Toulouse. « Faire face aux offensives autoritaires » : viens à la réunion avec Elsa Marcel le 30 avril !
Tue, 28 Apr 2026 10:21:09 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe Poing Levé et le Collectif d'Action Judiciaire organisent une conférence avec Elsa Marcel, avocate et militante, qui viendra présenter son premier livre État de droit, ordre bourgeois. Renouer avec la défense politique. Rendez-vous le 30 avril à 18h30, à la salle San Subra (Saint-Cyprien) de Toulouse !

Loi séparatisme 2.0, loi Yadan, proposition de loi Rodwell… Ces dernières semaines, le gouvernement tente d'avancer dans ses offensives autoritaires pour criminaliser la lutte contre l'islamophobie, le soutien à la Palestine, les étrangers, les personnes atteintes de troubles psychiatriques ou encore les personnes trans. Une radicalisation qui s'inscrit dans une séquence plus large qui révèle la nature profondément autoritaire de l'Etat et met à nu la fiction d'un prétendu « Etat de droit ».
Un outil pour sortir de l'impuissance
C'est à partir de cette radicalisation autoritaire qu'Elsa Marcel propose de renouer avec une pratique politique du droit, afin de sortir d'une « posture impuissante ». Avocate au barreau de Seine-Saint-Denis et conseillère municipale dans la même ville, Elsa Marcel est spécialisée en droit du travail et en droit pénal. Militante à Révolution permanente et au Collectif d'Action Judiciaire, elle a plaidé pour défendre des militants, des grévistes, des syndicalistes face à la répression patronale, des manifestants réprimés pendant la réforme des retraites en 2023, des militants indépendantistes lors de la révolte des Kanaks en 2024, ou encore des jeunes des quartiers populaires après la mort de Nahel. Pour Elsa Marcel, « plutôt que de se limiter aux règles du jeu judiciaire et aux mythes de la démocratie libérale, les avocats et militants peuvent investir le droit comme un instrument de lutte politique concrète » en affrontant la justice « sans la sanctifier ni l'éviter ».
A l'heure de la crise du néolibéralisme, le durcissement autoritaire du régime constaté ces dernières années s'est traduit par la mise en place de dispositifs répressifs et liberticides. Débutée sous le signe de l'état d'urgence sécuritaire en 2015, l'offensive autoritaire a pris la forme d'attaques violentes contre les libertés politiques : dissolutions administratives, interdictions de manifester, explosion des gardes à vue, criminalisation de la parole oppositionnelle, etc. Le droit est devenu un outil privilégié pour briser les grèves, criminaliser les organisations antifascistes, écologistes et pro-palestiniennes.
A Toulouse, cette offensive s'est exprimée concrètement ces dernières années. L'Etat a dissout le Collectif Palestine Vaincra, le Comité Vérité et Justice pour Bilal se mobilise face à une justice qui protège l'impunité policière, et de nombreux travailleurs sociaux se confrontent à des lois toujours plus répressives envers les publics qu'ils accompagnent, notamment les personnes sans-papiers. Dans ce contexte, s'emparer de cette discussion et des outils politiques proposés par Elsa Marcel est une nécessité pour s'affronter à la radicalisation autoritaire en cours.
Rompre avec l'illusion de l'État de droit
Face à l'autoritarisme, implorer le respect de l'État de droit, prétendument neutre et purement technique, nous condamne à l'impuissance. En ce sens, Elsa Marcel invite les travailleurs du droit, étudiants, avocats et autres juristes à dépasser l'impasse des appels vains au respect de l'État de droit, afin d'investir le droit comme un instrument de lutte politique concrète. Pour ce faire, elle propose de renouer avec l'héritage de la défense politique : celui de Jacques Vergès attaquant frontalement les crimes coloniaux en défendant les militants du FLN ; de Jean-Paul Sartre pourfendant la guerre américaine au Vietnam depuis le tribunal Russell ; ou encore de Rosa Luxemburg transformant le banc des accusés en tribune ouvrière contre la Première Guerre mondiale. Une défense qui ne s'arrête pas au prétoire, mais se joint aux luttes pour y contribuer en s'attaquant frontalement aux fictions qui font le droit et légitiment l'ordre bourgeois.
Pour éviter de tomber dans les écueils qui nourrissent le tournant autoritaire et réactionnaire de l'État, il faut se doter d'outils théoriques pour s'orienter et défendre une issue révolutionnaire aux crises du capitalisme. C'est précisément cette approche que les militants du Collectif d'Action Judiciaire font vivre en articulant la défense individuelle à une stratégie offensive basée sur la lutte des classes. Une telle approche marxiste du droit implique une rupture avec l'idéologie juridique enseignée dans les facultés, contrairement à la « gauche judiciaire » qui analyse l'offensive autoritaire comme une « dérive » du pouvoir et appelle à un retour à l'essence d'un Etat supposé démocratique.
Étudiants en droit, juristes, avocats, militants, travailleurs sociaux ou curieux : venez en discuter avec Elsa Marcel à la salle San Subra, à Saint-Cyprien, lors de la conférence du Poing Levé et du Collectif d'Action Judicaire, jeudi 30 avril à 18h30.