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Mérignac : un rassemblement réussi contre un salon de l'armement à l'initiative de Guerre à la Guerre

Sat, 02 May 2026 17:39:56 CEST

Révolution Permanente

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À Mérignac, un rassemblement contre le Salon Aéronautique, spatial et Défense a eu lieu mardi 28 avril, à l'initiative du collectif Guerre à la Guerre. Jeunes et travailleurs y ont dénoncé la course à la militarisation et les liens croissants entre enseignement supérieur et industrie militaire.

Un salon Aéronautique spatial et Défense avait lieu fin avril à Mérignac, réunissant de nombreuses entreprises d'armement dans la métropole de Bordeaux. Le salon réunissait plus de 40 entreprises d'armement dans le but de recruter étudiants et demandeurs d'emploi. Pour dénoncer cet évènement, le collectif Guerre à la Guerre a organisé un rassemblement, auxquelles ont participé plusieurs organisations politiques et syndicales tel que Stop Arming Israël, Education avec Gaza, Révolution Permanente ainsi que la CGT Ariane.

Un tract a été distribué par les participants du rassemblement dans le but de dénoncer « la réalité de ces entreprises » et « la finalité morbide qui sort des usines de Gironde », en pointant la responsabilité des entreprises qui arment les impérialistes et leurs guerres, en Iran, en Palestine où au Liban, telles que Thales, Dassault ou encore Airbus. Le tract, écrit par des travailleurs de l'armement de Gironde et d'autres militant·es de la coalition, dénonce également les conditions de travail dans ces entreprises qui « tenteront de vous vendre du rêve pour vous attirer dans leurs filets ». À la place, il décrit la réalité du travail à la chaîne : travail chronométré, surveillé, rébarbatif où les travailleur·euses sont mis en compétition et où l'innovation prime sur l'éthique. Cette mise en lumière de l'exploitation des travailleur·euses dans ces entreprises, qui participent au « rayonnement » de l'État français, montre que les intérêts des classes dominantes se feront toujours par l'exploitation des travailleurs et le massacre de peuples opprimés.

Selon plusieurs témoignages, des participants au salon étaient là dans le cadre d'une convocation officielle du contrat d'engagement de France Travail, qui contraint les demandeurs d'emploi à se présenter à ce genre d'événement sous peine de recevoir un avertissement ou même d'être radié de la plateforme. Cette manœuvre fait référence à la loi Chômage entrée en vigueur en juin 2025, qui conditionne toujours plus le droit des travailleurs au chômage et leur surveillance par l'État. De plus, dans un contexte de militarisation de la France et d'austérité dans les services publics, cette pression appliquée aux travailleurs profite toujours aux entreprises privées, pouvant proposer des postes avec des conditions de travail dégradées sans qu'ils puissent les refuser. De nombreuses classes de collégiens et lycéens sont venues participer au salon, illustrant concrètement l'objectif de cette industrie de mettre au pas les jeunes.

À l'arrivée des militant·es, un gros dispositif policier avait déjà été déployé, avec une vingtaine d'agents de la police nationale et municipale. L'entrée du salon a été refusée à de nombreuses personnes de manière arbitraire, pour prévenir d'une quelconque perturbation de l'événement. Une personne a été interpellée et encerclée par neuf policiers pour avoir tenté de tracter dans l'enceinte du salon. De plus, selon une source organisatrice, Thales ne se serait pas présenté au salon, en lien avec le rassemblement de la semaine précédente et celui tenu le jour même. L'absence de Thales au salon, ainsi que le dispositif répressif déployé, illustrent l'écho que peuvent avoir des évènement antimilitaristes de ce type.

Le tractage a été très bien reçu par les participants du salon et les discussions ont été centrées autour des modes d'organisation au travail. Plusieurs se demandaient comment « reprendre le contrôle de notre travail aux patrons et aux actionnaires ». Beaucoup d'entre eux ont salué l'initiative en remerciant les militant·es de leur présence. Dans le même sens, une délégation d'étudiant·es en sciences du Poing Levé était présente pour affirmer vouloir que leur savoir soit « mis au service de la majorité plutôt que utilisé pour fabriquer des bombes », dans un contexte où le collège de sciences de l'Université de Bordeaux accueille régulièrement des conférences de l'armée et l'université entretient des liens directs avec des entreprises d'armement, pour inciter les étudiant·es à s'orienter vers ce secteur.

L'action d'aujourd'hui s'inscrit dans la suite logique de celle de la semaine dernière à Thales. Ces actions montrent que la coalition de Guerre à la Guerre commence à se structurer dans la région bordelaise. À l'heure où la bourgeoisie et le gouvernement nous promettent un avenir de guerre et de misère et mettant toujours plus de moyens dans la militarisation de la société, il est d'une importance stratégique de construire des cadres larges anti impérialistes comme Guerre à la Guerre.

Pour rendre visible la coalition Guerre à la Guerre à Bordeaux, les militant·es ont été présents ce 1er Mai pour un tractage de présentation et appeler les manifestants à les rejoindre afin de construire la coalition sur la ville. Dans la continuité de cette dynamique, Guerre à la Guerre organise une réunion publique le mardi 5 mai à 18h aux Halles des Douves, en réponse à l'opération policière menée dans le quartier des Capucins. Venez nombreux·ses !

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