Hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers : Le Poing Levé appelle à se mobiliser !
Tue, 21 Apr 2026 13:51:48 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalPhilippe Baptiste a annoncé ce lundi 20 avril vouloir mettre en œuvre la fin de l'exonération des frais d'inscription pour les étudiants étrangers « extra-communautaires ». Nous relayons le communiqué du Poing Levé, qui dénonce une nouvelle attaque xénophobe grave contre les étudiants étrangers.

Dans un contexte ou les attaques racistes se multiplient à l'Université contre les étudiant·es étranger·ères, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, a annoncé ce lundi 20 avril, dans les colonnes du Parisien, vouloir mettre en œuvre la fin de l'exonération des frais d'inscription pour les étudiant·es étranger·ères « extra-communautaires ». Alors qu'ils sont déjà en première ligne face au racisme d'État et à l'austérité, cette mesure xénophobe correspond à une nouvelle offensive d'ampleur contre ces derniers.
Depuis 2018, la loi « Bienvenue en France » impose que les étudiant·es étranger·ères « extra-communautaires » (hors UE) paient 2.895€ en licence et 3.941€ en master. Des frais d'inscription exorbitants pour des étudiants souvent en situation de précarité extrême et impossibles à payer pour nombre d'entre eux, conduisant de nombreux établissements de l'Enseignement supérieur à les exonérer de ces frais d'inscription différenciés. Une situation inacceptable pour le gouvernement qui essayait déjà d'imposer la mise en œuvre de cette mesure en organisant la faillite des universités au travers de sa politique d'austérité, conduisant de plus en plus d'établissements à appliquer cette mesure sous la contrainte budgétaire. C'est le cas par exemple de l'université de Lyon 2 et Aix-Marseille Université, qui depuis la rentrée 2025 appliquent le dispositif Bienvenue en France, expulsant de fait de nombreux étudiants étrangers des bancs de l'université.
Désormais, sous couvert d'un nouveau plan « pour attirer les étudiants étrangers », Choose France For Higher Education, le ministre annonce en réalité une loi Bienvenue en France 2, qui a pour objectif que les étudiants étrangers « qui en ont les moyens » payent des frais d'inscriptions différenciés, avec un objectif de 90%, contre 10% aujourd'hui. Comme le ministre l'explique lui-même, « la règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération ». Déjà ciblés par la suppression des APL, mesure du nouveau budget validé par le Conseil constitutionnel le 19 février, les étudiant·es étranger·ères font face à un véritable tri raciste, pour leur empêcher de facto l'accès à l'Université.
Cette offensive, qui représente une entrave majeure au droit d'étudier pour les étudiants étrangers, s'inscrit dans la politique des gouvernements successifs qui n'ont cessé de multiplier les mesures racistes et austéritaires afin de fermer l'Université aux plus précaires, aux enfants d'immigrés et aux étudiants étrangers. Car cette attaque contre les étudiants étrangers risque de préfigurer une offensive plus large sur les frais d'inscription pour toutes et tous. Une hausse généralisée des frais d'inscription est en effet recommandée dans un rapport ministériel publié en octobre 2025, que le gouvernement réfléchirait à faire appliquer.
Nous ne pouvons pas laisser passer les augmentations de frais d'inscription pour les étudiants étrangers. Il faut lutter contre cette nouvelle annonce ultra xénophobe, contre Bienvenue en France et contre toutes les mesures racistes que nous imposent le gouvernement. À l'image de la mobilisation menée à Paris 1 contre l'application de frais différenciés, étudiant·es, doctorant·es, personnels administratifs et enseignants doivent faire front contre le tri-raciste et la précarisation massive des étudiants, et lutter pour une Université ouverte à toutes et tous, sans conditions de nationalité ou de revenu. En ce sens, dans la lignée des mobilisations pour la fin du génocide à Gaza dans les universités, nous devons nous emparer de cette lutte et se battre pour une université gratuite et ouverte à toutes et tous.