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Nouvel album de Costa : rap, foot, antifascisme et vitres brisées

Tue, 28 Apr 2026 21:10:59 CEST

Révolution Permanente

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Le rappeur de Paris-Sud a rassemblé quelques-unes des figures les plus politiques du moment pour son nouveau projet « Pourquoi on a cassé la vitre. » Un EP qui sent le lacrymogène, sur laquelle Costa mêle anecdotes quotidiennes, culture foot-casual et punchlines politiques, « à la gauche de la gauche de la gauche. »

Après « Violence, culture, sport et fashion », cette sixième sortie s'inscrit dans la continuité des précédentes, marquée par un engagement politique radical et la culture des stades, le tout sur une esthétique mêlant le classique boom-bap à d'autres d'inspirations, notamment trap.

Costa « BLF », pour « Baise Les Fafs ». Simple. Le rappeur antifa est connu dans le monde des ultras et de la gauche radicale pour son style tranché et son implication dans la rue et les lieux emblématiques du militantisme antifa parisien, tel que le bar Le Saint-Sauveur (fermé il y a un an) ou le club de foot antifasciste et autogéré de Ménilmontant, le MFC 1871 – référence à la Commune de Paris.

Pour casser la vitre, il réunit autour de lui la rappeuse 2L, nouveau phénomène de la gauche autonome, le mythique Médine, et Malo, rappeur du 95. L'album défile comme une balade en ville, une fresque de la jeunesse militante et populaire, au fil de différents rythmes et ambiances. On passe d'un moment chill sur le canap « 1637 dans l'œsophage, trou d'boulettes sur le sofa / On s'donne à la cosa et joue l'av'nir à la roulette / Des lames et des amourettes chez ceux qui sont cagoulés » aux manifs antifa. Le clip « No Face No Case », référence aux émeutes cagoulées, nous emmène dans la chaleur du cortège de tête. Devant une banderole « Guerre à la guerre », aux côtés du MFC1871, Costa et Médine deviennent « une entité placée à gauche de la gauche de la gauche » pour nous dire qu'il « faut des vrais bandits pour la révolution. »

L'ambiance se nuance quand le rappeur nous livre des questions plus introspectives, comme si on le suivait pour une marche nocturne ou lors d'une insomnie. « J'gratte en vingt minutes quand c'est l'heure de la demi-lune, bref / Café, clope pour stimuler les organes. » On y entend ses inquiétudes, le stress, la débrouille, les « jobs qui s'apprennent sans les bouquins », quand manque d'oseille rime avec peu de sommeil. Avec ironie, il ne manque pas de pointer ses propres paradoxes « J'pense qu'aux billets, j'parle du marteau et faucille, sacré paradoxe », ou ceux qu'il observe devant lui : « C'est hard, il commande Deliveroo devant L'histoire de Souleymane ».

Fidèle à lui-même (après 10 ans sur le terrain), cet opus est imprégné de références au foot, aux tribunes, et plus sphériquement à la culture Casual, branche du hooliganisme, au croisement entre le football, la mode et la gauche radicale bagarreuse. Cette culture se niche dans les tribunes les plus animées, où sport et politique se rejoignent, comme lors de la finale de Ligue des Champions à Munich en 2025, où les Ultras de Paris ont déployé une banderole « Stop génocide à Gaza », ou encore l'immense tiffo « Free Gaza » au Stade Vélodrome Si Costa lance « force à mes bandits du stade », et parsème ses textes de références « Drapeau rouge et noire sur mon bateau, époque Milan AC, floqué Pato », c'est que pour lui le foot, les tribunes et le rap, sont des reflets indissociables de la société et de la vie politique.

Cet EP sonne fort et se fait le reflet d'une politique de la « vraie vie », d'un rappeur humble pour qui des anecdotes parfois banales en disent long. Sur 12 titres, il partage ses galères, ses inquiétudes autant que ses coups d'éclat, mais aucune méthode ni instruction. Le titre de l'EP demeure trompeur, car à la question « Pourquoi on a cassé la vitre ? », le rappeur n'y répond finalement jamais. Le bilan sur le mouvement autonome n'apparaît pas. L'acte apparait comme le symbole d'une émancipation nécessaire, pour les enfants « traumatisés » du capitalisme. « Encore sur une barque, j'fais que rapper la vie / Sans justifier pourquoi on a cassé la vitre ».

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