« La grève générale peut arrêter le génocide » : Anasse Kazib au départ de la Flottille
Mon, 20 Apr 2026 16:30:36 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSamedi 11 et dimanche 12 avril, la deuxième édition de la Global Sumud Flotilla quittait Barcelone en direction de Gaza, avec pour objectif de briser le blocus imposé par Israël au peuple palestinien. Anasse Kazib et Révolution Permanente étaient présents à Barcelone pour accompagner le lancement de la flottille.

Je vais parler en français mais nous avons un langage commun : le langage révolutionnaire, celui de la lutte de classes. Depuis la France, et notamment en tant qu'un des visages du courant Révolution Permanente – Quatrième Internationale, je voulais dire que nos trois camarades Mariona, Iara et Leandro sont la fierté des nôtres, la fierté du trotskysme, la fierté du marxisme révolutionnaire. La fierté aussi de toutes celles et ceux qui avant eux se sont affrontés aux impérialistes et à la barbarie de ce système !
La lutte des classes pour la Palestine
Les camarades avant moi ont dit beaucoup de choses sur la combinaison avec la lutte de classes, avec la question du mouvement ouvrier. Je voudrais ajouter certaines choses. Si nous sommes présents dans la flottille, c'est qu'il s'agit d'un bloc de résistance qui s'affronte à ce qu'est en train de faire l'armée israélienne. C'est une action hautement politique qui permet de donner énormément de moral, énormément de détermination.
Mais cette action ne sera pas suffisante. L'action qui peut vraiment faire cesser ce génocide, c'est l'action des masses en lutte et qui mobilise les méthodes du mouvement ouvrier. Car il est possible de s'affronter à la machine militaire et politique de l'État d'Israël grâce à la force du mouvement ouvrier. Par exemple, comme l'a dit le camarade Leandro, en arrêtant les livraisons de pétrole.
Nous ne sommes pas des fanatiques de la classe ouvrière, comme on est fan d'Ariana Grande ou de je ne sais quel artiste. Si on parle de classe ouvrière, c'est au sens stratégique, au sens où ce sont les travailleuses ou les travailleurs qui ont la possibilité d'arrêter la machine de production. Très souvent, nous sommes très impressionnés par l'intelligence artificielle, les satellites, la technologie ou les renseignements.
Mais qui sont celles et ceux qui fabriquent et qui entretiennent tous les réseaux d'informatique, de satellites ou de télécom sinon les travailleurs et les travailleuses. Et tous à notre échelle, du raffineur à l'aide soignante en passant par le professeur des écoles, le cheminot ou l'informaticien, nous avons tous conscience que nous avons ce pouvoir là, que nous pouvons arrêter les plus grandes boucheries mondiales et aller au-delà.
L'inaction des bureaucraties syndicales
Ce que les camarades sont en train de faire est un acte héroïque qui permet d'affronter un problème stratégique et politique central : celui du rôle que joue la bureaucratie syndicale qui est absente de l'organisation de la lutte de classes contre le génocide en Palestine. On ne doit pas se contenter de saluer l'acte héroïque et la détermination de nos camarades.
Pourquoi il y a-t-il besoin que des camarades soient serrés dans des bateaux avec très peu à manger et la fatigue ? Alors que nous avons des organisations syndicales avec des millions d'adhérents, de militants et de militantes, avec de grandes fédérations industrielles et qui ne font rien aujourd'hui face à ce qui est train de se passer !
En réalité, ils sont la honte du mouvement politique et syndical historique qui s'est forgé dans les usines contre les impérialistes, contre la Première et la Seconde Guerre mondiale ! Ce sont des syndicalistes qui allaient dans des colonies avec des valises pour aider à financer la résistance alors qu'aujourd'hui les syndicalistes négocient avec les patrons et les gouvernements pour se préparer à la militarisation de demain !
Réprimé pour son soutien à la Palestine
Je viens de France pour témoigner d'un autre aspect de la lutte de soutien au peuple palestinien : celle de la répression qui existe en France et qui est féroce dans une bonne partie de l'Europe. Ici en Espagne, la répression existe. Au sein du Courant Révolution Permanente dans l'État Espagnol, nous avons des camarades étudiants qui ont été réprimés.
Pour ma part, je serai en procès le 25 juin en prochain pour apologie du terrorisme et, deux semaines après moi, il y aura celui de Rima Hassan, qui a fait partie d'une flottille précédente. Il y a d'autres militants et porte-paroles de différentes organisations qui sont criminalisés. Ce sont des milliers de manifestants et de manifestantes qui sont attaquées pour leur soutien au peuple palestinien.
Si nous parlons de cette répression, ce n'est pas pour nous apitoyer sur notre sort. C'est un combat que l'on doit mener parce que la répression sert la cause l'État d'Israël, elle sert aussi à empêcher que des milliers d'autres se mobilisent par peur de la répression.
Un peuple révolutionnaire parmi les révolutionnaires
Je conclurai en disant simplement qu'ils ne pourront jamais nous faire autant de mal qu'au peuple palestinien, un peuple résistant parmi les résistants, résilient parmi les résilients, révolutionnaire parmi les révolutionnaires. Un peuple qui depuis plus de 75ans vit l'apartheid, la colonisation et aujourd'hui un génocide et des massacres. Un peuple qui a été dépossédé de tout mais qui reste combatif.
C'est aussi une démonstration pour toutes et tous, pour celles et ceux qui ont peur de la possibilité de changer le monde. Cette population ne lâchera jamais sa terre et mènera son combat jusqu'au bout. Peu importe la répression, les procès, les attaques ou les coups de pressions qu'ils essayeront de mettre à nos camarades de la flottille. Ils savent jusqu'au bout qu'on se battra pour le peuple palestinien et un monde meilleur. Bon courage à nos camarades. Free Palestine ! Tahia Falestine !