CNOUS : Le Poing Levé veut faire siéger les militants anti-impérialistes Olivia Zemor et Dorian Gonthier
Thu, 30 Apr 2026 13:03:57 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ partir de son siège obtenu au conseil du CNOUS, Le Poing Levé présente Olivia Zemor et Dorian Gonthier pour siéger en tant que personnalités extérieures. Deux militants qui incarnent la lutte antiraciste et contre la répression des soutiens à la Palestine, en rupture avec le projet de sélection et d'austérité du gouvernement.

Le 1er avril, Le Poing Levé obtenait un siège au CNOUS, organe national qui dirige les instances CROUS (Centres régionaux), qui traitent dans chaque académie des problématiques liées à la vie scolaire et la précarité. Derrière cette institution se cache en réalité un fonctionnement antidémocratique. Sur ses 29 membres, le CNOUS est notamment composé de 8 fonctionnaires nommés par le gouvernement : 4 fonctionnaires désignés par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et 4 fonctionnaires désignés respectivement par les ministres chargés du Budget, du Logement, de la culture et des Affaires étrangères. Un député et un sénateur y siègent également, ainsi que trois présidents d'université ou directeurs d'établissements supérieurs publics ou privés, et enfin deux membres désignés par l'association des maires de France, et des régions de France.
Cette composition du CNOUS, dans laquelle les étudiants sont largement sous-représentés, est à l'image du rôle de cette institution dans la mise en place et la gestion des réformes qui précarisent la jeunesse : la hausse des loyers des logements CROUS pourtant insalubres, le durcissement des critères d'attribution des aides sociales ou encore le retard des bourses CROUS qui a plongé dans de grandes difficultés les étudiants.
Pour dénoncer cet état de fait, Le Poing Levé présente en tant que « personnalités qualifiées » deux profils en rupture avec le projet austéritaire et répressif du gouvernement pour la jeunesse : Olivia Zemor, militante propalestinienne, et Dorian Gonthier, travailleur social, conseiller municipal à Saint-Denis et militant antiraciste.
Contre la complicité du CROUS avec le génocide et face à la criminalisation croissante du soutien à la Palestine dans les universités, nous présentons la candidature d'Olivia Zemor, présidente d'Europalestine et militante historique de la cause palestinienne. Alors que les universités ont été le lieu de la mobilisation contre le génocide à Gaza, le CROUS, instance étatique, n'a jamais été un allié dans cette lutte. Pour exemple, il travaille avec la plateforme Izly pour le paiement des repas, un système lié à la BPCE, une banque entretenant des relations avec des entreprises et institutions impliquées dans la colonisation israélienne et l'effort de guerre. Cette dépendance va encore s'accentuer avec la généralisation du repas à 1€, qui ne sera réglable que par Izly.
Dans le même temps, le gouvernement multiplie les offensives contre les soutiens à la Palestine, à l'image de la proposition de loi Yadan, qui vise à assimiler antisionisme et antisémitisme pour mieux criminaliser ce premier. Dans les universités, cette politique se traduit par la répression des mobilisations étudiantes comme celle des comités Palestine de La Sorbonne et Science Po, le renforcement sécuritaire des campus, comme à Paris 8 avec la visite de Philippe Baptiste. Olivia Zemor, elle-même condamnée pour « apologie du terrorisme » en raison de son engagement contre le génocide, incarne la résistance à cette criminalisation et le refus de l'amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Sa candidature porte la nécessité d'une université contre l'impérialisme et solidaire des peuples opprimés.
Nous présentons également Dorian Gonthier, conseiller municipal à Saint-Denis, militant antiraciste à Révolution Permanente et travailleur social, engagé depuis des années aux côtés des classes populaires de la ville. À l'heure où le gouvernement multiplie les attaques xénophobes, hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers généralisée à toutes les universités, suppression des APL, durcissement des conditions de séjour, l'université s'aiguise comme un outil de tri social et racial.
D'une part les étudiants étrangers sont exclus de ses bancs quand ils ne peuvent pas payer les milliers d'euros de frais d'inscription et exposés à des expulsions. De l'autre, une université à deux vitesses se précise, qui relègue les étudiants des quartiers populaires vers des filières courtes et professionnalisantes, vise à produire une main-d'œuvre précaire et corvéable, exploitée dès leurs études à travers des stages et des alternances sous-payées. Face à cette logique, la candidature de Dorian Gonthier affirme la nécessité d'un enseignement supérieur réellement ouvert à toutes et tous, sans condition de nationalité, débarrassé des discriminations racistes et des logiques patronales. Elle s'inscrit dans une perspective où celles et ceux qui font vivre l'université, étudiants, travailleurs, classes populaires, doivent en reprendre le contrôle.
À travers ces candidatures, Le Poing Levé veut montrer que notre génération peut s'inspirer de figure des luttes comme celle pour la Palestine, loin du fonctionnement actuel de l'université et du CROUS. Celui-ci exclue étudiants et personnels des grandes décisions, nous empêche de faire de la politique malgré la violence sociale que nous subissons et les crimes impérialistes dont nous sommes témoins, et voudrait rester une instance anti-démocratique de gestion de la précarité étudiante. Alors que les personnalités extérieures retenues par le CROUS sont habituellement des notables politiques ou représentants du patronat, ces candidatures symboliques visent à démasquer le caractère antidémocratique de ces conseils et ont pour but de proposer un autre modèle d'université, loin de celui que nous propose le gouvernement.
Elles représentent le combat que nous menons pour une université réellement gratuite, ouverte à toutes et tous, indépendante des logiques impérialistes et des intérêts du capital. Elles s'inscrivent dans la continuité d'une génération qui s'est levée contre le génocide en Palestine, contre la montée du racisme et de l'extrême droite, et contre la répression d'État dans les universités. C'est dans cette perspective que nous continuerons à mettre toute notre énergie à construire les mobilisations par le bas, en utilisant les conseils comme des points d'appui à la construction de mouvements.