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Lyon : la justice s'aligne sur l'extrême droite en supprimant une subvention de SOS Méditerranée

Wed, 29 Apr 2026 21:52:18 CEST

Révolution Permanente

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Le parti d'extrême droite Reconquête a déposé un recours visant à retirer une subvention accordée à SOS Méditerranée par la ville, validé par le tribunal administratif. Une attaque contre les associations humanitaires dans un contexte politique réactionnaire et ouvertement raciste.

Le 19 janvier 2024, le parti d'extrême droite Reconquête a saisi la justice pour que soit annulée la subvention versée à S.O.S Méditerranée. Une politique qu'a finalement appliquée le tribunal administratif de Lyon ce 23 avril, qui a aussi exigé de l'association de rembourser la ville de Lyon de 12 000 euros. Éric Zemmour, tête de file de Reconquête, s'est gargarisé sur X, affirmant : « Reconquête démontre à nouveau qu'il est possible d'agir concrètement, et dès maintenant, contre le gaspillage de l'argent et contre l'immigration. »

Si la ville de Lyon a fait appel, elle a déclaré prendre acte de cette décision et demande à l'association le remboursement de la somme qui avait été octroyée en 2023 pour que S.O.S Méditerranée mette en place des « actions de sensibilisation et d'éducation à la citoyenneté du public lyonnais ». Selon Mediapart, le tribunal reproche à la ville de Lyon de n'avoir pas suffisamment encadré l'octroi de la subvention pour qu'elle soit utilisée uniquement à des fins humanitaires et non politiques. Des définitions floues, mobilisées sous couvert de neutralité pour attaquer les associations venant en aide aux personnes immigrées.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que S.O.S Méditerranée se fait arracher ses fonds. En 2023, la cour administrative d'appel de Paris lui retirait sa subvention de 100 000 euros octroyée depuis 2019 par la Ville de Paris. Le 13 mai 2024, le Conseil d'État a annulé la décision de la cour d'appel, jugeant que la subvention était légale. Le dépôt du recours par le parti Reconquête pour supprimer les subventions rappelle le projet de Sarah Knafo, du même parti, pour Paris : elle promettait de « réduire les subventions aux associations » et de supprimer celles jugées « politisées et militantes ».

Selon les chiffres relayés par Le Monde, S.O.S Méditerranée a secouru plus de 39 000 personnes depuis 2016, principalement en Méditerranée centrale, la route migratoire la plus dangereuse du monde, reliant la Libye ou la Tunisie, à l'Italie. Cette année le bilan des personnes qui y ont perdu la vie est particulièrement funeste : du 1er janvier au 15 avril, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a enregistré 1 005 morts ou disparus en mer. Selon l'organisation, ce sont les mois les plus meurtriers depuis 2014, date à laquelle l'institution a commencé à comptabiliser ces drames en mer. Ces disparitions sont vouées à se multiplier en l'absence de moyens. Face à cette situation dramatique, il faut exiger l'abolition des frontières et des politiques criminelles qui en sont à l'origine.

Crédits photo : Gzen92 (CC BY-SA 4.0)

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