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Université du Mirail : contre les VSS, un projet de logements d'urgence pour les victimes !

Thu, 23 Apr 2026 15:27:15 CEST

Révolution Permanente

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Dans un contexte d'austérité et de visibilisation de la question des VSS à l'université, le Poing Levé dépose un projet pour la création de logements d'urgence pour les victimes. Mais pour réellement affronter les besoins de logement des étudiant·es, les résidences existantes ne suffiront pas, il faudra réquisitionner les 46 000 logements vides de la ville.

Le jeudi 2 avril 2026, un projet déposé par le Poing Levé, visant a ouvrir des logements d'urgence pour accueillir les étudiant·es victimes de violences sexistes et sexuelles, a été examiné une première fois par la commission CVEC (pour « contribution à la vie étudiante et du campus ») de l'université du Mirail. Ce projet, une première en France, a d'abord été pensé comme une réponse concrète face au féminicide de Lison, étudiante de l'université tuée chez elle par son ex-compagnon. Ce féminicide, qui a profondément ému de nombreux·ses étudiant·es, illustre à la fois les conséquences mortelles du patriarcat, ainsi que le manque de moyens accordés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à l'université et au-delà.

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Une publication partagée par Le Poing Levé Toulouse (@lepoingleve_tlse)

Le projet a par ailleurs été remarqué du côté de la presse : 20 minutes, Le Parisien, et France 3 ont contacté nos élues porteuses du projet, qui ont pu revenir sur les raisons qui l'ont motivé.

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Aujourd'hui, l'université du Mirail manque de structures dédiées à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, notamment depuis la démission collective des membres de la Cellule de Lutte, d'Information et de Prévention contre le Harcèlement Sexuel (CLIPHAS) qui ont dénoncé la mainmise de la présidence sur le traitement des VSS, l'opacité des prises en charge des témoignages ainsi que le manque de mesures prises à l'encontre des personnes mises en cause haut placées au sein de l'institution. Le dispositif qui lui succède centralise désormais les signalements de harcèlement et de discriminations, avec toujours plus d'opacité, ce qui contribue à renforcer un contrôle déjà accru sur le traitement des signalements. Pire encore, la personne en charge des violences sexistes et sexuelles ne semble plus exercer ses fonctions et n'est pas remplacée, une situation qui met la lumière sur le manque structurel de moyens donnés par l'université à la lutte contre les violences patriarcales. Par ailleurs, nombreux sont les témoignages récoltés par Le Poing Levé d'étudiant·es qui n'ont jamais eu de retour après un signalement déposé sur la plateforme.

Partant de ce constat, le Poing Levé a déposé un projet pour l'ouverture de logements d'urgence destinés à l'ensemble des étudiant·es du Mirail et des campus toulousains rattachés qui, en raison de leur genre ou de leur sexualité, subissent une emprise ou des violences verbales, économiques, psychiques ou physiques. Il s'agit d'offrir une porte de sortie en lien avec des structures du milieu social, psychologique et juridique. Un abri immédiat à des victimes trop souvent contraint·es de rester dans un environnement violent faute de ressources suffisantes. Une situation qui touche particulièrement les étudiant·es, chez qui la question matérielle se pose de manière cruciale : le manque de moyens pour fuir constitue l'un des principaux facteurs de maintien dans ces situations de violence.

En effet, lors des élections CROUS, nous avons constaté que la précarité étudiante demeure particulièrement forte, tout en étant paradoxalement banalisée. Elle est trop souvent perçue comme une période normale de la vie, voire comme un rite de passage. Et cela alors que 85 % des étudiant·es vivent sous le seuil de pauvreté. Dans le cas où un·e étudiant·e subit en plus des VSS, cette précarité devient un véritable amplificateur des violences, entraînant un niveau élevé de dépendance économique au foyer ou à l'égard de l'auteur·rice des violences, et d'incertitude concernant le quotidien, souvent associée à un isolement social.

Dans ce contexte où Lecornu supprime de plus en plus de financements dans les services publics et impose l'austérité dans les universités, obtenir l'ouverture des logements serait une victoire qui irait à l'encontre de tout ce que veut le gouvernement pour l'université : une fac d'élite, avec toujours plus de sélection et de précarité. Les logements d'urgence permettrait à des personnes précaires, qui subissent une violence quotidienne de continuer leurs études, et serait une grande avancée dans la lutte pour une université ouverte à toutes et à tous, au service de la lutte contre les discriminations.

Mais cette situation dépasse largement les frontières de l'université. Avec le budget Lecornu, appliqué par Moudenc au niveau local, les collectivités territoriales aussi, sont largement amputées de leurs fonds. Les travailleur·euses du Pôle lutte contre les exclusions (PLE) du Centre communal d'action sociale (CCAS), notamment, sont en grève reconductible depuis mardi 7 avril contre les politiques austéritaires du maire. Ce dernier veut déménager le siège du Service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO/115) au siège du CCAS, ce qui impliquerait une dégradation importante des capacités d'accueil. Une situation grave pour une structure censée prendre en charge l'accueil de personnes précaires et sans-abris, qui accentue le manque de moyens dans les structures sociales alors que les quelques centaines de logements disponibles pour les victimes de VSS à Toulouse sont saturées.

L'obtention de ces logements d'urgences serait une victoire pour le mouvement féministe et la jeunesse. Elle doit poser les jalons de la lutte pour l'instauration d'un revenu étudiant à hauteur du SMIC financé par le patronat pour garantir à chacun une autonomie financière et lutter contre la dépendance des jeunes à leur famille. Mais cette victoire devra aussi permettre de mettre au cœur du débat la réquisition des 46 000 logements vides toulousains, sans indemnité ni rachat, qui ne servent qu'à une poignée de fortuné·es, qui font monter les prix du marché immobilier et empêchent des milliers de jeunes d'avoir accès à des logements.

Au Poing Levé, nous qui luttons pour la mise en place réelle du congé menstruel pour toutes et tous non conditionné au genre ou à un justificatif, notamment au sein de l'UFR de psychologie, où il n'est pas respecté, qui avons gagné la réouverture du master AGAPES, nous rappelons que la seule méthode valable pour arracher chaque mesure progressiste à l'université, c'est celle du rapport de force. Nous sommes conscient·es que chacune des attaques, des problématiques auxquelles font face les étudiant·es au quotidien, que ce soit la précarité, la sélection, ou l'austérité, sont des sujets éminemment politiques, imposés par le gouvernement et ses différents relais, et nécessitent une réponse par la mobilisation collective.

C'est le rôle des élu·es du Poing Levé : se mettre au service des étudiant·es et de leurs luttes, en indépendance des directions des universités et du gouvernement, pour arracher chaque victoire dans l'optique de poser des pierres pour la transformation de l'université et de la société. Ainsi, nous invitons tous·tes les étudiant·es désireux·ses de défendre ce projet avec nous à se mobiliser et à nous rejoindre.

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