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Privatisation et suicides à la SNCF : les cheminots se mobilisent pour dénoncer la souffrance au travail

Thu, 30 Apr 2026 16:26:49 CEST

Révolution Permanente

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À l'appel de la fédération SUD Rail, plusieurs centaines de cheminots se sont réunis devant le siège de la SNCF à Saint-Denis dans le cadre de la journée sur la santé et la sécurité au travail. À la SNCF, cette journée a pris une symbolique particulière sur fond d'un nombre inédit de suicides de cheminots depuis le début de l'année.

Chaque année, le 28 avril, journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, les travailleurs rendent hommage à leurs morts. En 2026, encore une fois, le bilan est dramatique, avec plus de 764 décès au travail et une souffrance au travail toujours plus importante. Dans ce contexte, et alors que depuis le 1er janvier 2026, 12 suicides de cheminots ont eu lieu à la SNCF, plusieurs centaines de cheminots étaient réunis ce mardi devant le siège de la SNCF à l'appel de la fédération SUD Rail, avant de partir en rassemblements interprofessionnel l'après-midi.

Pour Clément, militant SUD Rail au technicentre TGV de Châtillon présent pour rendre hommage à ses collègues, il faut « rompre avec l'omerta à la SNCF » et dénoncer « l'explosion de la souffrance au travail à la SNCF dans un contexte où l'ouverture à la concurrence entraîne des attaques importantes sur l'organisation du travail ».

Et en effet, ces dernières années, les drames se sont accumulés à la SNCF, avec plusieurs dizaines de suicides par an. Ces drames ne peuvent être séparés de l'augmentation de la souffrance au travail, en lien avec la politique de la direction de la SNCF. Depuis plusieurs années, la SNCF et le gouvernement ont multiplié les attaques contre les travailleurs du rail : suppression du statut, réforme des retraites, ouverture à la concurrence. Pour mieux préparer l'ouverture à la concurrence et la vente de certaines lignes au prix fort, les travailleurs sont au centre d'un management agressif, d'une augmentation des cadences et de la productivité, mais aussi d'une direction qui traque et réprime les cheminots considérés comme trop contestataires.

Une politique dénoncée par les cheminots ce matin, qui ont tagué, en bas du siège de l'entreprise, les silhouettes des douze cheminots qui se sont donné la mort depuis le début de l'année, à côté du slogan « vos politiques, nos morts ». Pour Mathieu, secrétaire du syndicat SUD Rail Alsace et militant à Révolution Permanente, il existe un parallèle aujourd'hui avec la situation des salariés de France Télécom. Pour rappel, le cas est tristement célèbre, pendant deux ans, une soixantaine de salariés de l'entreprise ont mis fin à leurs jours sur fond d'une privatisation brutale, d'un plan de suppressions d'emplois et de restructuration très violent et du harcèlement des travailleurs.

Pour Mathieu, venu « dénoncer la vague de suicides à la SNCF et l'augmentation de la souffrance au travail », la situation à la SNCF fait penser « à celle connue par les travailleurs de France Télécom... À France Télécom, ils ont expliqué qu'ils allaient virer des salariés par la porte ou par la fenêtre pour mener leur plan de licenciement. À la SNCF, on observe aussi une politique de la direction qui y fait écho. Ils sont en train de pousser notamment des collègues à la démission, des gares et des lignes dans le Grand Est sont en train de fermer. La direction met en place des psychologues du travail, mais pour derrière mieux appliquer des réorganisations brutales qui broient nos collègues. L'ouverture à la concurrence entraîne une situation terrible avec du transfert de personnel obligatoire, qui génère des angoisses importantes chez nos collègues qui ne parviennent plus à se projeter dans cet avenir incertain. On le voit, nous, au quotidien... »

Pour les cheminots qui se sont réunis aujourd'hui en cette journée de lutte pour la santé et pour la sécurité au travail, la question de la souffrance au travail doit être au centre des revendications. Et en effet, alors que le patronat a toujours essayé de faire croire que cette question est uniquement limitée à des problèmes dans la sphère « privée » et en dehors de l'entreprise, la violence des politiques à la SNCF est responsable de la situation : des suppressions de postes aux dégradations des conditions de travail et du matériel, en passant par les réorganisations imposées ou par le management agressif.

En effet, la souffrance au travail est au cœur de l'exploitation salariale. Face aux attaques contre les services publics comme à la SNCF, aux méthodes managériales de voyous, à la multiplication de la sous-traitance et à la précarisation des statuts des travailleurs du rail, il va falloir se battre contre leurs projets meurtriers et lutter pour une SNCF sous le contrôle des travailleurs, et pour mettre fin à un système où nos vies valent moins que leurs profits.

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