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L'exploitation tue : un lycéen de 15 ans meurt sur un chantier pendant son stage d'observation

Tue, 21 Apr 2026 14:27:48 CEST

Révolution Permanente

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Ce vendredi 17 avril, un lycéen âgé de 15 ans a perdu la vie, écrasé sous un chariot élévateur alors qu'il était en stage dans une entreprise du BTP dans le Gard. Une nouvelle dramatique, conséquence des politiques des gouvernements successifs qui professionnalisent les jeunes de plus en plus tôt.

Un adolescent de 15 ans, qui effectuait un stage d'observation obligatoire dans une entreprise du BTP, est mort alors qu'il conduisait un chariot élévateur dont il a « perdu le contrôle » avant d'en être éjecté puis écrasé, comme l'explique le Parisien. Le jeune garçon était élève au lycée professionnel privé Sainte-Marie dans la ville de Bagnols-sur-Cèze.

Ce tragique événement intervient après une série de cinq morts de mineurs au travail, entre avril et juillet 2025. Dans une tribune parue en octobre dernier, la CGT déplorait « 1287 décès liés au travail » en 2023 en France, qui détient d'ailleurs le triste record d'Europe en la matière. Les moins de 25 ans sont « surreprésentés dans les accidents du travail », étant 2,5 fois plus concernés que les autres salariés. De plus, dans cette même tranche d'âge, le nombre d'accidents mortels au travail a brutalement augmenté de 29% entre 2019 et 2022.

Loin d'être de simples accidents isolés, ces drames sont la conséquence directe des politiques des gouvernements successifs, qui cassent les conditions de sécurité au travail d'un côté, et de l'autre poussent les jeunes vers des filières professionnelles et des contrats d'apprentissage par la sélection et la casse de l'éducation. Ainsi, le nombre d'apprentis a par exemple doublé entre 2018 et 2025, passant de 400 000 à plus de 840 000.

Dans un tweet posté le jour même, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou a cherché à instrumentaliser la mort de l'adolescent, en affirmant que « la prévention des accidents graves et mortels au travail doit être une priorité absolue ». Et de surenchérir : « Je connais personnellement l'émotion que ressent un chef d'entreprise [...] lorsqu'un tel drame survient ». Alors que l'ancien PDG de la SNCF cherche dans le même temps à faire passer une offensive contre le 1er mai, et dégrade les conditions de travail des jeunes et des travailleurs, ces propos insupportables, qui se placent du côté du patron, ne parviennent pas à masquer la responsabilité du gouvernement dans cette mort.

À la veille du 1er mai, il est primordial d'exiger d'en finir avec les politiques qui mènent à de pareilles tragédies. Nous envoyons tout notre soutien à la famille et aux proches de l'adolescent décédé. Il faut ainsi revendiquer la fin de la sélection, de l'élitisme et de l'austérité dans l'éducation, qui poussent les jeunes à la professionnalisation toujours plus tôt. Alors que les classes dominantes veulent faire de la jeunesse une main d'œuvre peu chère - voire gratuite avec les stages - avant de l'enrôler dans leurs futures guerres, nous devons marteler que personne ne devrait mourir pour espérer avoir un avenir professionnel

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