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Orion 2026 : une démonstration militariste et un appel à lutter contre la course à la guerre !

Thu, 30 Apr 2026 19:58:27 CEST

Révolution Permanente

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Ce jeudi 30 avril marquait la fin du plus grand exercice militaire en France depuis la fin de la Guerre froide. Un symbole du cauchemar belliciste que nous préparent les classes dominantes, qui appelle à mettre l'anti-militarisme au coeur du 1er mai.

Ce jeudi 30 avril, le plus grand exercice militaire français mené depuis la fin de la Guerre froide a pris fin, en présence d'Emmanuel Macron, qui a tenu, dans une nouvelle mise en scène militariste, à assister aux manoeuvres finales de la phase 4 d'Orion 2026. Depuis début avril, cette phase a mobilisé, sous le commandement du 1er corps d'armée, basé à Lille, près de 12 500 soldats, 1 800 véhicules tactiques, 30 hélicoptères et près de 800 drones dans un vaste exercice partout sur le territoire français.

Simulant une invasion menée par un adversaire inspiré de la Russie, l'exercice visait à tester les capacités de l'armée française et de ses alliés dans une situation de guerre de haute intensité, en mettant à l'épreuve la coordination interarmées des différentes unités dans tous les milieux. Comme l'atteste la présence du chef de l'État, qui place les dernières heures du macronisme mourant sous le signe de l'escalade militariste, cet exercice de plusieurs mois et d'envergure inédite a tout d'une démonstration de force pour l'impérialisme français et vise à réaffirmer le rôle de l'armée française comme première armée du continent. En déplacement ce jeudi à Suippes, Macron a ainsi noté que l'exercice « s'affirme comme un succès et un signal clair envoyé à nos alliés et à nos adversaires. »

Rassemblant notamment des forces venues de l'État espagnol, de la Grèce, de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Italie, le but de l'exercice vise à faire la démonstration de la capacité de l'armée française à diriger une division interalliée de l'OTAN (soit 25 000 hommes) en situation de combat : Orion « nous a montré la crédibilité qu'ont les Européens à pouvoir déployer ensemble une opération de cette ampleur. Et la France à être une nation cadre dans ce contexte » a ajouté Macron.

Un enjeu central pour les classes dominantes françaises, dont l'armée est précisément destinée à jouer le rôle de force dirigeante d'une éventuelle coalition, alors que la centralité militaire française en Europe commence à être contestée par l'Allemagne. Sur fond de crise de son modèle économique, celle-ci cherche en effet à se doter de la « meilleure armée conventionnelle » en Europe. Dans un document stratégique inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'impérialisme allemand affirme ainsi son intention de renouer avec une approche « interventionniste », en calquant son armée sur le modèle expéditionnaire français. Un signe du climat ultra-réactionnaire qui règne en Europe, alors que la crise stratégique de l'impérialisme étasunien inquiète les principaux bénéficiaires du parapluie nord-américain et que l'armée allemande s'arroge désormais le droit de contrôler les déplacements à l'étranger des jeunes en âge de combattre.

Orion a ainsi tout d'un symbole et s'inscrit dans la continuité d'une affirmation de puissance de l'impérialisme français sur la scène européenne. Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron avait déjà présenté le concept de « dissuasion avancée » lors d'une cérémonie aux accents macabres, où le président s'était félicité du pouvoir d'anéantissement terrifiant du sous-marin nucléaire lanceur d'engins qui se tenait juste derrière lui. Dans le cadre de l'actualisation de la doctrine nucléaire française, la France offre désormais aux pays européens une place à l'ombre du parapluie nucléaire français et propose de stationner ses forces stratégiques sur des bases étrangères en Europe.

Quelques semaines après cette démonstration d'agressivité nucléaire, le gouvernement a également présenté l'actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030, qui ajoute 36 milliards d'euros supplémentaires à l'enveloppe de 413 milliards. Des sommes colossales destinées notamment à faire l'acquisition de nouvelles technologies, de drones et de nouveaux véhicules tactiques, en plus de munitions, alors que la participation de l'impérialisme français aux opérations d'interception dans le ciel des Émirats arabes unis pendant la guerre en Iran a vidé ses stocks.

Mais, au-delà de sa dimension européenne, Orion est également un signe de la militarisation intérieure du pays. En effet, certains exercices n'ont pas pu avoir lieu, en raison de restrictions qui auraient dû être levées grâce au nouvel « état d'alerte avancé ». Crise politique oblige, ce nouveau régime d'exception, destiné à faciliter l'activité de l'armée sur l'ensemble du territoire, introduit dans la nouvelle Loi de programmation, n'a pas pu être voté à temps. Bientôt discutée au Parlement, la nouvelle LPM viendra compléter le formidable empilement d'états d'exception en tout genre, au fondement de la Ve République.

Dans le même temps, le déploiement de dizaines de milliers d'hommes et d'engins blindés, parfois au cœur même de zones habitées, sous les yeux de la population, s'est accompagné d'exercices scolaires, à destination des élèves du secondaire et des étudiants du supérieur. Intitulé « Orion jeunesse », des exercices ont eu lieu des colonies françaises, comme à Cayenne, aux grandes villes françaises, comme Paris, Lille, Tours ou Nancy, mêlant « escape game », utilisation des kits de survie, simulations de frappe nucléaire ou d'attaques chimique, parcours thématique sur Jean Moulin et la Résistance gaulliste et immersion dans des centres médicaux. Des activités que le ministère des Armées inscrit dans le cadre du « réarmement moral de la nation », objectif central de la nouvelle Revue stratégique. Orion 2026 est ainsi un rouage essentiel de cette pédagogie militariste et réactionnaire de masse et de la militarisation intérieure, dont la répression tous azimuts des luttes sociales et de la solidarité anticoloniale, de la Palestine à la Kanaky, constitue l'autre versant punitif.

En définitive, Orion appartient pleinement au cauchemar belliciste que les classes dominantes offrent pour seule perspective aux travailleurs et à la jeunesse. Cependant, pour imposer cette offensive, le gouvernement devra affronter de nombreuses contradictions dans un contexte où la guerre en Iran met en lumière les difficultés des aventures impérialistes et où les conséquences de la guerre frappent durement les classes populaires. Dans ce cadre, ce 1er mai, il va falloir mettre la lutte contre la course à la militarisation et l'anti-impérialisme au coeur de nos mots d'ordre. Dans la rue et les cortèges, il faudra être nombreux pour dire : pas une vie, pas un euro pour leurs guerres !

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