Conflit d'intérêt, liens avec l'extrême droite, exploitation des jeunes : le vrai bilan du PS à Villeurbanne
Wed, 22 Apr 2026 22:45:49 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe maire PS sortant Cédric Van Styvendael a été réélu à Villeurbanne le 22 mars dernier, avec le soutien d'EELV et le PCF. S'il promet une « ville plus juste et solidaire », son bilan raconte une toute autre histoire.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, Villeurbanne est un bastion du PS. Après quatre mandats de Jean-Paul Bret, c'est Cédric Van Styvendael qui a été élu maire en 2020 puis réélu en 2026, avec un taux de participation extrêmement bas (24,89%), signe de la désillusion des Villeurbannais au sujets de la politique de la « gauche » qu'ils subissent depuis bien trop longtemps.
100 000€ pour financer une association liée à l'extrême droite catholique
Un des projets phares de la mairie est son budget participatif qui, sur le papier, met 1,2 millions d'euros à disposition des habitants pour proposer et voter des projets visant à améliorer la ville. Le budget 2021 a alloué 100 000€ pour l'ouverture d'une « Petite Cantine ». Il s'agit d'une association soutenue par Pierre-Édoudard Stérin, milliardaire d'extrême droite, et mise en avant dans sa soirée de gala « Lyon pour le Bien Commun ». Les Petites Cantines sont liées aux milieux catholiques.
Par exemple, son fondateur, Étienne Thouvenot, a été bénévole pour le diocèse de Lyon et a aussi créé l'entreprise « Occuro » soutenue par le diocèse. Son frère est d'ailleurs prêtre et directeur de la Fondation Saint-Irénée, une structure partenaire des Petites Cantines. Le budget participatif 2024 a quant à lui permis de financer la « Maison Sésame », gérée par le Secours Catholique à hauteur de 9000€.
Le fondateur des Petites Cantines est le mari d'Agnès Thouvenot, adjointe au maire à cette époque. L'enquête de Mediacités fait ainsi signe vers un conflit d'intérêts.
Deux autres associations fondées ou co-fondées par des membres de la famille Thouvenot perçoivent des financements de la mairie : Croc' Vacances, un « accueil de loisir à gestion parentale », pour laquelle la fille Claire Thouvenot a été salariée. Thomas Thouvenot, le fils, est quant à lui lié à l'association de fanfare GIRASOL, subventionnée par la mairie pour des festivals.
Les classes populaires de Villeurbanne surexploitées
La politique de la mairie avantage les plus aisés et les politiciens. Le 11 avril dernier, le maire a augmenté les indemnités de ses adjoints qui étaient déjà élevées.
Au lieu de proposer des CDI pour les services publics, la mairie préfère compter sur des jeunes payés 170€ pour 27h de travail par semaine (non renouvelable) pour effectuer divers travaux : nettoyage, peinture, entretien d'espaces verts, inventaire, accueil, aide aux personnes âgées. Il s'agit donc d'exploiter les jeunes de 16 à 21 ans en les rémunérant 6 euros de l'heure !
À Villeurbanne Saint-Jean, les chômeurs sont aussi dans le viseur de la mairie. Depuis 2016, ce quartier, le plus précaire de la ville, est accrédité « Territoire Zéro Chômeurs » : les chômeurs sont incités à travailler pour la structure « Emerjean ». Derrière ce projet se cache à nouveau Agnès Thouvenot, l'ex-adjointe au maire. Ces travailleurs accomplissent des tâches pénibles pour des salaires de misère comme la blanchisserie, le jardinage, la couture. Ce type de structure est aussi implanté au quartier des Brosses à Villeurbanne et dans la ville de Saint-Fons. Le mépris pour les chômeurs est manifeste alors que le logo du « Territoire Zéro Chômeurs » est similaire à celui du « Territoire Zéro Déchets ».
L'accès au logement est compliqué pour les travailleurs de Villeurbanne. La taxe foncière a augmenté de 10% en 2024, ce qui a mis dans une situation financière compliquée de nombreux travailleurs ayant contracté un prêt pour devenir propriétaire. Les places en logements sociaux manquent, comme l'explique Zeïna, mère célibataire de 62 ans :
J'ai fait plein de demandes de logement auprès de la mairie, mais elles ont toujours été refusées... Mon fils a 16 ans et a fréquemment des crises d'épilepsie. Nous sommes contraints de vivre dans le salon de ma sœur. La honte doit changer de camp ! Le silence ne doit plus être une option face à des dérives qui volent, littéralement, le pain et le toit des plus miséreux. C'est à vomir de voir que la mairie de Villeurbanne n'est là que pour servir les intérêts des élus, de l'église, grâce au soutien des bobos qui votent pour eux…
En novembre 2024, c'est cette même mairie qui avait fait expulser des mineurs isolés occupant un gymnase villeurbannais, au bout de seulement deux heures, les laissant dans un froid glacial.
La mairie PS de Villeurbanne administre donc la ville au service du patronat local tandis que la mairie dé-finance les services publics et les structures associatives tout en mettant en place des mécanismes d'exploitation des chômeurs et de la jeunesse ! Face à cette situation, il ne faut pas attendre la prochaine élection mais lutter dès maintenant par en bas pour obtenir de l'argent pour les services publics qu'utilisent les travailleurs et la jeunesse de Villeurbanne, à l'image de la grève des agents municipaux de 2024 qui avaient empêché la suppression de 8 postes d'ATSEM.
Face à des politiciens professionnels au service du patronat et de leurs propres intérêts, seule la mobilisation par en bas pourra mettre fin aux pratiques de la mairie socialiste et faire reculer l'extrême droite qui profite des largesses des édiles socialistes depuis de nombreuses années.