Attaque raciste : un homme tire à la carabine sur des enfants en criant « dehors les noirs et les Arabes ! »
Tue, 21 Apr 2026 21:32:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalUn voisin a tiré à la carabine sur un groupe d'enfants en proférant des insultes racistes à Espaly-Saint-Marcel, dimanche 15 avril. Sorti de garde à vue lundi soir, il est rentré chez lui et a de nouveau insulté ses voisins. Une nouvelle attaque indissociable du climat réactionnaire entretenu par les politiques actuelles.

« C'était une véritable chasse à l'enfant de couleur » explique une femme sur l'aggression raciste et extrêmement violente dont elle a été témoin. Dimanche dernier, aux alentours de 15h à Esplay-Saint-Marcel, en Haute-Loire, « une dizaine d'enfants, âgés de 6 à 11 ans, jouait quand un habitant du lotissement est sorti armé, raconte la tante d'une des victimes, au journal Le Progrès. Il leur a couru après avec une carabine à plomb, tout en disant : “Dehors les noirs et les Arabes !” Finalement, il a mis en joue mon neveu, puis lui a tiré dessus. La balle a touché son mollet. Mon neveu a eu tellement peur. Il a cru qu'il allait mourir. » Ce dernier a été hospitalisé et s'est vu prescrire 3 jours d'ITT (Incapacité Totale de Travail). C'est une voisine qui a appelé la police « J'étais chez moi, la fenêtre ouverte, quand j'ai entendu les petits m'appeler d'en bas. Ils disaient : “Il nous tire dessus, il nous tire dessus !” Je l'ai vu les menacer avec la carabine, j'étais choquée. », avant de recueillir chez elle les enfants « terrifiés ».
Un racisme décomplexé, dénoncé à maintes reprises
Cet homme âgé de 65 ans était bien connu du voisinage. Une habitante a déclaré que « C'était prévisible. Depuis que j'habite à l'Arbousset, il insulte mes enfants et moi parce que nous sommes noirs. » Dans une vidéo que Le Progrès s'est procurée, il déclare : « Je suis raciste et je suis fier d'être raciste. Je le dis haut et fort. » De nombreux témoignages dénoncent ces violences racistes terribles que subissent les habitants depuis quelques années. Il aurait frappé un enfant de 3 ans d'origine maghrébine avec un bout de bois, agressé un autre de 8 ans en lui jetant des bâtons, tout en criant des insultes racistes. Il aurait, également, traité une voisine de « babouin » et de « sale noire » à plusieurs reprises, lui disant qu'elle était en France pour « profiter du système, tout en me disant de rentrer chez moi, alors même que je suis française ». Il aurait démonté un banc de la résidence car « trop de noirs et d'Arabes s'asseyaient dessus ». Récemment une voisine d'origine syrienne aurait déménagé à force de recevoir des insultes de ce même homme car elle est voilée.
Plusieurs habitants s'étaient plaints à la mairie de ces comportements, qui avait alors contacté l'Opac 43 (Office Public d'Aménagement et de Construction) qui gère le logement social, afin qu'il trouve un nouveau logement à cet homme. La veille de l'attaque, une des voisines victimes de ces violences racistes, était allée au commissariat pour porter plainte contre cet homme pour injures racistes. Sa plainte n'a pas été prise et il lui a été demandé « de repasser dans la semaine, en raison des effectifs réduits le week-end ».
De nombreuses alertes sont donc restées lettre morte. Aujourd'hui, s'il est poursuivi pour des faits de violence avec arme, le parquet indique que les propos racistes « n'ont pas été évoqués par les témoins ou les victimes », et la maire de la commune, pourtant au fait de ses comportements précédents, a tout simplement évacué toute caractérisation de racisme : « Concernant ce monsieur, je ne sais pas s'il insulte plus les gens de couleur que les Blancs. Pour moi, c'est une personne compliquée avec tout le monde. » Une complaisance qui en dit long sur la complicité de l'État dans les attaques racistes qui se multiplient aujourd'hui.
Placé en garde-à-vue dimanche, le voisin a été relâché lundi soir. « Personne ne nous a prévenus qu'il allait sortir, raconte la tante de l'une des victimes. Il est revenu et il a hurlé sur les enfants, il nous a de nouveau insultés ». Avant son retour déjà, une des voisines disait être très inquiète pour sa sécurité et celle de ses enfants : « J'ai l'impression que personne ne se préoccupe de ce qu'il m'arrive. Je n'en peux plus de traverser mon couloir et tomber sur mon voisin qui dit des horreurs. J'ai envie de partir. Je ne veux plus que mes enfants jouent dehors, en bas de chez moi. Je me dis qu'à force, on va me tuer, moi et mes enfants ». Situation qui s'est évidemment accentué depuis le retour de son voisin, cette femme dit désormais ne plus du tout pouvoir sortir de chez elle avec ses enfants « par peur de mourir ».
Le racisme tue : contre la complicité d'État, il faut faire front
Cet acte raciste ignoble est indissociable du climat xénophobe et islamophobe qui règne en France. Un climat entretenu par les politiques et les discours racistes du gouvernement, largement relayé par les médias et la majeure partie des forces politiques bourgeoises, du RN au PS. Selon une enquête, les actes antimusulmans ont augmenté de +75% entre janvier et mai 2025 par rapport à 2024. Le récent meurtre raciste d'Ismaël Aali près de Lyon est un nouvel exemple marquant des conséquences de cette montée d'attaques racistes et islamophobes.
En effet, lorsque Bruno Retailleau se vante d'avoir augmenté les interpellations des étrangers et les OQTF, ou que la macronie tente de faire passer un nouveau texte islamophobe dans la continuité de la loi séparatisme, il est clair que les gouvernements accentuent un climat xénophobe et réactionnaire qui déroule le tapis rouge à l'extrême droite. Face à ce nouveau drame, Révolution Permanente exprime toute sa solidarité avec les victimes et leurs familles. Il faut à nouveau souligner l'urgence de faire front contre les politiques racistes et islamophobes, sur lesquelles surfent l'extrême-droite et qui poussent certains individus à passer à l'acte de façon ultra-violente.