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Bénéfices records de Total : pour faire payer les profiteurs de guerre, nationalisons sous contrôle ouvrier !

Wed, 29 Apr 2026 20:44:53 CEST

Révolution Permanente

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Mercredi 29 avril, TotalEnergies a publié son bénéfice net trimestriel, de 5,8 milliards de dollars, soit une hausse de plus de 50% sur un an. Alors que les profiteurs de guerre s'enrichissent sur le dos des travailleurs, il est temps de faire payer Total et d'imposer sa nationalisation, sans indemnités ni rachats, sous contrôle des travailleurs.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les bénéfices de TotalEnergies explosent. Déjà fin mars, le quotidien économique britannique The Financial Times révélait que le géant français était parvenu à engranger plus d'un milliard de dollars grâce à une opération spéculative. Ce mercredi 29 avril, le conseil d'administration de la multinationale a publié son bénéfice net trimestriel, qui s'élève à 5,8 milliards de dollars, soit une hausse de plus de 50% sur un an. Dans son communiqué, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a osé vanter la « capacité à capturer la hausse des prix » du groupe. En d'autres termes : si la flambée du prix à la pompe pèse quotidiennement sur le dos des travailleurs, les profiteurs de guerre, les grandes entreprises pétrolières et leurs actionnaires, s'en mettent plein les poches, faisant exploser leur profits.

Depuis le début de ce choc pétrolier inédit, le gouvernement tente de mettre la crise sous le tapis, cherchant à masquer la responsabilité des grands groupes dans l'explosion des prix du carburant. Le projet de décret proposé mi-avril, visant à encadrer les marges des stations-services jusqu'au 31 août, était une tentative de diversion pour ne surtout pas toucher aux profits des entreprises profiteuses de guerre.

Mais la publication des bénéfices records de TotalEnergies a forcé l'exécutif à dire quelques mots. Ce mercredi 29 avril, Sébastien Lecornu a appelé la multinationale à « redistribuer d'une manière ou d'une autre » ses profits « exceptionnels ». Une déclaration hypocrite destinée à mettre la pression sur TotalEnergies, qui refuse de céder la moindre miette, tout en permettant au gouvernement de se couvrir alors qu'il s'est rangé au service de son PDG, Patrick Pouyanné, depuis le début de la crise. Il a par ailleurs promis que « chaque euro de surplus de fiscalité » serait « réaffecté aux mécanismes d'aides directes ». Une mesure cosmétique, qui vise surtout à maintenir la même politique : ne rien céder aux travailleurs.

Plus tôt dans la journée, Macron lui-même avait appelé le gouvernement à réfléchir à de « nouvelles réponses » face à la hausse des prix de l'énergie. Il a demandé « de continuer à recevoir les professions concernées par la hausse du prix de l'énergie (…) pour apporter et construire avec eux d'éventuelles nouvelles réponses d'appui à la trésorerie d'une part, et des réponses ciblées d'autre part », explique la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. « Personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé, a fortiori en France ». Une manière tout aussi hypocrite de refiler la patate chaude, afin d'éviter que la colère ne se retourne davantage contre un président ultra-affaibli et largement haï.

Surtout, ces déclarations dilatoires interviennent à deux jours du 1er mai, une échéance qui pourrait cristalliser une partie de la colère sociale. Elles montrent une fois de plus que le gouvernement cherche à se dédouaner des profits records réalisés par Total, et à temporiser.

Et pour cause : ces déclarations ne doivent tromper personne. Alors que le gouvernement fait tout pour protéger les profits de la multinationale depuis le début de la crise, il n'y a rien à attendre de Lecornu et d'Emmanuel Macron pour faire payer Total. Les prix continuent de flamber et leurs mesures cosmétiques sont des écrans de fumée, tandis que ce sont les travailleurs qui continuent de subir les conséquences de la guerre impérialiste lancée par les États-Unis et Israël.

Alors que les classes dominantes cherchent à nous faire payer la crise, il y a urgence à faire payer les grandes entreprises et en premier lieu les profiteurs de guerres qui veulent une nouvelle fois casser nos salaires et nos conditions de travail. Face à une inflation qui s'installe et se diffuse, les grèves des raffineurs et des travailleurs de Total montrent la voie à suivre. Le seul moyen de faire payer Total est de construire un rapport de force par en bas. C'est une condition pour imposer même des mesures d'urgence comme le blocage ou le plafonnement des prix.

Pour imposer ces revendications d'urgences et faire reculer le gouvernement et les profiteurs de guerre, il faudra une riposte d'ampleur du mouvement ouvrier, seule à même d'imposer ses propres solutions, notamment d'exproprier les profiteurs de guerre, à commencer par les grands pétroliers comme Total. Il faut exiger l'ouverture complète de leurs comptes pour révéler les bénéfices pharamineux qu'ils cherchent à maintenir secrets, puis leur nationalisation, sans indemnité ni rachat, sous contrôle des travailleurs et de la population.

Dans le même temps, alors que nos salaires réels ont été érodés par des années d'inflation et par la spoliation orchestrée par les grands capitalistes — qui ont tiré profit des crises du Covid et de la guerre en Ukraine — il est nécessaire d'exiger une augmentation de 400 euros pour tous, assortie d'une indexation automatique sur l'inflation. La grève des raffineurs en 2022 a montré qu'il était possible de bloquer l'économie. Aujourd'hui, face à une inflation qui repart et à une attaque directe contre le niveau de vie, la question est posée à l'ensemble du mouvement ouvrier : se contenter d'accompagner la crise, ou organiser la lutte pour faire payer ceux qui en profitent.

Crédit photo : Tostaki1, Wikimedia Commons

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