Bataille à droite : LR mise sur Retailleau pour 2027 face à un RN jugé « trop à gauche »
Tue, 21 Apr 2026 21:42:46 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDésigné candidat les Républicains pour les présidentielles à l'issue d'une consultation interne, Bruno Retailleau voudrait faire oublier ses liens, pourtant récents, avec le macronisme et annonce d'une campagne ultra-réactionnaire.

C'est désormais officiel : Bruno Retailleau est sur la ligne de départ des élections présidentielles. Président des Républicains, il est désigné candidat par 73,8 % des adhérents à l'issue d'une consultation interne enterrant la possibilité d'une primaire au sein du parti conservateur. Une investiture qui consacre une ligne dure, sécuritaire et identitaire, désormais assumée comme colonne vertébrale d'une droite en quête de survie politique à l'approche de 2027.
Dans ses dernières déclarations, Retailleau promet une « rupture radicale » avec le macronisme. L'annonce a de quoi surprendre. Difficile de faire plus emblématique du pouvoir actuel que celui qui, en tant que ministre de l'Intérieur de trois gouvernements macronistes, a été l'un des principaux artisans de ses politiques les plus droitières. Derrière la posture d'opposant, c'est bien un pilier du dispositif sécuritaire et anti-immigrés de ces dernières années qui tente aujourd'hui de se réinventer. Loi immigration, baisse des régularisations, multiplication des OQTF et des expulsions, rafles dans les transports, obsession autour du « séparatisme » et du voile sous fond d'offensive islamophobe : son bilan parle pour lui. ce n'est pas avec ces aspects qu'ils compte rompre pour 2027.
Dans un récent entretien au figaro Retailleau reproche ainsi à Emmanuel Macron de ne pas avoir été assez « ferme » sur les questions migratoires et sécuritaires. Traduction : il faut plus de répression, plus de stigmatisation, plus d'attaques contre les étrangers et les musulmans. À cela s'ajoute un projet économique sans équivoque : dénonçant un RN « trop à gauche » sur ces questions – ce qui donne le ton à l'heure où Marine Le Pen et Bardella tentent de séduire le Medef et les patrons du CAC40, Retailleau prépare le terrain pour une politique d'austérité renforcée et de nouvelles offensives contre les classes populaires.
Sa candidature dessine ainsi les contours d'une campagne très droitière, recentrée sur les thèmes régaliens. Sécurité, immigration, « ordre » : on s'attend à beaucoup entendre parler du triptyque préféré de l'ancien ministre. Si ces thèmes ont dominé l'arène politique ces dernières années, autant du côté des responsables politiques que des médias bourgeois, un récent sondage Ipsos identifie d'autres préoccupations principales dans la perspective de l'élection présidentielle : sauvegarde du système de santé, pouvoir d'achat, rémunération du travail, système éducatif. Autant de préoccupations qui rendent compte de la dégradation des conditions de vie des classes populaires, entre crise inflationniste et attaques anti-ouvrières auxquelles Retailleau a activement participé.
Face à une campagne que la bourgeoisie propose de mener dans des termes toujours plus à droite, il faut construire une alternative concrète pour notre camp, pour contester ces discours, refuser leur banalisation et faire émerger d'autres perspectives.