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Répression : la police expulse les agents du nettoyage en grève à l'hôpital Henri Mondor de Créteil

Wed, 22 Apr 2026 22:22:06 CEST

Révolution Permanente

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Le 9 avril, la direction de l'Hôpital Henri-Mondor à Créteil a fait intervenir plusieurs dizaines de policiers pour expulser des agents du nettoyage en grève pour leurs conditions de travail. Un nouvel exemple d'austérité et de répression contre les travailleurs hospitaliers mobilisés.

Ce 9 avril, les travailleurs du nettoyage de l'hôpital Henri Mondor à Créteil (Val de Marne) se sont rassemblés à l'hôpital pour protester contre leurs conditions de travail indignes et pour faire entendre leurs revendications. Ils étaient en grève depuis la veille, le mercredi 8, suite à des retards de payes, à l'absence de remboursement des frais de transport ainsi qu'à la non-distribution de tickets restaurant. La direction de l'hôpital a répondu par une répression violente, en faisant intervenir plusieurs dizaines de policiers afin d'expulser ces agents par la force.

Ces travailleurs, employés par Elior, ne sont pas les premiers à se mobiliser face à cette multinationale sous-traitante. Dans d'autres villes comme à Bordeaux les employés de Elior ont lancé des mouvements de grève, pour protester contre des salaires faibles, des temps partiels imposés, des retards de paiement, des pressions sur les grévistes, voire des tentatives de remise en cause du droit de grève. La direction de Mondor vise à faire de cette intervention policière un exemple pour tous les travailleurs de l'hôpital. En effet, cette répression s'inscrit dans un contexte de politique austéritaire menée par les gouvernements successifs sur les services publics.

Les agents du nettoyage, en première ligne pendant le COVID et qui effectuent les tâches les plus ingrates, sont les premiers touchés par les coupes budgétaires et l'augmentation des cadences de travail. Externaliser ces tâches permet à la direction de l'hôpital de se laver les mains de l'exploitation honteuse de ces travailleur·euses, souvent issu·es de l'immigration et racisés, tout en profitant de leur travail à faible coût. En termes de politiques racistes, l'hôpital n'est d'ailleurs pas en reste, comme le montre la vague de répression contre les soignantes musulmanes ou présumées comme telles qui portent le calot ces derniers mois.

Une mise au pas au service de la militarisation

L'hôpital Henri Mondor est également à l'avant-garde du projet de militarisation porté par le gouvernement. La direction a déjà annoncé->https://www.facebook.com/GHUMondor/posts/pfbid0f9DHKqULs65qegrcwF2trwBGzEjDv9tHAiYHYQ1jTockUWEbG9qnLP37s7sW9a68l] la signature d'une convention avec la délégation militaire départementale de Seine-Saint-Denis. Cela fait suite à la note d'instruction de la ministre la la santé Catherine Vautrin aux ARS de préparer les hôpitaux à recevoir des blessés de guerre dès cette année, dans le même temps où le chef des armées affirme que les français doivent se préparer à perdre des enfants.

Le recours à la force de la part de Mondor n'est donc pas un hasard, mais s'inscrit dans un projet plus vaste de discipliner les travailleurs.ses de l'hôpital, afin de les préparer à soutenir l'effort de guerre sans broncher. L'intervention de la police à Mondor fait suite à une première intervention policière à l'hôpital Tenon, à la demande de la direction de la société de nettoyage ATN, pour virer manu militari une travailleuse licenciée abusivement..

Faire front pour un hôpital au service de toutes et tous

A l'issue d'une réunion avec la direction d' Elior, les travailleurs du ménages ont pu obtenir plus de passages en CDI et un maintien des avantages pour les nouveaux embauchés. Si cela représente une victoire pour le mouvement, il faut se tenir prêt à d'autres attaques sur les agents dans un contexte de répression et de criminalisation des grévistes et des syndicalistes. La répression des grévistes d'Elior à Mondor nous montre jusqu'où la direction est prête à aller pour tuer dans l'œuf tout mouvement contestataire.

Face à cette direction radicalisée, il est vital de soutenir ceux qui relèvent la tête, à Mondor, comme ailleurs. En s'organisant par en bas de l'ensemble du personnel de l'hôpital, en lien avec ses usagers. Pour cela, il faut défendre des revendications capables de mobiliser tous les agents, comme la titularisation de l'ensemble du personnel, qui constitue un levier central pour les tirer des griffes d'Elior et sa gestion inhumaine des personnels.

La police n'a rien à faire dans nos hôpitaux. Qu'il s'agisse des attaques contre leurs conditions de travail, des discriminations racistes ou de l'intervention policière dans les hôpitaux, la riposte doit être collective et déterminée. Les hôpitaux doivent être des lieux de soins au service de la majorité, et pas des projets austéritaires et militaristes de nos dirigeants. Des sous pour la santé, pas pour l'armée !

Crédits photo : Wikimedia Commons.

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