« Tout ce qu'on nous offre comme avenir, c'est la guerre » : blocus lycéen à Nancy
Fri, 01 May 2026 15:29:20 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMercredi 29 avril, des centaines de lycéen.nes de Nancy ont bloqué le lycée Henri Poincaré pour protester contre la casse des budgets dans l'éducation, en répondant à un appel national de solidarité lycéenne.

« Tout ce qu'on nous offre comme avenir, c'est la guerre »
Mercredi matin, dès 7h, une dizaine d'élèves du lycée Henri Poincaré de Nancy se sont réunis pour bloquer toutes les entrées du bâtiment, avec des poubelles et des cadenas. Dès 8h, ils étaient rejoints par des centaines d'autres, parfois venus de lycées alentours, des étudiant.es et la FSU. Leur revendication ? Plus de moyens pour l'éducation.
Derrière ce mot d'ordre, un climat de plus en plus anxieux pour les lycéen.es. En plus du manque de profs, que les lycéen.nes dénoncent, l'ouverture de Parcoursup, véritable machine à « tri social ».
Face à cette casse des budgets de l'éducation, les lycéen.nes dénoncent :« On va avoir des classes de 40 élèves. L'éducation, c'est primordial et pourtant on perd des postes pour financer l'armée, pour une course à l'armement qui ne mène à rien. Là, ça fait depuis 2014, je crois, que le budget de l'armée monte constamment alors que pour l'Éducation nationale, ça ne fait que descendre. Tout ce qu'on nous offre comme avenir, c'est la guerre, c'est les bombes », auprès de France 3 Grand Est.
Le message envoyé par les lycéen.es est clair, des cours, avec un nombre suffisant de profs et pas une exhortation à faire la guerre.
Une mobilisation réprimée par une vingtaine de policiers
A partir de 9h, les forces de répression ont été mobilisées. D'abord la police municipale, qui a bloqué la route, rejointe rapidement par la police nationale. La police est intervenue pour casser le blocus, boucliers en mains.
Des journalistes présents témoignent de « scènes de tensions entre forces de l'ordre et manifestants ». A 9h30, les policiers coupaient les cadenas et débarrassaient les poubelles, signifiant la fin de la mobilisation. Sur plusieurs contrôles d'identités, un a entraîné une interpellation. Nous ne savons pas à l'heure actuelle s'il s'agit d'un lycéen ou non.
Des mobilisations lycéennes multiples, qui mettent en avant un refus du retour à la guerre
En France, nous avons vu fleurir des mobilisations lycéennes, parfois accompagnées par des grèves de profs, comme au Havre. Le blocus nancéien s'inscrit dans cette dynamique nationale. Bien que ces mobilisations restent relativement limitées, il faut chercher à les massifier, à ce que les lycéen.nes entrainent autour d'eux des franges plus larges encore, constitués de profs, de parents d'élèves et d'étudiant.es.
Si dans chaque mobilisation contre l'austérité et la casse de l'éducation, la jeunesse scande son refus de la marche à la guerre, ce n'est pas un hasard. Loin des grands discours va-t-en guerre de Macron et sa clique, notre réalité est toute autre : précarité, manque de profs, classes surchargées, et un avenir bouché pour la grande majorité des jeunes de notre classe. L'argent existe, il coule à flots vers les budgets militaires et les dividendes du CAC 40 mais pas pour nos écoles, pas pour nos vies.
C'est sur cette contradiction que les lycéen.nes de Nancy, comme ceux du Havre ou de Marseille, mettent le doigt, en criant leur refus de la militarisation. Il faut maintenant construire sur cette colère, coordonner ces mobilisations et les élargir aux profs, aux parents, aux étudiant.es, pour transformer ces blocus en un mouvement capable de faire reculer l'austérité.