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Censure : la présidence de l'université Paris 13 interdit un séminaire antimilitariste

Tue, 21 Apr 2026 01:00:37 CEST

Révolution Permanente

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Ce jeudi 16 avril était organisé un séminaire marxiste par Armes de la Critique et Le Poing Levé sur le campus de l'Université Sorbonne Paris Nord à Villetaneuse. Deux heures avant la tenue du séminaire, la présidence de l'université a interdit sa tenue sans explications, mais les étudiant·es ont réussi à le maintenir.

À l'occasion de la sortie du livre Contre l'écologie de guerre, paru aux éditions La Dispute par le militant écologiste à Révolution Permanente Vincent Rissier, un séminaire marxiste avait été organisé pour présenter cet ouvrage et discuter de son actualité dans les milieux universitaires et étudiants.

Alors que la mobilisation anti-impérialiste reprend sur les campus universitaires, à l'exemple des blocus organisés à La Sorbonne Paris 1 et Sciences Po Paris contre la loi Yadan, l'université de Paris 13 semble déterminée à éviter toute possibilité d'organisation et de mobilisation. En effet, la présidence a annulé la tenue du séminaire quelques heures avant sa tenue et a renforcé son dispositif de sécurité à l'entrée du campus afin de s'assurer que l'événement ne se tienne pas. Cette répression n'est pas nouvelle, à l'image de la conférence sur le livre Israël-Palestine organisée avec le spécialiste des relations internationales, Pascal Boniface, qui avait également été interdite le mardi 21 janvier 2025, comme sur d'autres facs.

Face à cette interdiction, le séminaire s'est tout de même tenu devant le campus, avec plus d'une vingtaine d'étudiant·es déterminé·es à discuter des enjeux soulevés par le travail de Vincent. Ce dernier démonte le consensus militariste à l'oeuvre au sein des classes dominantes et des franges bourgeoises du mouvement écologiste, articulé idéologiquement autour du concept d'écologie de guerre et arboré par les nouveaux partisans d'un « impérialisme vert ». Dans le même temps, la situation internationale est toujours plus convulsive et accouche de génocides et d'écocides, tandis que les mobilisations reprennent pour dénoncer les attaques impérialistes des États-Unis en Iran et la poursuite de la colonisation et du génocide en Palestine.

L'université Sorbonne Paris Nord, forte de son institut Galilée et de son école d'ingénieurs (Sup Galilée), assure des formations scientifiques dans des domaines variés allant des mathématiques à l'informatique, en passant par la physique, la chimie mais aussi l'énergétique, les nanotechnologies ou encore les biomatériaux. Ces filières étant profondément liées aux intérêts du capitalisme et de l'impérialisme français, la direction du campus s'offusque de la tenue d'un séminaire pouvant remettre en question le projet des classes dominantes pour l'université, notamment au sein de ses filières scientifiques dont les contenus sont particulièrement liés aux enjeux de la course au réarmement. Aussi, une membre de l'administration s'est indignée contre l'affichage du « séminaire marxiste », en stipulant que le marxisme et la politique de manière générale n'avaient « rien à faire sur le campus universitaire ».

Cette répression s'inscrit dans un contexte global d'offensive contre les mouvements de solidarité avec les peuples opprimés, à l'image des deux étudiants du comité Palestine des Beaux-Arts envoyés en conseil disciplinaire, des quatres étudiant·es interpellé·es après les blocages à La Sorbonne et Sciences Po ou encore de la tentative d'interdiction de la tenue d'une assemblée générale étudiante contre la loi Yadan à Paris 8. Instrumentalisant la lutte contre l'antisémitisme, le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a en effet annoncé un durcissement des procédures disciplinaires. Ainsi, le contrôle accru de la sécurité de la Sorbonne Paris Nord répond à la consigne du ministère d'organiser un « encadrement renforcé des événements identifiés comme sensibles, avec une présence institutionnelle systématique ».

Ce rapport constitue une attaque inédite contre les libertés politiques et démocratiques des étudiant·es, couplée avec le renforcement des contrôles d'identités et des fouilles de sacs à l'entrée des campus universitaires, pour empêcher toute possibilité d'organisation étudiante qui pourrait constituer un « trouble à l'ordre public » aux yeux d'un gouvernement toujours plus répressif. Alors que nos libertés académiques, politiques et d'expressions sont toujours plus attaquées, il est urgent de dénoncer haut et fort la censure, la répression et l'alignement des présidences d'université derrière l'autoritarisme du gouvernement. Nous ne nous tairons pas et continuerons à faire des facs des lieux de discussion politique et de mobilisation anti-impérialiste.

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