Billet. Après la mort d'un lycéen en stage, une cheminote dénonce l'exploitation des stagiaires
Tue, 21 Apr 2026 21:53:13 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLaura Varlet, cheminote au centre de triage fret du Bourget, revient sur la mort d'un lycéen de 15 ans sur un chantier dans le Gard et dénonce les conditions d'exploitation des stagiaires et des travailleurs précaires, notamment dans la sous-traitance à la SNCF.

Je viens de lire dans la presse l'histoire tragique d'un lycéen de 15 ans mort pendant son stage d'observation, après un accident sur un chantier dans le Gard. Une enquête administrative a été ouverte après le décès de cet élève, qui s'est retrouvé coincé sous un chariot élévateur alors qu'il effectuait son stage dans une entreprise du BTP.
Cette histoire m'a vraiment touchée. J'ai pensé à sa famille, bien sûr, à ses proches, mais aussi aux travailleurs du site, qui seront marqués à vie. Et elle m'a immédiatement fait penser à la situation des stagiaires qui travaillent avec nous au chemin de fer.
Récemment, j'ai été confrontée à un cas révélateur : un collègue du nettoyage dans la sous-traitance à la SNCF, en situation régulière, a été suspendu sans raison par son employeur au moment du renouvellement de son titre de séjour — alors même qu'il avait le droit de travailler. À sa place, l'entreprise a fait appel à des stagiaires… sans les rémunérer, bien sûr.
Ces pratiques sont totalement illégales, mais les patrons voyous en profitent. Les conditions de travail se dégradent, la sous-traitance et les contrats précaires explosent… et les morts au travail s'accumulent.
À la SNCF, notamment dans les métiers de la sous-traitance, la situation est de pire en pire. Nicollin, Atalian, Onet… ces groupes embauchent des travailleurs, souvent immigrés, et les jettent comme des kleenex dès qu'ils le peuvent.
Il faut en finir avec les stages non rémunérés. Il faut en finir avec la sous-traitance. Il en va de la sécurité de toutes et tous : nous ne sommes pas de la chair à patron.