisien dans le IVe arrondissement de Paris, rue de la Verrerie. Les deux représentants syndicaux étaient présents aux côtés des autres organisations syndicales et de la direction des ressources humaines (DRH). La DRH a refusé de commencer la réunion en présence de ces deux syndicalistes et a appelé la police pour qu'elle vienne les expulser. Après une palpation au corps des deux militants « indésirables » au nom d'un prétendu « trouble à l'ordre public » et un contrôle d'identité, la police a menotté le secrétaire général du SCID, l'a arrêté et il a été transporté immédiatement au commissariat. La secrétaire générale du syndicat « Gilets jaunes » a été sortie de force des locaux par la police, et a pu filmer l'arrestation, marquant un niveau de répression inédit.

La première réunion pour préparer les élections s'était tenue en mars, mais la DRH l'avait annulée, car elle refusait déjà la présence de ces deux représentants syndicaux, alors même qu'ils disposaient de tous les documents nécessaires pour leur travail syndical. Tous les autres syndicats les avaient soutenus et avaient quitté la réunion par solidarité, ce qui avait amené à son annulation. Les deux syndicalistes réprimés avaient ensuite été convoqués à une deuxième réunion par mail mais ils n'avaient pu s'y rendre, celle-ci ayant eu lieu pendant les vacances de Pâques.

Pour justifier son appel de la police, la direction a d'abord invoqué l'absence des deux représentants syndicaux à la première réunion, puis exigé une déclaration préalable des participants, ce qui n'est aucunement obligatoire. Lors d'un live Facebook diffusé pendant leur interpellation, la secrétaire générale du syndicat « Gilets jaunes » a rappelé leur droit syndical d'assister à la réunion, comme celui de se présenter aux élections, et ce d'autant plus qu'ils disposaient de tous leurs documents en règle.

Alors que la direction refusait de lancer la réunion en présence des deux syndicalistes réprimés, le secrétaire général du SCID a répondu à sa provocation en jouant l'Internationale sur son téléphone, avant de proposer de la jouer dans toutes les langues, tel qu'en russe ou en chinois. La DRH l'a alors accusé de racisme, affirmant qu'elle était d'origine eurasienne. Or, il a affirmé ne pas connaître ses origines. De fait, la DRH a elle-même reconnu après coup l'absence de justification légale, et a tenté de se dédouaner en disant qu'elle avait agi sur les conseils de son prestataire.

Tous les représentants syndicaux présents se sont indignés et ont dénoncé l'absence de fondement légal de la direction pour chasser ces syndicalistes dans un communiqué de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC, SECI, CGT, Sud commerces et services et Solidaires) paru dans la soirée suivant l'intervention policière, déclarant que : « cette direction ne peut se permettre d'improviser son propre Code du travail et nous soutenons nos camarades syndicalistes face à ce nouveau coup de force ». Le syndicat « Gilets Jaunes » a affirmé que le représentant syndical arrêté est ressorti parfaitement libre sans aucune accusation ni procès-verbal, affirmant qu'il s'agit d'une « arrestation politique ».

Cette intervention policière, sous les ordres du patron, contre des syndicalistes ne doit pas être banalisée. Elle intervient par ailleurs dans un contexte de colère des salariés, alors que les travailleur-eus-es s'étaient mis-es en grève en octobre dernier dénonçant la venue de Shein et la restructuration de l'entreprise qui a dégradé les conditions de travail et amené à la suppression de plus de 300 emplois directs. Dans ce contexte, il faut dénoncer ces attaques contre les travailleur-euse-s du BHV, leurs conditions de travail et droit de choisir leurs représentants syndicaux.

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